LA LECTURE DE LA PASSION
d'après SILVIA et le DIA2ESSAR0N
Il nous semble résulter des termes qu'emploie Silvia au sujet de la lecture de la Passion, que cette lecture se tirait tantôt de l'un, tantôt de l'autre évangile, mais qu'on n'avait pas à Jérusalem, comme en certaineséglises, un récit unique, dans lequel étaient fondus et accordés les quatre évangélistes, selon la forme de diatessaron , employée depuis Tatien et même avant lui. Si Ton en croit l'abbé Martin, la forme de lectionnaire non harmonisé, et c'est le cas de la liturgie de Jérusalem d'après Silvia, cette forme remonterait à l'époque antérieure à 'ïdX\Qn{Revue des questions historiques, xuv, p. 31). Car depuis Tatien, les liturgistes auraient eu l'habitude de combiner les textes évangéliques. Mais cette thèse est loin d'être prouvée. Il semble, d'après un passage de saint Augustin, que le saint docteur fit à Hipponeun essai de diatessaron pour la Passion (Sermon 232, Pair. lat. t. XXXVIII, col. 1108).
La remarque que nous avons faite au sujet du lectionnaire de Silvia ruine aussi par certains côtés Thypothèse
do Suvi {Revue bif/Uqur, ii, 320 soq.). Selon lui, dans l'Eglise syrienne, jusqu'au commencement du v® siècle, on lisait dans la liturgie les évangiles harmonisés selon le diatessaron de Talien. Au \* siècle, on aurait substitué dans les deux fractions de l'Eglise syrienne occidentale et orientale, les évangiles séparés, à l'ouvrage de Tatien ; sauf peut-être pour le récit de la Passion où l'on garda le diatessaron.