Pere(jrinalio, p
2. On peut rapprocher de ce passage celui où Silvia parle du baptême qui se donnait à Enon sur les bords du Jourdain : « Illud etiam presbiter sanclus dixit nobis: eo quod usque in hodierna die semper cata pasca quicumque essent baptizandi in ipso vico,
est in ecclesia quae appellatur opu Melchisedech (sic), omnes in ipso fonte baptizarentur: sic redirent malure ad candelas cum clericis et monachis dicendo psalmos vel anliphonas, et sic a fonte usque in ecclesiam sancli Melchisedech, deducerentur mature omnes qui fuissent baptizati. » Gamurrini, p. 60. Un pèlerin du xiiie siècle, fra Ricoldo de Monte Croce, trouva au même endroit un concours de dix mille personnes de toute nation qui viennent recevoir le baptême au Jourdain. Relation de fra Ricoldo. Cf. Reçue biblique, 11, 56.
LA LITUndlK DE JERUSALEM 115
nous la connaissons, de tout ce qui touche à la discipline ou à la liturgie, ne nous parle pas de la réconciliation des pénitents qui se faisaitles derniers jours delà semaine sainte ; du reste, il est à remarquer que l'on ne trouve pas la moindre allusion aux pénitents dans tout le cours de son récit ; coïncidence assez curieuse, il n'en est pas non plus question dans saint Cyrille.
Silvia ne remarque rien de particulier pour les autres offices de ce grand jour ; ils sont les mêmes, dit-elle, que chez nous, c'est-à-dire qu'il y avait probablement la procession aux fonts avec les néophytes.
Après le lucernaire qui se célébrait dans l'Anastasie, la liturgie recommençait à suivre la vie du Seigneur ressuscité. On se dirigeait vers l'église de Sion au chant des hymnes. La prière liturgique continuait dans ce lieu sacré du Cénacle, oii Jésus, le soir de la Pàque, apparut pour la première fois à ses disciples réunis. On lisait le passage de l'Evangile dans lequel saint Luc raconte cette apparition ^ On disait une oraison, l'évêque bénissait les catéchu-
1 . Luc, ch. XXIV. Cet évangile est lu dans l'Église latine, le mardi de Pâques à la messe ; c'est le seul souvenir qui nous soit resté de cette cérémonie.
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mènes et les fidèles, et tout était terminé vers huit heures du soir'.
Pendant l'octave de Pâques, les cérémonies sont les mêmes que pendant celle de l'Epiphanie, et les églises sont ornées avec la môme splendeur. Le lundi et le mardi, l'office (sans doute la messe des catéchumènes et la messe des fidèles) se célèbre comme le jour de Pâques dans l'église du Golgotha et se termine à l'Anastasie, le mercredi à l'église de VEleona, le jeudi à l'Anastasie, le vendredi à l'église de Sion, le samedi à la Croix, le dimanche suivant au Golgotha ^
De plus, chaque jour de cette octave, après le repas de midi, l'évêque elle clergé, avec les néophytes et les moines et quelques pieux fidèles, vont sur le mont des Oliviers, aux deux églises, celle de la grotte 011 Xotre-Seigneur instruisit ses apôtres et celle de rimbomon. On y disait des psaumes et des oraisons jusqu'à l'heure du lucernaire, et l'on revient célébrer cet office à l'Anastasie.
Il y a aussi chaque jour, durant cette octave, des
■1. Les détails de ce rit. par uae de ces interversions assez réquentes cliez Silvia, nous sont donnés p. -100.
2. Nous savions déjà par d'autres témoignages que lOctave de Pâques étaitcélébrée solennellement Le vendredi de Pâques dans le calendrier syriaque de Wright porte la mémoire des confesseurs. Sur l'office célébré le samedi ante cruce, cf. plus haut nos remarques, p. 76, note 4, et p. 98.
('at(5ch^ses pour les néophytes ; mais nous reviendrons sur ce sujet dans un eliapiire spécial, afin de montrer ce que Silvia ajoute sur ce point ù nos connaissances antérieures.
Le dimanche de Quasimodo, rien à remarquer, si ce n'est une station à l'Eleona dans l'après-midi, avec des hymnes, des antiennes, des oraisons propres, une autre à l'Imbomon avec le même service liturgique, une dernière à l'église de l'Anastasie où se célèbre le lucernaire. Mais un nouveau souvenir évangélique rappelle à cette heure tardive les fidèles dans l'église de Sion : c'est l'apparition du Sauveur à saint Thomas. Après le chant de quelques hymnes, on lit ce passage des saints Livres que nous récitons encore aujourd'hui à la messe du dimanche de Quasimodo(Jean, xx). Après cette lecture, on bénit les catéchumènesetles fidèles ; tout est terminé àla deuxième heure de la nuit (8 heures du soir)^
1. Peregrinatio, p. 100. Même lecture indiquée pour l'Église syriaque (Wallon, 1. c.) Lectio vespertina dominicœ novx.