‹ Les EgagropilesChapitre 9 sur 26 · SR · texte numérisé non relu

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deux médecins qui décidèrent son hospitalisation dans un service de chirurgie.

Actuellement la malade, non réglée, pâle et très amaigrie, présente un aspect infantile. Dans la station debout la vouSsure sus ombilicale constituée par la tumeur contraste avec l’état squelettique du reste du corps. Taille { m. 29, périmètre thoracique 59 centimètres, poids 28 kilos.

Dans le décüubitus dorsal avec les genoux relevés, on sent parfaitement une tumeur occupant la région épigastrique. Elle se dirige obliquement de haut en bas et de gauche à droite, se prolonge sous le petit lobe du foie. Elle est dure, rénitente, lisse, régulière, mobile beaucoup plus à gauche qu’à droite et peut être répoussée en haut et à gauche assez loin sous les cartilages costaux. Le bord inférieur arrondi se délimite nettement, le bord supérieur court et concave est difficilement palpable. La palpation et la mobilisation provoque une douleur sourde à l’épigastre et des nausées.

Cetté tumeur s'élève avec les mouvements expiratoires et s’abaisse notablement à chaque inspiration.

À la percussion, on trouve une matité identique à celle des organes voisins : foie, cœur et rate dont les limites inférieures sont normales. Au dessous il existe du tympanisme. |

Les signes fonctionnels déterminés par la présence de cette tumeur, au début, étaient peu marqués et ces-

saient pendant un certain laps de temps pour reparaître avec plus de violence par la suite.

La douleur ressentie à l'estomac qui s’irradiait dans

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le dos jusqu’entre les épaules, augmentait beaucoup après les repas surtout depuis trois ans.

Les matières vomies sans grands efforts, étaient généralement des aliments solides ou parfois un liquide brunâtre avec quelques glaires filantes. Depuis un an les vomissements apparaissaient environ une fois paï jour et la diarrhée une fois par semaine.

Le nombre des selles en 24 heures était normal. La malade n’avait jamais souffert de la constipation. La qualité de la nourriture n’avait aucune influence sur les vomissements et les selles.

Ni les médecins, ni la malade elle-même n'avaient jamais voulu attribuer les symptômes qu’elle manifestait, à son habitude d’arracher et d’avaler ses cheveux. L'avis presque général était qu’elle souffrait d’une splénomégalie.

Un cas identique s'étant présenté quelques mois auparavant dans la clinique du Docteur L..., me suggère l’idée qu'il s’agit vraisemblablement d’une tumeur pileuse de l’estomac. Pour assurer mon diagnostic, je demande un examen radioscopique au Docteur L..…., médecin radiographe de l'hôpital. Voici les résultats :

La malade réussit avec peine à avaler quelques euillerées de‘baryum.

1° On voit alors le liquide opaque suivre la petite courbure après avoir franchi aisément le cardia, puis se diriger transversalement pour atteindre la grande courbure comme si le liquide suivait un plan résistant, et, de là, s’infiltre peu à peu le long de la grande courbure. Des contractions et des ondes pristaltiques de l’estomac se dessinent visiblement.

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2° On’remarque une stase du baryum au niveau du pylore. Celui-ci prend la formé d’un canal allongé qui fait communiquer la cavité gastrique et le duodénum.

3° On a nettement l'impression que l'estomac est rempli par une masse dure dont on aperçoit vaguement les contours rappelant la forme de l’estomac et correspondant aux limites de la tumeur fournies par la palpation. | jé

4° On constate que les anses grêles sont dilatées et remplies de gaz, sans doute à cause de la compression exercée sur. l’intestin par cette tumeur. Cette distension déforme l’estomac et lui donne un aspect légèrement échancré.

Cette tumeur doit être un égagrapile ayant été prévenu que la fillette mangeait ses cheveux.

La suite devait infirmer le diagnostic radiologique quant à la cause de la dilatation des anses grêles que l’on avait attribuée à la compression alors qu'elle était due à une seconde tumeur plus lointaine siégeant au niveau de la valvule ileo-cœcule.

Opération. —- Le 16 août, le Docteur P.. pratique une laparotomie médiane sus et sous ombilicale de 15 centimètres. Dès l’ouverture du péritoine se présente l’estomac fortement dilaté et abaissé à la palpation qui déplace de l’air et du liquide, on sent au travers de la paroi antérieure une tumeur de consistance dure qui semble située derrière l’estomac. Cette paroi est dépressible et se modèle sur la tumeur. Une boutonnière est pratiquée sur le feuillet antérieur du grand épiploon, l’arrière cavité est vide. Donc, 1l n'existe pas de kyste ou de tumeur du pancréas. En réclinant l’es-

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tomac, la tumeur perçue à travers la paroi antérieure est encore sentie à travers la paroi postérieure. Celle-ci paraît également indépendante de la masse stomacale. En déplaçant l'estomac, on déplace également la tu- © meur. Par conséquent, elle est libre et incluse dans A

Fig. 1. — Trichobézoard de 985 gr. extrait par le D' P. — Noter l'extrémité en forme de bec engagée dans le duodénum. À gauche, seconde tumeur pileuse qui siègeait au niveau de la val-

vule iléo-cæcale.

cavité gastrique. Immédiatement gastrotomie antérieure large de 7 à 8 centimètres. Par l’ouverture se montre une masse noire emplissant la majeure partie de lestomac dilaté et baignant dans un liquide muqueux, noirâtre, épais, d’odeur fétide. Elle est extraite en bloc par des mouvements de rotation à l’aide d’une longue pince à dents de souris et apparaît comme un

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