Peref/rinatio
2. Cette colonne fut d'abord daas la maison de Caïphe {Iter BurdiijnL), puis on la transporta dans le portique de l'église de Sion (S. Jérôme, Peregr. Paulœ) ; enfin dans celte même église (Theod.,de Terra S. § 6, et Arculfe, 1. i, 19). C'est là que Silvia la vénéra.
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lieu la cérémonie de l'Adoration. Le texte de Silvia est trop iinporlanl pour que nous ne le suivions pas lilléralcment. Nous retrouvons du reste ici un de ces rites qui de Jérusalem ont passé dans toute l'Eglise.
L'évêque s'assied sur sa chaire : devant lui est placée une table couverte d'une nappe ; les diacres sont debout à l'entour. On apporte le reliquaire d'argent doré, on l'ouvre, et l'on dépose sur la table le bois sacré de la Croix et le titre. L'évoque étend la main sur la sainte relique et les diacres veillent avec lui pendant que fidèles et catéchumènes défilent un par un devant la table, s'inclinent et baisent la croix ; ils touchent la croix et le titre, du front et des yeux, mais il y a défense d'y porter les mains. Cette surveillance minutieuse n'était pas inutile ; on racontait à Silvia qu'un jour un fidèle trop peu scrupuleux, faisant mine de baiser la croix, y appliqua les dents et parvint à en détacher un morceau pour s'en faire une relique. Les diacres sont là pour empêcher le fait de se reproduire \
^. Peregrinalio, p. 96. Peu d'années après Silvia, en 39S, Mélanie faisait le récit de l'Adoration de la Croix à saint Paulin de Noie qui en parle dans une lettre {Ad Sever., ep. xi). Cf. aussi ep. XXXI, n. 6. {Patr. lat., t. LI, 3^9). Saint Paulin dit que cette cérémonie ne se fait qu'une fois par an, ciim pasca agitur. L'abbé Houssaye s'étonne à tort de cette expression; il ne s'agit
Saint Cyrille, qui nous parle, lui aussi, de cette cérémonie, le fait beaucoup plus brièvement, mais il ajoute cependant quelques précieux détails, a Des reliques de ce bois sacré, nous dit-il, ont été répandues sur toute la terre. » Il nous donne aussi des
pas du jour de Pâques, comme il le croit, mais bien du vendredi saint qui s'appelait rArfy. î-:a'jpÔTi[jiov {Revue des questions historiques, t. XIII, p. 477). Dom Touttée a cru également à tort que celte adoration avait lieu le lundi de Pâques (Migne, Patr. gr., xxxHi, p. 6S6). Ainalaire constate déjà que de Jérusalem cette pratique a passé dans toute l'Eglise (lib. I, ch. xiv). Voyez la même cérémonie décrite quelques siècles plus tard dans un Orda romain, le premier donné par Mabillon {Musei italici. II, 22) et dans celui que publie M. de Rossi, Inscr. t. II, p. 34 et seq. Gretser, Opéra, t. II. de sancla Cruce, donne divers textes sui l'exaltation ou l'adoration de la Croix, d'après les écrivains grecs et les livres liturgiques. Quoique d'époque postérieure, ces textes sont intéressants, notamment celui de saint Sophrone. Gretseï n'a pas compris ce que pouvait bien être le jeûne de cinq joura dont parle l'auteur du fragment donné à la page 220 ; il s'agi simplement d'une des semaines de jeûne du carême, dite se^ maine de Thebdomadier, dont Silvia nous parlera plus tard ; ei retranchant le samedi et le dimanche qui ne sont pas jours d« jeûne, restent les cinq jours dont parle l'auteur A ajouter aui textes donnés par Gretzer une homélie de Sévérien de Gabalî sur l'adoration de la Croix, Semriani Gabtlorum episcopi homilii (éd. Aucher), p 443. L'abbé Duchesne constate pour lOccideai l'existence de l'adoration de la Croix au vii^ et au viii« siècle, Origines du culte chrétien, p. 238. L'église syrienne d'Antioche avait aussi pour l'adoration de la Croix une belle cérémonie el des chants magaitiques. Borgia, dans son de Cruce valicana, nous en donne le texte.
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ronscignemonls sur le roliqiiaired'argoiit qui contenait la vraie croix '.
Silvia ne dit pas qu'on clianlùt le l/isc/gion pendant la cérémonie : ce chant est d'une époque un peu postérieure ; mais la coutume dut s'en établir de bonne heure, car un très ancien Ordo romain dit qu'on le chante ".
Après l'adoration de la Croix, chacun va vers l'un des diacres qui tient deux autres reliques, d'une authenticité moins solidement établie : l'anneau du roi
4. Catéchèse x», n. <9 ; Catéch. iv, n. 4 0; xiir, 4. Rivet, un protestant rationaliste, géaé par ces textes, les prétendait interpolés ! D'autres, comme Hildebrand, voulaient qu'on les entendît non de la relique de la Croix, mais seulement de la Passion. De diebus festis Libellas. Cf aussi Rufm, Eist. eccLjX, c. 8, et Pratum spirif., cap. 105. Peu après l'époque de saint Cyrille, le reliquaire fut changé ; on mit un reliquaire d'or. Celui qu'a vu Silvia est le même dont parle saint Cyrille, nouvelle preuve en faveur de la date de la Peregrinatio. Sur les reliques de la vraie Croix, cf. unetrès curieuse inscription deSélifde l'an 359, Rossi, £«//e«i» d'Archéologie chrétienne, 1890, p. 26-28. Sur le litre de la Croix, cf. de Jesu Christi reliquiis dissertatio historico-critica (auctore Y. Carmassi), Faenza, 1791. On croyait à tort qu'il avait été apporté à Rome par sainte Hélène et s'y était conservé ; le passage de Silvia prouve le contraire. Le texte nouvellement découvert de Priscillien s'accorde avec Sozomènepour dire qu'il était rédigé en trois langues. Schepss , p. 26.
2. Le Irisagion dans sa forme "Ay'-o; o 0io; est de Tan 448. LO/ do dont nous parlons, est édité par Rossi, Inscripliones chrislianœ,ll, p. .34, 35.
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Salomon, et la fiole qui servit à l'onction des rois d'Israël. On les baisait aussi *.
La cérémonie durait de huit heures à midi, tout le peuple entrant par une porte et sortant par l'autre. Après que tout le monde a ainsi défilé devant la Croix, vers midi, on se réunit dans la partie de l'atrium à ciel ouvert entre la Croix et l'Anastasie. Le siège de l'évèque est placé devant la croix, et de midi à trois heures, on lit des leçons avec des hymnes et des oraisons. Silvia nous donne ici l'ordre de ces lectures: d'abord une leçon tirée des psaumes, dans tout ce qui a traita la Passion du Seigneur; puis une autre des apôtres, leurs actes ou leurs épîtres, dans les passages qui se rapportent aussi à la Passion; puis letextede la Passion d'après les évangiles, et enfin les passages des prophètes qui annoncent la Passion. Le but que l'on se propose, nous fait remarquer Silvia, en entremêlant ainsi les lectures de l'Ancien et du Nouveau Testament, avec des hymnes et des oraisons, est de bien montrer l'étroite relation entre les prophéties et leur accomplissement ;
i. Peregrinatio, p. 97. M. Gamurrini pense que Vespasien ou Titus emporta ces objets à Rome, et qu'ils furent restitués par Constantin à Jérusalem. Les anciens pèlerins font mention de ces reliques, par exemple Théodose, Breviarium de HierosoL, § 3. « Ubi (scilicetin cubiculo crucis) est illiid cornu quo David unctus est et Salomon, et ille annulus ibidem. »
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tout ce que les prophètes ont annoncé de la Passion (lu Christ, les écrits des apôtres et les évangiles prouvent que cela s'est réalisé \ Elle observe encore, comme elle l'avait fait pour l'office du matin, qu'il n'est personne qui ne pleure au récit de tout ce que le Christ a souffert .A trois heures on lit l'évangile de la Passion selon saint Jean, suivi de l'oraison. De l'atrium on se rend dans l'église du Golgotha et l'on y célèbre None comme les jours précédents. La liturgie suivant toujours pas à pas le récit évangélique, on vient après None au sépulcre oii fut enseveli le Christ, et on y lit le passage de l'Evangile dans lequel il est raconté que Joseph d'Arimathie demanda àPilatelê corps du Seigneur (Matth. xxvii, m, ou Jean, xix). L'évangile est suivi, comme à l'ordinaire, de la bénédiction de l'évèque. Puis on renvoie le peuple, mais on n'annonce pas, comme les autres jours, les vigiles, car on sent que les fidèles à bout de forces ont besoin de repos. Toutefois un grand nombre d'entre eux et des clercs viennent faire la veillée sainte auprès de la grotte du saint Sépulcre, chantant des hymnes et des antiennes jusqu'au milieu de la nuit ou jusqu'au matin '.