‹ Les Eglises de JérusalemChapitre 19 sur 60 · Cf. plus haut, p. 35, note · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p. 35, note

2. Toutefois saint Grégoire de Tours marque deux messes à Noël, de Glor. Mavt., ch 52.

3. L'institution des octaves, qui remonte au peuple juif (Lévit. xxiii), fut adoptée par l'Eglise. Tertullien dit déjà : ethnicis semel annuus dies quisque feslus est; tibi octavus quisque dies (de Idolol xiv).

4. Voici le passage qui présente une assez grande difficulté d'interprétation: « Alla denuo die (scil. seconda) similiter in ipsa ecclesia proceditur in Golgotha IIoc idem et tertia die : per triduo ergo per homines hflilia in ecclesia, quam fecit Constantinus, celebratur usque ad sextam. Quarta die in Eleona, id est in Ecclesia, quœ est in monte Oliveti, pulchra satis, similiter omnia ita ornantur, et ita celebratur ibi. Quinta die in Lazariu,

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l']llo ne donne du reste aucun détail sur ces olli- {■es. sinon qu'ils étaient « adaptés au jour et au lieu ' ». Mais elle nous l'ait remarquer que cette octave est aussi célébrée avec solennité à Betliléhem.

Le quarantième jour après l'Epiphanie, qui répond à notre fête de la Purification, mais qui, d'après la

quod est ab Jerusolima forsitan ad mille quingentos passus, Sexta die in Syon. Septima die in Anastase. Octaoa die ad Crucem. » [Peregrinatio, p. 84.) La difficulté vient de ce que dans ce passage il paraît bien que c'est de la messe qu'il s'agit : lœlitia celebratur usque ad sexlam, et qu'elle se célébrait dans ces ditrérents sanctuaires ; mais alors il faut admettre que Silvia fait erreur quand elle dit plus loin que le seul jour de l'année où la messe se célèbre à la chapelle de la Croix, c'est le Jeudi-Saint, excepta enim ipsa die una per totum annum numquam offeritur post crucem nisi ipsa die tantum (scil. feria quinta ante Pascham);àraoins qu'on ne distingue ad crucem et post crucem, qui désigneraient deux endroits différents. (Peregrinatio, p. 93.) A la p 99, Silvia dit encore que le samedi de l'octave de Pâques l'office se célèbre ante cruce .

\. Pour les fêtes de saint Etienne, saint Jean, etc., qui se rencontrent aujourd'hui dans l'octave de Noël, voir ce que nous disons plus loin au sujet des fêtes des martyrs et des saints à Jérusalem. La fête de la Circoncision est attestée au ive siècle en Occident par un discours de saint Zenon de Vérone. En Orient, on la croit postérieure à cette époque ; pourtant elle n'est pas formellement exclue par le récit de Silvia. Le texte attribué à saint Méliton que nous citons plus haut et qui paraît viser la liturgie de Jérusalem, mentionne une fête de la Circoncision huit jours après la Noël; cf. p. 71, note \.

chronologie de Silvia, tombe au 14 février, est aussi une grande fête à Jérusalem ; elle se célèbre dans l'Anastasie et avec la même solennité que la Pâque. Les prêtres et l'évêque pour la prédication commentent le texte de l'évangile que nous lisons encore aujourd'hui : Tulenmt Dominum in templo Joseph et Maria. (Luc, ii, 22.)

Le témoignage de Silvia est encore important ici. On avait contesté l'antiquité de cette fête. Baronius et Thomassin croient qu'elle ne remonte qu'à Justinien, c'est-à-dire au vi* siècle '. Ce qui paraît probable, c'est qu'elle était particulière à Jérusalem, car le calendrier de Wright, saint Jean Chrysostome et saint Ephrem n'en parlent pas. Elle a du reste par son objet un caractère très local ; c'est de Jérusalem qu'elle aura passé dans les autres Eglises. Quant à la procession et à la litanie dont nous avons conservé l'usage, il n'en est pas fait mention dans Silvia. Il faut donc rejeter l'opinion de quelques historiens qui en faisaient remonter l'origine à une

1. Thomassin, Traité des festes, 291. Il rejette les textes des Pères que les Bollandistes avaient fournis pour établir l'antiquité de cette fête (Bollandistes, au 2 février, § l). Cf. Lehner, Marienwerehung , p. 204. Pour la date du H février, cf. Kraus, Real. Encycl. I, 496 ;Hildebrand, de diebus fesiis, est du même avis que Thomassin.

époque anlérioure à saint (iVrilh" dans l'Eglise de Jérusalem *.

En revanche, Silvia ne nous parle pas de la fètc de rAniionciation au 21) mars, à moins qu'il ne faille voir un souvenir de cette fête dans une cérémonie d'un genre très particulier qui se célèbre quarante jours après Pâques dans la grotte de la Nativité, à Hethléhem. Il n'est pas facile jusqu'ici de fixer l'origine de l'Annonciation, qui, en somme, n'est qu'un dédoublement de la fête de NoëP.

1. L'homélie de saint Cyrille que l'on citait à l'appui a été reconnue apocryphe. Les termes de processio in Anastase et onines procedunt, dont se sert ici Silvia, n'ont pas chez elle le sens liturgique du mot procession. C'est le terme qu'elle emploie toujours pour indiquer que les fidèles se portent en foule à telle ou telle église. D'après un Ordoromanus, cesl Sergiusqui en 690 ajouta à la fête les litanies ei la bénédiction des cierges : errjius papa festo hypantes litanias addidit et cereos benedictos.

2. Cf. plus loin p. '122.LesBollandistes ont essayé delà vieillir, mais les textes qu'ils apportent sont tirés de documents apocryphes ou ne s'appliquent pas. Thomassin, 1. c, p. 298, remarque justement que, par exemple, un sermon de saint Léonpour Noël se rapporte autant au mystère del'Incarnation (Annonciation) qu'à la Nativité. Comme plus ancien témoignage de cette fête, Thomassin cite le Concile in TruUo, en 691. Duchesne (Origines du culte chrétien, 261) cite un sermon de saint Sophrone qui donnerait un témoignage plus ancien. Remarquons cependant que dans la très ancienne liturgie des Nestoriens l'Annonciation se confond aved'Avent; il y a quatre dimanches de l'Annonciation qui répondent à ceux de l'Avent. Cf. Assemani, Bibliolheca Orient. III, pars 2a, p. ccclxxx. Voir aussi le texte de Mélilon

b(.) LA LITURGIE DE JÉRUSALEM

La fètc (le Pâques est précédée d'un carême, a comme chez nous », ajoute Silvia. Ses renseignements sont ici du plus haut prix, car on en était réduit aux conjectures sur la façon dont le carême s'accomplissait à cette époque en Orient. Il se compose de huit semaines. On voulait observer quarante jours de jeûne. Or, comme on ne jeûnait en Orient ni les samedis ni les dimanches, en retranchant ces deux jours, on arrivait au chiffre de quarante jours '. Saint Cyrille nous donne aussi ce chiffre de quarante jours de jeûne, mais sans nous dire qu'il est pris dans l'espace de huit semaines, ce qui a induit en erreur ses interprètes *.

que nous citons p. 71 et qui fait mention de l'Annonciation neuf mois avant la Nativité.

1. Exactementquaranteetunjours,caronjeùnait leSamedi-Saint. Peregrinatio, p. 85. Cette distribution du carême en huit semaines est aussi celle desNesloriens ; seulement ils jeûnent les samedis et les dimanches. Assemani, 1. c , p. ccclxxxii et ccclxxxvii. S. Athanase, Lettres pascales, rappelle qu'on ne jeûne pas le» samedis et les dimanches de carême. Mignc, P. gr. XXVI, 1389,

2. Saint Cyrille, ProcM., n. 4; Catéchèse i, 5. On pourra se rendre compte des obscurités qui régnaient en lisant sur ce point les plus savants auteurs des siècles derniers. ïouttée croit que ce jeûne se composait de quarante jours, mais que ces quarante jours étaient compris en six semaines (Migne, Patr. gr. XXXIU, 155 et 447). Thomassin a aussi bien des confusions (Thomassin, Jeûnes, p. 3i, 35, 235-236). Le chiffre de 40 jours déjeune nous est également indiqué par Euscbe, de Pascha (Mai, I^ova PP.

Nous verrous, plus tard, en quoi consistait ce jeune, car nous aurons à reparler de celte pratique dans l'Eglise de Jérusalem. Pour le moment, nous ne Fétudierolis qu'au point de vue liturgique.

Les dimanches et jours de semaine, l'office est le même qu'en temps ordinaire. Le renvoi après l'office du Lucernaire a lieu plus tard. De plus, chaque jour de la semaine en carême, il y a un office à Tierce, qui est le même que celui de Sexte ^ Le

BibUoth., IV, 212) et par saint Athanase dans plusieurs de ses étires pascrxles, par saint Augustin, Sermo CXXV et CCV, etc. Cf. aussi Sozomène, //. E. 1. VII, 19, et Historia lausiaca, c. 104, 106. On sait que les divergences entre les deux Eglises au sujet du jeune de carême furent une des causes des plus vives disputes dans la question du schisme grec. Le jeûne précédant la Pàque remonte à la plus haute antiquité; il en est déjà question dans la querelle de la Pàque au n^ siècle, mais la pratique était soumise aux plus grandes variations ; on a jeûné un jour, deux jours, et d'une semaine à sept et huit semaines. Cf. Thomassin, 1. c. ; Dom. J. de l'Isle, Histoire dogmatique et morale du jeûne, 1741, 1. II; Linsemayr, Kirchl. Fasten Disciplin, 1878. Priscillien, dans le texte nouvellement découvert de ses œuvres, nous parle de 40 jours de jeûne, en souvenir du jeûne du Christ au désert. Schepss, Priscilliani opéra, p. 60.

1. Voici ce texte que l'on a généralement mal compris: « Ad tertia itur ad Anastase et aguntur quœ toto anno ad sextam soient agi: quoniam in diebus quadragesimarum et /loc additur ut ad tertiam eatur. Item ad sextam et nonam et lucernare ita aguntur sicut consuetudo est per totum annum agi samper in ipsis locis sanctis; simihter et tertia feria similiter omnia aguntur sicut et secunda feria. » Peregrinatio, p. 86.

mercredi et le vendredi à ?sone, on va, suivant l'habitude de toute l'année, à l'église de Sion, et l'on reconduit l'évêque à l'église de la Résurrection, au chant des hymnes, pour célébrer le Lucernaire. Enlin le vendredi après cet office, on commence aussitôt les vigiles, que l'on fait suivre sans interruption de la messe des catéchumènes dans l'église du Golgotha et de celle des fidèles dans l'Anastasie, de telle sorte que toute la série des offices soit terminée avant le lever du soleil. La raison de cette modification est dans une pratique singulière dont nous reparlerons plus en détail, celle des hebdomadiers^ qui s'engageaient à faire une semaine déjeune. Le samedi, par commisération pour la fatigue des hebdomadiers, la messe se trouvait donc avancée, et ils pouvaient prendre quelque nourriture de bonne heure K Cette remarque de Silvia nous permet aussi de conclure que les samedis de carême il y avait la messe comme les dimanches, et que c'étaient les seuls jours de la semaine où l'on offrît le Sacrifice. Thomassin, malgré plusieurs textes assez formels pourtant, hésitait à admettre l'existence de cette pratique. Mais, après le témoignage si précis de Silvia, on ne peut plus conserver le moindre doute. Il y avait donc dès ce mo-

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