‹ Les effrontés; comédie en cinq actesChapitre 95 sur 107 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

SERGINE

Oui certes 1 La marquise est réconciliée avec son maril

HENRI

Quelle chance !

SERGINE

Et ils partent tous deux pour l'Italie.

HENRI

Conte-moi donc comment cela s'est passé,

SERGINE

Le marquis s'est conduit avec une générosité et un tact parfaits. Après avoir donné ce matin un coup d'épéc dans le bras au sieur Vernouillet...

HENRI

Boni

SERGINE

Il a prié ses témoins de l'accompagner chez sa femme. — « Vous êtes vengée, madame, lui a-t-il dit; mais vous voyez à quelles calomnies vous expose votre isolement. Faites donc un sacrifice, non à moi qui ne le mérile guère, mais à l'honneur de votre nom. Oubliez mes torts et rendez-moi le droit de vous protéger... c'est le seul que je prétende de notre réconciliation. » —Tout cela dit d'un ton qui n'amena pas le moindre sourire sur les lèvres des assistants. La marquise lui a tendu la main, et, restés seuls, ils sont convenus de passer un an à l'étranger pour faciliter leur contenance.

HENRI

D'où sais-tu tous ces détails?

SERGINE

De la marquise elle-même, qui m'a faii ses adieux.

m LES EFFRONTÉS

HENRI

Ses adieux I La scène a dû être assez embarrassatite et embarrassée de part ei d'autre?

Non, Elle a été sérieuse et franche comme il sied entre gens qui n'ont rien à se reprocher l'un à l'autre, et qui se restituent mutuellement à leurs véritables destinées. Deux existences confondues pendant cinq ans ne se séparent pas sans émotion et sans un tendre regret pour les jours heureux; mais si nos voix ont tremblé dans les dernières paroles, si nos yeux se sont mouillés dans le dernier regard, nous avons feint de ne pas nous en apercevoir, et nous nous sommes quittés avec un sourire.

HENRI

Vivo la joie! te voilà libre... et sans avoir manqué à aucun de tes devoirs. La marquise n'est pas sacrifiée, et j'en suis bien aise; c'est une femme de cœur... Le Vc!nouillet nous a rendu un lier service! Ne lui en sachons aucun gré. — Embrassez-moi, mon gendre.

SERGINE

Brave ami !

HENRI

J'ai broyé assez de noir depuis huit jours. — Il s'agit à présent de mettre le siège devant le père.

SEKGINE.

Mais ta sœur consenlira-t-elle?. .

HENftI.

Si elle consentira! Mais là pauvre enfant ne demande... qu'à suivre mes conseils en toutes choses. Je prends même là une responsabilité... Vous la rendrez heureuse, jeune homme ?

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