‹ Les effrontés; comédie en cinq actesChapitre 98 sur 107 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

HENR I

Tu crois? Donne-lui donc ta fille.

C'est ce que je fais.

HENRI

Hein ! Tu plaisantes ?

CHARKtER.

Non pas ; les paroles sont échangées, et je venais te l'annoncer.

HENRI

Tu donnes la fille à Vernouillet, toi? A un homme taré?

CHARRIER

Il ne l'est plus, te dis-je ; il est accep'é partout ; tout le monde lui donne la main toi comme les autres... Je t'ai vu.

HENRI

Il m'avait entortillé.

CHARRIER

D'ailleurs, j'ai toujours promis à ta sœur de la laisser maîtresse de son choix, et elle accepte Vernouillet.

HENRI

Allons donc! Elle en aime un autre.

CHARRIER

Ce n'est pas possible 1 Pourquoi ne me l'aurai t-elle pas dit?

HENRI

Celui qu'elle aime n'était pas libre ; il l'est maintenant.

Sapristi, que c'est désagréable ! Me voilà dans un joli embarras vis-à-vis de Vernouillet. Je m'en ferais un ennemi déclaré.

Ite LES EFFRONTÉ»

HENRI

B.ih ! il no peut rien contre toi.

CHARRIER

Qui sait? 11 est puissant et retors.

HENRI

En tout cas, il ne peut rien de pire que de faire le ttiaîheiiP de ta fille !

CHARRIER

Je n'ai pas envie de la sacrifier, sois tranquille 1 Puisqu'elle aime quelqu'un, elle l'épousera; je ne suis pas un [«ère dénaturé. — Ce monsieur avait bien à faire do devenir libre! Comment l'est-il devenu, cet animal-là? Qui est-ce?

HENRI

Sergine.

CHARRIER

Sergine? un journaliste? un écrivain? un homme sans état?. . . Jamais ! jamais I au grand jamais !

HENRI

Puisqu'elle l'aime et que tu la laisses maîtresse de son cnoix • . .

CHARRIER

A condition qu'elle aimera quelqu'un de riche I

Elle l'est assez pour deux,

CHARRIER

Assez pour deux ! Il suffit d'introàuire cette petite phrase-là dans la maison la plus solide pour la ruiner en moins de trois générations. Non ! non ! j'ai tiré ma famille du néant par mon travail ; n'espère pas qae je prête jamais les mains à sa déchéance.

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