Saint Cyrille, xin" catéchèse, n
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frères et les sœurs leur traduisaient dans leur langue les discours dos prètros ou les textes liturgiques '.
Après cette longue étude sur la liturgie de Jérusalem au IV» siècle, on nous permettra d'indiquer quelques conclusions générales. Nous retrouvons dans cette Eglise un fonds commun à toutes les liturgies antiques, des éléments identiques qui appartiennent manifestement à une liturgie primitive, et dont les vestiges subsistent à travers les âges. C'est par ces analogies nombreuses que les liturgies diverses trahissent leur unité d'origine. Ce fonds commun est composé en partie de certaines pratiques empruntées au culte mosaïque ou au rituel des synagogues, récitation et chant des psaumes, lectures de la Bible, prières du jour et de la nuit, en partie d'éléments d'origine purement chrétienne, la cène ou synaxe eucharistique, les souvenirs de la vie, de la passion, de la mort et de la résurrection du Sauveur.
En dehors d^ ces traits communs à toutes les liturgies, celle de Jérusalem possède un caractère très spécial : c'est l'importance qu'y prend l'élément
1 . Pour l'église de Bethléhem, saint Jérôme nous dit que les louanges du Christ étaient chantées en diverses langues. Le témoignage de Silvia prouve qu'à Jérusalem le grec était employé à l'exclusion de toute autre.
topographique. Elle est une liturgie locale et^ si l'on peut dire, autochtone. Il semble qu'elle se soit développée en grande partie sous l'influence des souvenirs attachés à la crèche de Bethléhem, au mont des Oliviers, au Golgotha, à la grotte du saint Sépulcre, à la chapelle de la Vraie Croix, au Cénacle ; c'est le pèlerinage quotidien, la liturgie des Lieux saints.
Or on sait que depuis Hadrien, c'est-à-dire depuis le commencement du second siècle, jusqu'à Constantin, les souvenirs chrétiens étaient enfouis sous la terre, et la trace même en paraissait perdue. A moins donc de prétendre que la liturgie de Jérusalem avec ses attaches topographiques remonte au commencement du second siècle, assertion qu'il serait difficile, nous semble-t-il, d'appuyer sur des preuves positives dans l'état actuel de nos connaissances, ce serait au ive siècle que cette liturgie, au moins pour toute la partie locale de ses rites, aurait sa date d'origine. C'est là un fait d'une grande importance pour l'histoire de la Liturgie ; c^est une donnée chronologique sérieuse dans une histoire où, comme le savent les archéologues et les liturgistes, les données chronologiques sont si rares.
De Jérusalem cette liturgie s'est répandue peu à peu dans les autres provinces chrétiennes qui ont adopté une partie de ses usages.
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(il' qui a di\ encore frapper le lecteur dans la narration de Silvia, c'est l'inlluence singulière exercée par la liturgie sur les fidèles de Jérusalem. Il semble que Ton assiste à un drame vivant dont les spectaleurs suivent toutes les phases avec un intérêt soutenu et toujours grandissant, qui va parfois jusqu'à l'angoisse. Les fidèles prennent part aux cérémonies qui retracent la vie et la mort du Sauveur sur les lieux mêmes qui en ont été les témoins ; ils en saisissent facilement le sens ;ces rites parlent en même temps à leurs yeux et à leurs cœurs. Aujourd'hui que les événements dont les Lieux saints furent le théâtre ont reculé dans le lointain des âges, que plusieurs de ces rites ont disparu, que d'autres sont venus s'y ajouter, que quelques-uns peuvent sembler faussés par une série de transformations inconscientes, le sens liturgique s'est émoussé. Pour tous ceux qui ne savent pas, au moyen de l'histoire et de l'archéologie, reconstituer cette liturgie antique, les cérémonies n'ont plus un sens bien précis ; ce sont des symboles dont ils ont perdu la clef.
Ce qui donne une valeur singulière, au point de vue liturgique, au récit de Silvia, c'est qu'elle nous fait revivre pour un moment dans ce milieu, elle nous rend toute vive l'impression de ces grandes scènes liturgiques. Quand elle prit la plume à Cons-
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tantinople pour fixer sur le papier ses souvenirs, elle ne pensait qu'à édifier ses sœurs bien-aimées, « lumière de son âme », comme elle les appelle, à les consoler dans leur monastère des bords du Rhône. Et c'est jusqu'à nous, hommes du xix* siècle, que son manuscrit, conservé par une copie de la bibliothèque du Mont-Cassin, est parvenu comme un écho à peine affaibli de la vie religieuse et liturgique de Jérusalem au iv siècle.