‹ Les Egards de la manufacture de RoubaixChapitre 13 sur 93 · Antoine Desplanques · texte numérisé non relu

Antoine Desplanques

20. Evrard Willocq. En 1543. Jacques Willocq était échevin de Roubaix. En 1506. on rencontre parmi les contribuables Jacques Willocq, au quartier de Pevèle ; Josse, au Tilleul, et Marguerite, au Grand-Chemin. Un peu plus tard, Pierre Willocq possédait un petit fief sur le chemin du Tilleul au Petit-Quesnoy, mais aucun ne figure comme maître du corps de métier.

21. Pierre Dutaillier. Ce maître ne paraît qu'ici et sa famille comme son origine nous sont complètement inconnues.

22. Antoine Delespaul. Le compte de 1570-73 désigne ce manufacturier comme ayant encouru une amende, mais ne donne pas l'importance de sa fabrication. C'est un prédécesseur (les Delespaul, peut-être ]e père de Noël Deles

paul dont il va être question et qui est entré au corps de métier en 1585 étant fils de maître.

Le 12 janvier 1585, Yolente de Werchin, princesse d'Épinôy, dame de Roubaix. à la requête de Noël Delespaul, manant et sujet de cette ville, consent, en tant qu'il est en elle et du gré des Égards, maîtres et suppôts du métier et stil des tripes et bourgeteries, que icelui Noël Delespaul. « nonobstant que le mestier ne soit ouvert », soit reçu pour maître jouissant du même privilège que les autres maîtres, à condition que ledit Delespaul sera tenu de faire les devoirs en tel cas requis selon les coutumes et usages anciens, et ce par devant les maîtres et Égards du stil. (1)

Noël Delespaul étaitfilsde maître et comme tel exempté du chef-d'œuvre : mais le métier n'étant pas ouvert, on se trouvait sous l'empire du règlement de 1555 qui exigeail des lils de maître, s'il voulait ex srcer la maîtrise, deux années d'apprentissage, et il fallait, pour déroger à cette prescription, un acte comme celui de la princesse d'Épinôy. ('/est d'ailleurs le seul exemple de l'intervention seigneuriale dans les réceptions des maîtres.

(1) Archives de Roubaix, HH. 41, f° 11.

En somme, ce fut bien la plus libre des communautés jurées, que la manufacture de Roubaix, la plus dégagée des sujétions qu'on reprochait si amèrement aux corporations, en 1776, alors qu'on décrétait leur abolition. Pas de chef, pas de hiérarchie, pas de confrérie, pas de subordination.

Si, par la force des choses, nos manufacturiers avaient été amenés à se constituer en corps de métier, ils n'entendaient exclure personne de la communauté ni par des épreuves longues et difficiles, ni par des droits excessifs. — L'apprentissage, le chef-d'œuvre, nominalement maintenus, ne furent plus au fond que des formalités réduites au payement des taxes nécessaires aux dépenses du corps et à la rétribution du personnel de l'Égarderie. Pas de présents coûteux imposés au nouveau maître, pas de banquet à offrir à ses confrères.

Si, au début, ils avaient eux-mêmes proposé des règlements exclusifs et restrictifs, pareils à ceux qui régissaient les corporations urbaines, c'est qu'on les y avait contraints, mais dans la pratique les entraves disparaissaient successivement. Après quelques années (l'expérience on n'avait plus exigé la résidence dans l'encloture des hayes. Il fut permis à toutes personnes admises dans la corporation de fabriquer, d'avoir autant de métiers qu'elles jugeraient à propos et en quelque lieu de la paroisse qu'il leur plairait de les établir, pourvu qu'elles se conformassent aux règles d'une fabrication loyale, règles qui restèrent rigoureuses à l'endroit de toute espèce de fraude, mais qui n'imposaient aucune gêne à l'émulation. Ces règles mêmes se plieront aux exigences des temps et des modes et se modifieront à chaque progrès réalisé.

Si, enfin, nos manufacturiers avaient chargé cinq d'entre eux, renouvelables périodiquement, de représenter la communauté, de défendre ses droits et d'administrer ses

biens ; s'ils leur avaient confié le soin de veiller à l'exécution des proscriptions dont le maintien était jugé indispensable à l'intérêt de tous et à la bonne renommée de la fabrique, ils ne s'étaient pas donné de maîtres, mais ils s'étaient assuré des mandataires indépendants.

L'assujettissement aux règlements de fabrication élaborés ou consentis par tous, l'agrégation au corps de métier, obligatoire, mais rendue facile pour tous ceux qui voulaient entreprendre la fabrication, restaient, dès la fin du XVIe siècle, à peu près les seuls liens qui constituaient la communauté, les seules sujétions qui la distinguaient d'une manufacture libre.

Mais il était un autre lien qui unissait nos manufacturiers dans une étroite solidarité et qui ne pouvait se relàcber un seul instant, c'était le sentiment de la conservation commune, La lutte pour la vie était engagée dès l'origine contre le monopole des villes voisines, il fallait la soutenir au prix de tous les efforts. Lutter fut donc le besoin, la destinée, le salut de nos pères, et nous verrons qu'ils luttèrent jusqu'au bout, souvent avec bonhenr, toujours avec ce courage opiniâtre qui fait le fond du caractère roubaisien.

Boums et futames ; procès do f (>08 ; son issue. — Distinctiota entre la Sayetterie et la Bourgeterie. — Ordonnance de 1009 ; établissement des trois districts de Roubaix, Tourcoing et YValtrelos. — Dispositions de l'ordonnance en ce qui concerne les Égards ; sa portée pour le corps de métier et la fabrique de Roubaix. — Etat de la production en 1612.

Pendant la période qui vient d'être parcourue, la Manufacture de Roubaix n'avait pu que végéter, confinée qu'elle était dans la fabrication des tripes de velours et bourgeteries de grosses matières, « délaissant les plus fines à ceulx de Lille », non sans récriminations et sans tentatives d'empiétement sur le domaine des villes privilégiées. Elle entreprit ainsi d'ajouter à son lot insuffisant la confection des bouras et des futaines et malgré l'opposition des Lillois, ce fut chose acquise au commencement du XVIIe siècle.

Cette opposition des Lillois fit naître, en 1608, un procès soutenu contre eux par les grands baillis de la châtellenie,, représentant le plat pays, et le Chapitre de Saint-Pierre qui y possédait des biens considérables et y comptait de nombreux sujets. Roubaix suivit les débats avec un vif intérêt et fournit à la cause un mémoire qui répond « au besogné » du Magistrat de Lille et dont nos archives ont conservé la minute :

« Les personnes vivants du stil de bourgeteries dans la chàtellenie de Lille sont au nombre de plus de 4 mille, et pour la plupart nées aux lieux mêmes où elles exercent leur stil. Elles n'ont couru ni les pays rebelles, (1) ni les

(1) La Hollande ou les Sept Provinces-Unis.

royaumes de France et d'Angleterre, mais se comportent

en bons catholiques, hantant les églises et faisant leur devoir sans scandale de fait ni de paroles.

» Les maîtres des lieux champêtres possèdent tous moyens d'exercer leur stil, ayant laines, filés et autres matières à eux appartenant ainsi que leurs outiles sans qu'ils dépendent d'aucun marchand non plus que ceux de Lille. (1).

» Quant aux bouras et futaines. il n'y a aucune raison de les interdire au plat pays, faubourgs et lieux ouverts, non plus que les autres ouvrages où il entre soie, coton, fils d'or ou d'argent, sous prétexte que lesdits ouvrages sont nûment dépendans de la bourgeterie et que leur matière est précieuse, puisque les tripes de velours qui dépendent aussi nûment de la bourgeterie sont permises. Et bien que les bouras et futaines et autres ouvrages soient de matières précieuses, néanmoins ceux qui se fabriquent au plat pays sont autant et même plus recherchés des marchands de par de ça et étrangers que ceux de la ville.

» Lille, d'ailleurs, fabrique peu de bouras et pas de futaines à cause du petit gain qu'il y aurait pour les ouvriers qui ont besoin de gagner plus en la ville où les vivres et les louages sont plus chers que aux champs. Les bouras des champs se vendent pour la plupart, par les maîtres du plat-pays, non aux marchands de Lille, mais aux marchands d'Anvers qui Les préfèrent à ceux de Lille.

» Il n'y a nul inconvénient ni sujet de blâme que ceux

(1) Il est évidenl que ••Ht*1 réplique de nos gens <lo loi vise la dépendanceoù s:- trouverai! le maître vis-à-vis du marchand de qui il tiendrai! les matières nécessaires à son travail, et, par suite la concurrence qui en résulterai! pour les autres maîtres. La prescription .1 ■> n'ouvrer que de s<>s propres deniers e! non d'autrui, insérée à l'article IX de l'ordonnance de 1554, est édictée dans lo m$me sens. (Voir la note du chapitre 11).

qui possèdent plus grand moyen aient des ouvriers sous eux puisque c'est maintenir les sujets au pays avec l'exercice des stils et éviter qu'ils ne soient transportés ailleurs. Joint à cela que en la ville il y a aussi des maîtres bourgeteurs ayant moyens qui fournissent aux pauvres ouvriers matières et outils leur laissant le moins de gagnage qu'ils peuvent.»

A la suite de ce procès qui maintint le chapitre de Saint-Pierre en ses droits et possessions fut rendue, le 13 mars 1609. par les archiducs Albert et Isabelle une ordonnance disposant : « Qu'aux bourgs et villages de » Roubaix, Tourcoing, Wattrelos, Mouvaux, Ronck, Neu- » ville-en-Ferrain, Linselles, Marcq-en-Barœul, Croix et » Wasquehal peuvent être faits ouvrages de tripes de gros- » ses étoffes, (1) bourats et futennes, et aux villages de » Fiers, Hem, Lys-lez-Lannoy, Leers, Toufflers et Sailly, » ouvrages de tripes grosses tant seulement, et ce, sur le » pied des ordonnances et règlemens faits et arrêtez ce

» jourd'hui Detîendons de faire les dits ouvrages

» en autres lieux champestres de la chastellenie et généra- » lement tous autres ouvrages de bourgeterie ensemble » ceux de saietrie » (2).

La distinction entre la sayetterie et la bourgeterie n'est pas toujours facile à saisir, cependant nous pensons qu'en général on l'établissait ainsi à l'origine. Les étolfes de pure laine, dont la chaîne et la trame étaient de fil de sayette, formaient le domaine de la sayetterie de Lille. On entendait par fil de sayette une laine peignée, filée à la quenouille ou au petit rouet, doublée et retorse pour chaine. Les étoffes dans lesquelles entrait avec la laine

(1) Étoffes pour matières ; ce sens est évident dans tous les documents rapportés ci-dessus. Étoffe du latin barbare staffa qu'on fait dériver de l'allemand stoff, matière.

(2) Archives de Roubaix, HH. 12, nos l à 5.

une autre espèce de matière étaient attribuées aux bourgeteurs. L'une comme l'autre corporation entendait aussi conserver exclusivement comme sienne l'armure des étoffes qui formaient son lot originaire, de sorte que toute modification apportée dans la composition des tissus, soit par la matière, soit par le grain, obscurcissait cette distinction ; mais quoi que fît Roubaix il se trouvait sur le terrain ou de sayetteurs ou des bourgeteurs.

Les « Ordonnances, statuz et règlemens concernans les ouvrages de bourgetrie aux villaiges et plat pays de la chastellenie de Lille », du 13 mars 1609, sont calqués sur les ordonnances et règlements analysés plus haut et en reproduisent les diverses prescriptions en ce qui concerne les qualités des tripes de velours, des bouras et des futaines aux lieux où leur fabrication est permise, les con ditions que doivent réunir les bonnes pièces, le traitement réservé aux mauvaises pièces, les marques des maîtres et des ouvriers et l'obligation de présenter au scel toutes les pièces. — Le plomb à appliquer aux pièces trouvées suffisantes portera, d'un côté, le nom du lieu où elles auront été égardées et, de l'autre, les armes d'Autriche écartelées d'un lion.

« El à ces lins seront ordonne/ trois lieux où lesdits » ouvraiges seront esgardezet visite/, asçavoir ledit bourg » de Roubaix el les villaiges de Tourquoing et Wattrelos; » el en chacun dr* dits lieux y aura cinq personnes, maî- « très du mestier de bourgetrie, gens de bien et bonne » renommée, expérimentez, cognoissans el faiseurs de » bons et lidels ouvraiges et, à L'intervention du bailly » diidii lieu, ou son lieutenant, et de deux eschevins du » mesme lieu, l'aire punir et corriger, par exécution des » amendes et paines sur ce statuééS, ceux qu'ils trouve- » ront avoir transgressé les présentes ordonnances e1 règlë- » ment.

» Lesdits Esgards seront pour la première fois présen- » tez, parles baillyfs et gens de loy desdits trois lieux. » aux Président et gens de la Chambre des Comptes à Lille. » lesquels les recevront à serment. Et après que lesdits » Esgards auront servy un an enthier, deux des cincq, en » chacun desdits lieux, seront deschargez et en leur place » seront, par les Esgards de l'année précédente et par le » bailly et gens de loy de chacun des lieux, conjoinctement » nomezet présentez aux Président et gens des Comptes, » deux autres et ainsi successivement d'an en an.

» Tous lesdits Esgards seront tenus, à leur réception,

» de jurer de se bien et léallement acquitter de leur office,

» et adviser que lesdits ouvraiges soient faicts de bonnes et

» léalles étoffes et comme il appartient ; ensemble de gar-

» der les droicts du prince et des particuliers en faisant à

» chacun droict et justice sans porter faveur ou dissiinu-

» lation.etau'surplus d'observer les présentes ordonnances

» et règlement.

» Et affin que lesdits Esgards ne soient empeschez en » leurs dites charges, nulles personnes que ce soit leur » pourra dire ou faire quelque injure en faisant leur office v ou à cause d'icelluy, à peine de six florins d'amende » pour chacune fois et en outre de punition arbitraire.»

Dans le même ordre d'idées l'article XIX de cette ordonnance édicté contre ceux qui chercheraient à tenter la fidélité et l'impartialité des Egards une mesure qu'on ne rencontre pas dans la première réglementation du moins aussi nettement accentuée.

« Quand ledits ouvraiges seront apportez à FEsgard » et scel. les marcqnes et enseignes, tant du maistre que » de l'ouvrier, seront tellement rempliées en dedans la » pièche, cousues et cachées, que parla ny par autre signe » extérieur, soit de fillet de couleur ou autre, lesdits Égards » ne puissent cognoistre le maistre ou l'ouvrier, à peine

» que si quelqu'un présentoit son ouvraige avec lesdites » marcques tellement descouvertes que l'on les pouroit » recognoistre, il escherra en amende pour chaque fois » de douze patars.

» Item, lorsque les dits Esgards trouveront aucun des » dits ouvraiges mal faicts, ils seront tenus auparavant' » descouvrir les marcques de la pièche. déclarer à qui la » faute sera advenue, soit le maistre ou l'ouvrier, et ordon- » ner l'amende sur ce encourue sur icelluy qui l'aura » mérité.»

Le 28 mars suivant dans une assemblée tenue en présence des baillis et des députés des quatre seigneurs hauts justiciers, les gens de loi et les manufacturiers des trois chefs-lieux fixèrent la composition de leur district respectif. Le district de Rouhaix fut composé de Rouhaix, Marcq-en-Baro'til, Croix, Wasquehal, Fiers et Hem. Le district de Tourcoing comprit Tourcoing. Mouveaux, Ronck, Linselles et Neuville-en-Ferrain. Celui de Wattrelos, eut dans son lot Wattrelos. Lys-lez-Lannoy, Le, is. Toufflerset Sailly. (1).

L'ordonnance de 1609 fait époque dans les annales de notre corps de métier. En même temps qu'elle étendait l'action et la juridiction delà fabrique de Roubaix, qu'elle reculait quelque peu les bornes de son horizon et qu'elle ajoutait le coton et la soie aux matières ;i travailler, limitées jusqueslà à la laine et au lin, elle entr'ouvraitla porte à de futures revendications. Du reste l'aliment nouveau que les bouras et les futaines apportaient à l'activité de nos manufacturiers venait à point, les tripes de velours, celles du moins dont la confection leur était permise, commençant à perdre de leur vogue.

(1) Archives de Roubaix, HH. 12, n° 6.

Suivant le compte de 1612, les Égards reçurent au scel, cette année :

1154 pièces de tripes de village.

1317 pièces de tripes de velours et de velours de laine. (1) 924 pièces de bouras et de futaines mêlées de soie. 51 pièces de futaines non mêlées de soie.

3446 pièces.

On comptait alors de nombreux peigneurs de laine à Roubaix. Dans une liste des habitants qui s'étaient engagés à contribuer aux frais de la fonte de quatre grosses cloches, en 1612, pour parvenir à un accord de qualre, on voit figurer: Quatre peigneurs de Pierre Delebecque le Jeune, trois peigneurs d'Antoine Delespaul, fils de Pierre Delespaul l'aîné, quatre peigneurs de Pierre Deledicque, etc. (2).

(1) Pendant un certain temps, en effet, les comptes des Égards comprennent séparément, dans la nomenclature des pièces soumises au scel, des velours de laine.

(2) Archives de Roubaix, HH. DD. 2

Tentatives d'affranchissement ; grave émotion populaire. — Les damassés. - Immigration d'Artésiens ; ses conséquences.

Les tripes de velours communes n'étant plus assez recherchées les Égards et maîtres demandèrent, en 1014, l'intervention du prince de Ligne, marquis de Roubaix. qui voulut bien adresser, au Conseil privé des archiducs, une requête tendant à obtenir pour ses sujets l'autorisation de faire des tripes de cinq, six et sept cordes. L'influenc ■ de Lille fit rejeter cette requête, mais nos manufacturiers, du moins un certain nombre d'entre eux. avec la complicité des Égards, passèrent outre, ce qui fut, quelques années plus tard, l'occasion d'un épisode assez grave pour que les mémoires du temps en aient fait mention. On lit dans un manuscrit de la Bibliothèque de Lille : « Le 31 mars » ( I"1' avril) 1621, les maîtres bourgeteurs de Lille allèrent » à Roubaix pensant défendre et d'apporter (interdire et » saisir, emporter) les tripes de velours de ceux de Roubaix. »> maisiceux les en chassèrent, et ils furent en grand danger » de perdre la vie ». (1)

En effet, Arnould Carlier, huissier du grand conseil, suscité par les Bourgeteurs de Lille et de Tournai, vint le 1"' avril 1621, accompagné de gens en nombre, parmi lesquels des doyens du métier de Tournay, pour « saisir et » confisquer toutes les tripes qu'ils trouverait au-dessus de » quatre cordes, rompre les outiles et exécuter les amendes » coniminées contre les contrevenants à L'ordonnance de » 1554 », el voici cequi lui arriva d'après la plainte où il relate les mauvais traitements dont il aurait été victime.

Chassé et poursuivi d'abord par les habitants de Was- (1) Miscellanea.

quehal et de Croix, où il avait voulu exécuter quelques saisies, et parvenu devant le château de Roubaix à travers une foule menaçante, l'huissier s'était adressé au Bailli qui avait envoyé un sergent pour faire de sa part commandement au peuple de laisser ledit huissier exercer son office ; mais répondirent les mutins : « le Bailli ne nous norira point » et continuèrent à huer l'exploitant et ses assistants et à leur jeter des pierres en criant : tue, tue ! » En vain l'huissier tenant en main son bâton d'armes, les menaçait de la colère des Archiducs et du gouverneur de Lille, les insurgés répliquaient « que leur prince estoit suffisant pour les garantir » et que quant les gens de justice de Lille viendraient au nombre de mille, ils les chasseraient tous. Et les pierres pleuvaient toujours sur la petite troupe et les cris: « tue, tue ! » devenaient plus furieux, a ce point que l'huissier dut renoncera son exploit et résolut de gagner Lannoy, n'osant prendre le chemin par où il (Hait venu et où l'attendaient plusieurs centaines d'insurgés.

Fuyant à toutes jambes dans la. direction de Lannoy et poursuivi de près par les mutins, « qui estoient comme chiens enragés », l'huissier vit un de ses aides blessé d'un coup de pierre à la tête, « à playe ouverte et sang coulant » et un desdits doyens de Tournai, moins prompte à courir « battu et outragé » . Il comprit qu'il y avait pour tous danger de mort et n'en pouvant plus de lassitude après une course d'une demi-heure, il se réfugia avec quatre personnes de sa suite dans une maison située sur la route et, pour plus de sûreté, ils grimpèrent ensemble dans un petit grenier par une trappe qu'ils barricadèrent de leur mieux.

Bientôt la foule arriva à grand bruit, poussant toujours ces hurlements sinistres : aux armes, tue, tue les Bougres ! et pendant trois heures, elle entoura la maison. Sur l'assu" rance qu'on leur donna que les fuyards étaient sortis

par la porte de derrière, les insurgés s'éloignèrent, mais revinrent vers minuit, prétendant que l'huissier et les records étaient encore dans la maison et criant : « Il faut que nous tuons les bougres ! et que ils bouteroient le l'eu. » Les protestations, les remontrances et les menaces du maître de la maison les décidèrent enfin à se retirer et à rentrer à Roubaix. Quand à l'huissier et à ses aides, ils purent le lendemain de grand matin et à l'aide de deux personnes qui connaissaient les voies détournées, regagner Lille sans autre encombre.

Le jour suivant, l'huissier rencontra, à Lille, Evrard Delebecque qu'il reconnut pour un des émeutiers et se donna la satisfaction de l'appréhender au corps et de le conduire en prison. Il dut le relâcher sans doute parce que l'exécution n'étaient pas régulière, car au commencement d'août 1022 ; le procureur général du grand conseil de Malines vint à Lille avec pouvoir d'appréhender au corps ledit Delebecque, mais la commission ne put être exécutée par le lieutenant du Prévôt qui en avaii été chargé' et qui apprit à Roubaix que Delebecque était mort depuis quelque temps. Cet Evrard Delebecque avait été Égard «le la manufacture en 1615-17.

Homme on le pense bien, les rewart, mayeur, eschevins et conseil de la ville de Lille, les prévôt et jurés, mayeur et échevins de Tournai, portèrent plainte aux Archiducs, demandant « que prompte et exemplaire justice soit faicte » des tort/, griefz, excès, rébellions que dessus et autrement » pourveu selon l'exigence d'ung cas si extraordinaire et exhorbitant. » Et comme on le pense bien aussi le prince et la princesse de Ligne, marquis et marquisede Roubaix, intercédèrent en faveur de leurs sujets et présentèrent eu 1623, une requêteà SaMajesté suppliant tiès humblement qu'il plût n à icelle de sa grâce et bénignité abolir tous les « mésus susdits. »

Selon l'exposé du prince de Ligne, l'huissier Arnould Carlier n'avait pas de commission valable et les 18 personnes qui raccompagnaient étaient années. Le Bailly lui aurait représenté que pour faire une simple exécution il n'était besoin d'emmener tant de gens et lui aurait offert toute assistance de justice et même de lui faire enseigner et ouvrir par un sergent les maisons des Bourgetiers. Mais au lieu d'accepter cette offre l'huissier serait sorti incontinent du château et voyant sur le marché la foule amassée et troublée par l'exécution commencée à Wasquehal et à Croix, il aurait pris peur pour sa personne et aurait mis la main au pistolet « le cocquelet abattu » et menacé de tirer, ce qui aurait exaspéré le peuple. De là les faits qu'il rapporte d'ailleurs à sa manière. Joint à cela « que ledit » huissier est un personnage de fort mauvaise réputation, » ayant ci-devant tué son beau-père et conséquament » reprocha ble. »

Le prince de Ligne se plaint vivement des rigueurs du Procureur Général qui veut faire assigner personnellement. devant le grand conseil de Malines, les Égards et deux maîtres de la Bourgeterie de Roubaix qui n'ont pas été cause du tumulte et n'y ont aucunement coopéré sauf l'un des maîtres Evrard Delebecque qui était mort depuis. Les contraventions des Bourgetiers de Roubaix, ajoute-t-il, ne touchent pas au bien public ; c'est affaire particulière entre eux et les bourgetiers de Lille et de Tournai «lesquelz » leur ont suscitez les fâcheries présentes par envie et » jalousie, à cause que les ouvrages faicts audit Roubaix > sont meilleurs, plus fidelles et conséquament plus recher- » chez ({ne ceux qui se font esdites villes de Lille et de » Tournay. Etant aussi à considérer que lesdits Esgards » n'ont aucune juridiction ny authorilé sur les ouvriers et » supposts dudit styl de Bourgeterie. leurs fonctions étant » seulement de visiter sy les marchandises sont fydelles et

» suffisants, et par conséquent ne peuvent respondre des « mésus ou excès que les bourgetiers commettent. »

La requête du prince de Ligne fut soumise par le conseil privé de Sa Majesté à Lavis du grand conseil de Malines qui estima que si les Égards n'avaient pas particulièrement coopéré aux résistances à la justice, ils étaient toutefois coupables d'avoir, au mépris de leur serment, marqué les rots des ouvriers et scellé les pièces faites contre le règlement. Néanmoins comme aucun d'eux n'avait trempé dans l'émeute, il lui semblait que le cas était bien disposé à la grâce et abolition requises par les suppliants, moyennant une amende pécuniaire qu'on pourrait taxer à 000 florins au profit de Sa Majesté pardessus les frais de justice, le tout à recouvrer sur les gens du métier seulement sans y comprendre les laboureurs et autres qui n'exerçaient pas ledit stil, « affin que telle correction et amende puisse du »> moins servir d'exemple tant à ceux dudit Roubaix » qu'aultres du plat pays de ne commectre à l'advenir » semblables attentats contre les officiers de Sa Majesté et » en vilipendence des placards et ordonnances d'icelle. »

Le grand conseil fait déplus une réserve : il est d'avis que si Sa Majesté accorde L'abolition requise, en icelle ne devra pas être compris Jean De Léaucourl particulièrement poursuivi par le procureur général « pour beaucoup de récidives et contraventions au règlement ». 13 janvier 1623 (L. On retrouve en 1027-28 ce Jean De Léaucourl parmi les Égards de la Manufacture.

L'arrêt du conseil privé ne nous est pas parvenu el rien n'eu révèle la teneur, mais il est probable que, par L'influence du prince de Ligne, qui était en grande estime auprès delà cour d'Espagne, cet arrêt ne fut pas rigoureux et que

(1) Archives <lu Nord, Recueil de titres concernant le Tournaisis

et la chatellenie de Lille.

même « la grâce et abolition requises par les suppliants » leur fut accordée sans amende ; du moins les comptes des Égards n'ont conservé aucune trace d'un châtiment pécuniaire. Ce qui est certain, c'est que les manufacturiers de Roubaix ne se relâchèrent en rien de leurs tentatives pour s'affranchir des privilèges exclusifs de leurs voisins des grandes villes.

En 1628, ils avaient entrepris la fabrication des « satinés damassés tant unis que à fleurs de nouveau inventés » et au mois d'août de cette année, il adressaient au roi d'Espagne, pour obtenir les libertés et franchises nécessaires, une requête contre laquelle Lille et Tournai qui avaient renouvelé la ligue de 1560 s'élevèrent avec force. (1) Nous ne connaissons pas la réponse du Roi, mais la fabrication des damassés se fit par droit de conquête, droit qui paraît avoir été reconnu au corps de métier si on en juge par cette mention reprise pour la première fois, en 1634, au compte des Égards : « Autre recepte à cause des pièces de damas sur lesquelles Sa Majesté a droict de prendre huict deniers et le seigneur ou dame dudit Roubaix pareilles huict deniers. » (2) Cette fabrication était inaugurée par les trois frères, Pierre, Jean et Jacques Delespaul (3) Gilles Florquin et Jean Decallonne.

Rappelons aussi qu'en 1640, la guerre amena la désertion des maîtres et ouvriers d'Arras, dont la plupart se retirèrent en Flandre et en Hollande, et beaucoup en la ville de Lille et au bourg de Roubaix. (4) Le fait est affirmé, en

(1) Archives de Roubaix, HH. 12, n<> 20.

(2) Archives de Roubaix, HH. 44, n° 26.

(3) Ils étaient fils de Jean, qui mourut de la peste en 1635 étant lieutenant de Roubaix depuis 1632, et de Noële Lefebvre : petit-fils de Pierre II. (voir Les vieilles seigneuries, les vieilles censés et les vieilles familles de Roubaix, pp. 38 et 145.

(4) Les Tapisseries d'Arras par l'abbé Van Drivai, dans les Mémoires de l'Académie d'Arras, T. XXXVI.

1733, dans un mémoire des gens de Croix et de Wasquehal auxquels Lille voulait faire interdire la fabrication des calmandes et qui protestent contre cette prétention contraire disent-ils. à leur possession. « En elfet dans la révolution » de la province d'Artois, les fabricants se sont répandus » non seulement dans cette ville de Lille, mais aussi dans » les villages des supplians et ailleurs. Depuis lors les » habitans de Croix et de Wasquehal ont fabriquez des » étoiles sans discontinuation jusqu'à présent, de mesme » que les calmandes depuis qu'elles sont mises en lumière » et à quoi ils se sont attaché particulièrement. » (1).

Malheureusement les comptes annuellement rendus par les Égards de la manufacture de Roubaix manquent de 1635 à 1659 ; il n'y a d'ailleurs dans nos archives nulle trace de dénombrement de la population entre 1553 et 1605. et ainsi nous échappe tout moyen d'appréciation sur l'importance de cette immigration.

Arras essaya de rappeler ses manufacturiers par toutes sortes de promesses : exemptions, privilèges, aisances et facilités, pensions même, tout fut offert et Roubaix n'eut qu'à bien se tenir. Un arrêt du conseil de commerce, du 7 avril 1665, porta exemption de droits d'entrée en France pour tout ce qui sortait des fabriques d'Arras. On fit dans la suite diverses autres tentatives qui n'eurent pa,s sensiblement plus de succès que les premières. (2).

Cependant les nouveaux venus avaient apporté une nouvelle sève à la fabrique de Roubaix ; ils avaient étendu ses relations en montrant à leurs concitoyens d'adoption le chemin de l'Artois. Là se trouvaient de nombreuses fileuses qui manquaient ici. Le commerce de fil de sayette s'en accrut considérablement ; il consistait à acheter des

(1) Archives de Wasquehal, HH. 2

(2) Les Tapisseries d'Arras.

laines en toison, les détricher, peigner, blanchir et les faire filer au rouet ou à la quenouille. Ces fils de sayette se vendaient aux fabricants étrangers et aux bonnetiers de France; ils auraient été employés à Roubaix si la jalousie des bonnes villes voisines n'avait pas toujours contesté à nos manufacturiers la liberté de fabriquer toutes sortes d'étoffes et notamment les œuvres de sayetterie.

Danger imminent ; intervention des pasteurs des trois districts. — État du corps de métier en 1670. - Répartition irrationnelle de l'impôt ; conflit avec les laboureurs. — Droit de plomb exigé à Lille ; les calmandes, raz de Gènes, serges de Nimes ; sentence de l'Échevinagc de Lille permettant par forme d'essai l'entrée dans leur ville de ces étoffes- Nécessité d'un règlement.

En 1669, quand la Flandre passa sous la domination de Louis XIV, les vieilles prétentions de Lille se réveillèrent plus vives et plus exclusives que jamais. Elles ne tendaient à rien moins qu'à une interdiction absolue de la fabrication dans le plat-pays que semblait promettre aux Lillois certains articles de la capitulation interprétés à leur manière. Ce fut un événement des plus considérables et depuis 1553, Roubaix n'avait pas couru de danger aussi imminent. Cette fois, les pasteurs des trois districts de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos intervinrent et signèrent une protestation collective contre cette interdiction qui aurait amené la désertion d'au moins neuf à dix mille de leurs paroissiens vers la Hollande, l'Angleterre et l'Allemagne où ils étaient désirés et où ils auraient assurément fait naufrage dans la foi. (1)

De leur côté, les Égards, les maîtres du corps de métier et les éclievins se mirent en mouvement. Voyages, consultations, présents, démarches, sans nombre, tout fut tenté, non sans succès heureusement, pour détourner le coup qui menaçait la manufacture dans son existence même. Entre beaucoup d'autres documents que renlerme le dossier de la défense, on peut citer le mémoire de l'avocat Maximilien

(i) Archives de Roubaix. HH. 13.

Turpin de Pérenchicourt réclamant son salaire « pour avoir été trois fois à Saint-Germain, quatre ou cinq fois chez Mgr le Prince d'Épinoy, (marquis de Roubaix) étant à Paris contre les députés de Lille, avoir formé plusieurs écrits et tellement négocié vers Mgr Colbert que les gens de Roubaix sont demeurés en possession de leur manufacture. » (i)

Il fallut payer la dépense qui s'éleva à 1741 livres 5 sous y compris les frais d'un procès soutenu entre temps contre les Hautelisseurs de Tournai au sujet d'une pièce de boura, scellée du plomb de Roubaix et qu'ils avaient saisie comme étamine. Une première taxe fut assise le 7 octobre 1669, à raison de six patars sur chaque outile ; une seconde sur le même pied, le 22 décembre suivant ; puis une troisième le 4 juillet 1670, à raison de 8 patars (50 centimes) par outile.

L'assiette de ces taxes permet de donner un état de notre corps de métier en 1670.

Sept maîtres formant la tête de la manufacture sont taxés pour un nombre d'outiles décroissant depuis 50 jusqu'à 20. Ce sont :

1. Jaspar Leconte. Il était échevin et avait épousé Blaisette Le Mahieu avec laquelle il habitait le quartier des Couteaux, berceau de la famille Leconte dont un membre, en 1573, figure aux premiers rangs pour l'importance de sa production. (2)

2. Antoine Lepers. Fils de Jacques et d'Agnès Leconte, Antoine Lepers avaitépousé, en 1658, Marie-Catherine Delebecque, fille de Pierre et de^Marie Delespaul, repris ci-dessous, (4). Il avait été reçu maître l'année suivante et nommé

(1) Archives de Roubaix, HH. 47. n° 34.

(2) Voir Les vieilles seigneuries, les vieilles censés et les vieilles familles de Roubaix, p. 133.

Égard en 1662. Devenu veuf, il se remaria à Marguerite Leconte sa parente, fille aînée de Jaspar et de Blaisette Le Mahieu, qui précèdent (voir les Égards du nom de Lepers).

3. Antoine Leconte. Fils de Pierre, il avait épousé Anne Delebecque, fille de Pierre et de Marie Delespaul, cités ci-dessous (4). Antoine Leconte avait été Égard en 1668, et fut échevin en 1694.

4. La veuve de Pierre Delebecque. C'était Marie Delespaul, fille d'Antoine, manufacturier, et d'Hélène Dewarlez. Elle avait épousé Pierre Delebecque, fils de Pierre et de Marie Delespaul, et lui avait donné, entre autres enfants, trois filles mariées à Antoine Lepers et à Antoine Leconte, qui viennent d'être cités, et à Pierre Deledicque.

5. La veuve de Charles Destombes Elle était fille de Jacques et avait épousé, en 1647, Charles Destombes, paroissien de Lannoy, qui était venu fonder à Roubaix une nouvelle famille. Son fils aîné Jean Destombes, qui fut Égard en 1676, était allié à Marie Delespaul. fille de Jean II, de la branche cadette, et de Marie Flameng, dite Marie Cent-mille par allusion à sa fortune. De cette souche est descendue Henriette-Joseph Destombes, épouse de Pierre- Constantin Prouvost, par qui s"est continuée à Roubaix la belle et nombreuse famille Prouvost.

6. Jacques Leconte. Fils de Jacques et de Jeanne Deledicque, veuve d'Adrien Delespaul, il avait épousé Légère Delebecqiie, fille aînée de Jean, de la branche des ascendants de la fondatrice delà chapelle de Notre-Dame des affligés, cl de Marguerite Delannoy. (1) Jacques Leconte habitait la rue Papleu.

7. Jean Leclercq, dit Flameng. Il avait épousé Catherine Leconteet habitait la Grande-Rue. (Voir les Egards de cenom).

(1) Voir Les vieilles seigneuries ^ les vielles censés et les vieilles familles de Roubaix, p. 110.

Huit maîtres sont taxés pour un nombre d'outiles depuis 19 jusqu'à 10. Ce sont :

8. Pierre Lepers. Il était fils de Jacques et d" Agnès Leconte et frère aîné d'Antoine dont il est fait mention cidessus (2). Pierre Lepers, né en 1631, avait épousé Marie- Jeanne Monier, fille d'Antoine -Floris, notaire, et de Marie- Jeanne Leconte ; il en eut dix enfants.

9. Jacques Lepers. C'était probablement le mari d'Agnès Leconte et le père de Pierre et d'Antoine Lepers dont il vient d'être question. (2 et S) Il ne vivait plus en 1673 et sa veuve habitait la rue Pottière. — Un Jacques Lepers, fils de Guillaume, était Égard en 1665-1670 ; il avait été reçu au corps de métier étant fils de maître, (voir ci-dessous 14 et aussi les Égards Lepers).

10. Adrien Delobel. Il ne vivait plus en 1673 et était remplacé par Antoine Delobel, probablement, son fils, époux de Gillette Duforest, entré au corps de métier en 1668, comme fils de maître, (voir l'Égard de ce nom.

11. Charles Farvaque. On trouve en 1673, Charles- Antoine Farvacque, mari de Légère Deledicque, et Charles Farvacque, mari de Madeleine Delespaul. (Voir les Égards de ce nom).

12. Arthus Lezy. Fils d'Adrien et de Pétronille Fauvarques, Arthus Lezy avait épousé Catherine Delespaul, tille de Jean et de Marie Flameng, dite Marie Cent-mille. (Voir l'Égard du nom de Lezv).

13. Pierre Bonté dit Mouset. Souche des Bonté, manufacturiers à Roubaix, Pierre Bonté avait été reçu au corps en 1661, n'étant pas fils de maître. (Voir l'Égard de ce nom).

14. Jacques Lepers, fils de Pierre. Un Jacques Lepers avait été reçu au corps de métier en 1658, étant lils de maître. (Voir 9).

1"). Pierre Deledicque. Famille florissante et distinguée à Roubaix au XVIIe siècle, alliée aux Delespaul et aux Delebecque. Pierre Deledicque avait été reçu maître en 1661. (Voir l'Egard de ce nom).

Onze maîtres sont taxés pour 0. 8 et 7 outiles :

16. Gilles Pollet, maître Egard. (Voir les Égards de ce nom.)

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