‹ Les Eglises de JérusalemChapitre 32 sur 60 · Peregi inatio, p · texte numérisé non relu

Peregi inatio, p

LA LirUllGII': DE JKUISALKM 127

l'oniarciuor que c'est le jour dr rannéc où l'on se fatigue le plus, parée ([u'oii est sur pied depuis le premier chant du coq et (Jugii n'a pas eu un moment de trêve. Aussi chacun est-il heureux d'aller se reposer dans sa maison '.

Silvia ne nous dit pas que le baptême se donnât au jour de la Pentecôte. Pourtant c'était la coutume dans plusieurs églises ; Tcrtullien en parle déjà. Certains auteurs pensent même que le temps du baptême s'étendait dans toute la période de Pâques à la Pentecôte ^

Silvia ne parle pas non plus de plusieurs autres cérémonies en usage dans les églises d'Occident et dont l'origine est probablement postérieure ; on aura pu remarquer du reste que pour Jérusalem cette fête de l'Ascension et de la Pentecôte avait un caractère très particulier, et que ces diverses cérémonies ne se sont pas transmises dans les autres églises, comme celles de la semaine sainte.

La dernière fête dont nous parle Silvia est celle de la dédicace, ou des encénies. Ce nom désignait la fête que les Juifs célébraient comme souvenir de la

\. Peregrinatio, p. 103.

2. Par exemple Bingham, Maran, Ceiilier. La coutume du baptême à|]a Pentecôte est attestée pour la Palestine par saint Jérôme, In Zach., 14, 18.

128 LA LlTUlUilK I)!': JKliUSM.KM

dédicace du temple par Salomon. La fête de la dédicace était l'anniversaire de la consécration de Téglise du Golgotha et de celle de la Résurrection, et de l'invention de la Croix. Silvia ne nous donne pas la date. Mais nous savons que la fôte tombait le 13 septembre *. Constantin, après avoir bâti les édifices du calvaire, voulut célébrer magnifiquement leur dédicace en l'année 335. Les évoques réunis au concile de Tyr se rendirent à son appel ; Eusèbe de Césarée pononça un discours, et c'est à lui que nous devons le récit de cette fête '.

Cette solennité de la dédicace attire à Jérusalem un grand nombre de moines et d'apotactites, venus de Mésopotamie, de Syrie, d'Egypte, de Thébaïde et des autres provinces, et aussi des laïques, hommes et femmes. Les évêques eux-mêmes se rendent à Jérusalem pour la circonstance ; le moins qu'il y en ait, c'est de quarante à cinquante; Silvia ne compte pas les clercs. Personne ne se dispense de ce voyage, dit-elle, sans une grande nécessité; et

1. Peregrinatio, p. 108, note 2, qui renvoie à Valois in Eufeb. de vita Constant, iv, 46. Le calendrier syriaque de Wright porte au 13 septembre les Encénics du temple de Jérusalem, au 14 l'Exaltation de la Croix. En Occident, la fête était d'abord au 3 mai; on prit ensuite le 14 septembre, sans abandonner la fête du 3 mai. Cf. Gretser, de Cruce, l, c. 62.

Page 1