‹ Les Eglises de JérusalemChapitre 52 sur 60 · Kt,~oî toj à-".oj loavvoj · texte numérisé non relu

Kt,~oî toj à-".oj loavvoj

jardin de Saint-Jean, ne voulurent pas laisser partir les pèlerins sans leur offrir en eulogie des fruits cueillis dans le jardin de Saint-Jean.

Au delà du Jourdain, que durent encore traverser nos voyageurs, ils vénérèrent les lieux sanctifiés par la présence du saint homme Elle de Thesbé et la caverne où il habita. Il y avait, non loin de là, un monastère qu'un moine s'était construit et dont il semblait être le seul habitant. Silvia pensa que ce n'était pas sans raison qu'il avait choisi ce lieu : car, d'après ce que nous avons vu jusqu'ici, il paraît bien certain que, du moins dans ces pays, l'emplacement d'un monastère devait toujours être consacré par un souvenir biblique. Elle demanda donc à ceux qui l'accompagnaient quelle cause avait porté ce moine à se retirer en ce lieu. On lui répondit que c'était là l'endroit où Elie, au temps de la famine, était nourri par les corbeaux et buvait l'eau du Chorra. La sainte en rendit grâces à Dieu, ainsi que de toutes les merveilles qu'il daignait montrer aux yeux avides de son indigne servante.

C'est à Carnéas, but de son pèlerinage, que Silvia trouva le tombeau du saint homme Job K On lui raconta qu'un solitaire avait un jour quitté son désert et qu'il était venu trouver l'évèque et les clercs, leur enjoignant, d après une vision céleste, de creuser la terre à un certain endroit. On y trouva, en effet, une pierre sur laquelle était gravé le mot Job. Une église fut construite aux frais d'un tribun à cette place, de façon que l'autel reposât sur les restes du bienheureux. Le lendemain matin,

. 1. Carnéas ou Astaroth-Carnaïm doit être cherché, d'après le sentiment le plus commun des géographes, à lendroit appelé Tel Astereh (et non à Bostra).

APPKNDICKS ]Ç)]

il la prière do Ui sainte reiniin', l'évèque lit l'ohiation, tous les pèlerins s'unissant ausacrilicc. Ils partirent ensuite, munis de la hénédiclion de lévèque, et rentrèrent à Jérusalem par la même voie, rendant grâces à Dieu.

3° Voyage en Môsopotamie et en Asie Mineure; retour à Constantinople ; dernières années de Silvia.

Trois ans s'étaient écoulés depuis le jour où la noble dame avait quitté sa patrie pour venir à Jérusalem, trois ans pendant lesquels elle avait visité tous les saints lieux de l'Orient, surmontant toutes les fatigues, et guidée par sa foi et son amour du Christ et de ses saints ; et maintenant, elle avait l'intention de retourner dans son pays, auprès de ses sœurs bien-aimées. Suivant l'itinéraire des pèlerins des Gaules, elle devait prendre sa route vers le nord-ouest en longeant les côtes de la Méditerranée juqu'à Tarse et en traversant l'Asie Mineure pour arriver à Constantinople, et de là revenir en Gaules parla Thrace, laDacie, la Mysie, la Pannonie et les Alpes. Mais, parvenue à Antioche, Silvia voulut voirEdesse, qui n'est séparée de cette ville que par sept étapes. La pensée de visiter les saints moines de Syrie et de Mésopotamie dont on lui avait raconté la vie admirable, de prier sur la tombe de rap(jtre Thomas, enfin, de voir la lettre que Ton disait écrite à Abgare, roi d'Edesse, par Jésus- Christ, exerçait sur elle un puissant attrait auquel elle ne voulut pas résister : o Du reste, dit-elle à ses sœurs, j e vous prie de m'en croire, aucun des chrétiens qui viennent aux saints lieux de Jérusalem ne manque de faire ce pèlerinage '. »

Page 1