Peregrivatio
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nuMit iiiu' (lillV'reiice profonde dans la discipline des deux Eglises, car en Occident on otïrait le sacrifice Ions les jours de jeûne, sauf les deux derniers jours de la semaine sainte '.
Le samedi de la septième semaine qui correspond à celle que nous appelons semaine de la Passion, est consacré à une cérémonie importante dans les liturgies antiques : c'est le samedi de Lazare, l'anniversaire de sa résurrection, fête qui a ici un caractère bien local, mais que nous retrouvons dans la plupart des liturgies. Ce jour porte encore dans l'Eglise grecque le nom de samedi de Lazare. Dans l'Eglise latine, c'est le vendredi de la quatrième semaine de carême que se lit l'évangile de la résurrection de Lazare; quelques antiennes de carême paraissent aussi se rapporter à cet anniversaire. La liturgie mozarabe, la gallicane ont aussi leur dimanche de Lazare ^ Ce rite antique se rattache souvent à la liturgie des pénitents.
\. Thomassin, 1. c, p. Ilo. Rapprocher le texte de Silvia d'un passage de la Yita S. Sabœ, n. 25. En carême le saint moine communiait le samedi et le dimanche. Eusèbe cependant {in Ps. XXI, 31, et Caten. in Luc. cap. xxn, 7) ne parle que du dimanche pour la communion. Le Concile de Laodicée défend de dire la messe en carême à d'autres jours que les samedis et les dimanches, canon 49.
2. Cf. Muratori, Missel yotliique, p. 575; GalUcanum velus, ib.,
Voici comment il s'accomplit à Jérusalem. Les vigiles de la nuit du vendredi au samedi se disent en l'église de Sion, au lieu de se célébrer, comme à l'ordinaire, dans l'église de la Résurrection ; les psaumes et les antiennes étaient propres. Le matin, la messe se disait plus tôt, comme tous les samedis de carême, dans l'église de l'Anastasie.
Vers la fin, l'archidiacre, archidiaconus, s'adressait aux fidèles en leur disant : « Que tous aujourd'hui soient prêts à se rendre au Lazariou, à la septième heure (une heure après midi) *. »
718; Lectionnaire de Luxeuil,p. 126. Le Liber Comicus (Ayiecdota Maredsolana , I), publié par dom G. Moria, donne pour le dimanche de Lazaro les lectures des vigiles et de la messe, p. TIT. Le savant éditeur, qui rappelle dans sa note la Peregrinatio Silvix, a oublié de mentionner le Liber orationum mozarabe publié par Bianchini, p. 90. L'Eglise copte pour le samedi de Lazare (7' semaine de carême) donne comme lectures, Luc xvni, 3143, ou Marc x, ou Jean xi, i-io. Cf. Original documents of the coplic chur>h, iv. The holy Gospel and versicles... in the coplic Church, by Malan. Lond., 1674, p. 32. Un Codex evangeliorum syriaque du vi" siècle mentionne le samedi avant les Rameaux, sabbato ressuscitationis Lazari {Bibliolhecœ Mediceo ■ Laurentianœ catalogus ab Ant. Biscionio, t. I, Cod. orient., p. 47). L'évangéliaire syriaque de Rabulas de 586 donne au même samedi, in matulinis septimanae suscitationis Lazari, la lecture : Jean, xi, v. 5o-o7, et xn, 4-4. Bibliorum sacroruni (Wallon), t. Y, p. 466-468.
i. 11 est plusieurs fois fait mention de l'archidiacre dans la Peregrinatio. L'origine de la fonction est bien antérieure ; mais le titre é' archidiaconus est encore assez rare dans l'É-
A l'heure dite, on partait de Jérusalem dans la direction de Béthanie. Sur la route on rencontrait d'abord une église, construite àl'endroit oii Marie, sœur de Lazare, parla au Seigneur '. Dos que l'évèque, qui faisait partie de la procession, arrivait, les moines accouraient et le peuple pénétrait avec eux dans l'église. On lisait une hymne, une antienne, et le passage de l'évangile oii est racontée la rencontre de Jésus et de la sœur de Lazare (Johann, xi). Il y avait ensuite l'oraison ; l'évèque donnait sa bénédiction, et la procession continuait au chant des hymnes jusqu'au Lazariou.
La foule est telle, quand on arrive au Lazariou, qu'elle débordait en dehors de l'enceinte de l'édi-
glise latine à cette époq le. La Peregrinatio est un des plus anciens documents qui le mentionnent. Cf. A. Gréa, Essai historique sur les archidiacres, Biblioth. de l'Ecole des Chartes, 1851, p. 38 suiv. Dans l'Eglise de Jérusalem à cette époque, ces avis de l'archidiacre étaient encore la seule manière de convoquer les fidèles à l'office, si l'on s'en tient au texte de Silvia.
4. Sur cette église, voyez plus haut, p. 24. Théodose, de Terra Sancta. Itin.Jal., p. 67, nous parle en ces termes de l'église, et de la cérémonie de Lazare : « de Hierusalem ad Bethaniam sunt miliia duo , ubi ressuscitavit Dominus noster J. C. Lazarum, et in ressuscitatione sancti Lazari in ipso loco ante pascham, die dominico, omnispopulus congregatur et misse celebrantur. Lazarum esse quem Dominus resuscitavit scitur, quia ressuscitatus est : sed secundam mortem ejus nemo cognovit. »
fice; les champs qui l'entourent sont envahis. On disait les hymnes et les antiennes propres au jour et au lieu, et des leçons. Vers la fin de l'office, un prôtre montait sur un lieu élevé et lisait ce passage de l'Evangile : Cwn venisset Jésus in Bethania ante sex dies Paschse \ Ensuite il annonçait la Pâque.
Ces deux offices, on le voit, ne répondent à aucune des Heures connues ; ce sont des cérémonies particulières au pays et en dehors du cours ordinaire. Tout l'office liturgique y gravite autour de la lecture de l'Evangile. A ce point de vue, il se rapprocherait plutôt de certaines cérémonies, par exemple le lavement des pieds du Jeudi-Saint. Dans tous les cas, il n'y faut pas voir l'office du soir, car il avait lieu à l'Anastasie, quand le peuple était de retour à Jérusalem.
Dans plusieurs autres liturgies, il est fait, ce jour-là, de nombreuses allusions aux pénitents,
\. Peregrinatio, p- ^0. In lazario autem cum ventum fuerit, ita se omnis multitudo coUigit, ut non solum ipse locus, sed et campi omnes in giro pleni sint hominibus. Dicuntur ymni etiam et antiphonae, apti diei et loco : similiter el lectiones aplae diei quiecumque leguntur. Jarn autem ut fiât missa, denuntiatur pascha : id est subit presbiter in aliiori loco, et leget illum locum, qui scriptus est in evangelio : Cum venisset Jésus in Bethania ante sex dies pascliœ. Le passage est tiré de saint Jean, xii. 11 se lit chez nous le lundi delà semaine sainte.
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représentés par Lazare au tombeau. Mais nous avons déjà dit qu'il n'est pas question de ces pénitents dans Silvia.
C'est ainsi que l'on entrait dans la semaine pmc aie ou grande semaine, comme on l'appelle à Jérusalem'.
i. Saint Jean Chrysostome se sert aussi de cette expression. Homil. 30 m Gènes, c. i ; in psnlm. cxlv ; cf. Constit Apost , vin, 33, et saint Cyrille de Jér., Catéch. xvin.