I. D'après la Chronique det Arts
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'^ Cl)rOntC|UC. sommaire: les trésors D'églises en frange. - mo- ^
NUMENTS ANCIENS : Mont Saint-Michel. Paris, Rouen, Sar-Thegonnec, Strasbourg. Bois-le-Duc, Leysele, Wercken, Damme. — FOUILLES ET DÉCOUVERTES : France, Grèce, Autriche, Allemagne, Italie. — L'ART DU VITRAIL. — PEINTURES MU- RALES : Herpen (Hollande), Bruges. — NOUVELLES.
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Jïcs Trésors D'6g:U3Cs en France.
ES malfaiteurs restés inconnus se sont introduits dans l'église de Saint- Viance (Corrèze), et y ont dérobé une châsse très précieuse en cuivre doré ornée de plaques d'émail et de figures en cuivre repoussé, merveille de l'art limousin des XII^ et XIII^ siècles. Depuis la châsse a été retrouvée, dépouillée de tous les sujets qui l'ornaient et de ses pierreries dans un champ de blé, ainsi que le fragment de croix en cristal de roche et cuivre doré volé à l'église.
Des malfaiteurs ont dérobé dans la vieille église de Bredons, près Murât, plusieurs anciennes étoffes précieuses, un couvre-ciboire de grande valeur, des montures en or d'anciens ostensoirs et ont lacéré et aspergé d'encre d'autres belles étoffes anciennes.
En outre, l'antique église du village de Flassans ( Var ) a été cambriolée par des malfaiteurs, qui ont emporté plusieurs bijoux précieux ornant la statuette de la Vierge, dont ils ont brisé les bras et les jambes. Des vases ont été également détériorés et des ornements ont été arrachés.
Ce sont là des faits divers qui datent d'hier et presque tous les jours on en lit de semblables dans les journaux. La Chronique des Arts dit que les vols d'objets d'art commis dans les églises augmentent dans des proportions qui commencent à inquiéter l'opinion.
L'année 1907 avait vu s'accomplir trente-quatre cam. briolages, et parmi les œuvres d'art dérobées se trou valent la châsse d'.'^mbazac, la colombe de Laguenne. L'année I90S promet d'être pire encore, et au bout de huit mois on compte plus de quarante-si.\ vols.
L'attention des voleurs a été attirée sur les trésors d'églises ; les incertitudes d'une période législative transitoire facilitent les opérations ; des sociétés de cambrioleurs, comme l'ont montré des affaires récentes, se sont formées pour tirer le parti le plus profitable delà situation. L'e.-cpérience prouve qu'elles ne réussissent que trop. ."^ e.xaminer dans le détail cette série de vols, on s'aperçoit que les malfaiteurs sont documentés sur les régions où se trouvent des œuvres d'art, et on est amené à tout redouter. N apprenait-on pas, il y a quelque temps, que le célèbre trésor de Conques n'était pas eu sûreté? Le reliquaire en or de Pépin, la statue de sainte Foy, eltant de pièces d'orfèvrerie ancienne sont à la merci d'un coup d'audace.
Que peut-on tenter pour mettre fin à ce scandale ? Les
fabriques ont disparu, et le clergé occupe les églises sans titre juridique. L'.Administration des Beaux-Arts a annoncé un projet de loi L'idée d'abord émise de transférer tous les objets dans des musées a soulevé tout de suite des protestations justifiées. Il y a quelque chose de parado.>ial .i transporter, sous prétexte de sécurité, des œuvres d'art dans des musées qui n'offrent pas plus de garantie que les églises. Et, en outre, comment ne pas protester contre une centralisation excessive qui dépouillerait départements et communes et qui, en arrachant les ouvrages au décor pour lequel ils ont été créés, leur ôterait toute vie et toute signification ?
De tous les projets proposés, celui qui a le moins d'mconvénient est de réunir dans un certain nombre d'églises les trésors aujourd'hui dispersés. Les départements, les communes, l'Etat, les fidèles pourr.iient, là où l'organisation actuelle serait insuffisante, faire les frais d'un gardiennage sérieux. Des groupes de communes dans chaque région s'entendraient pour choisir une église destinée à servir d'asile commun aux œuvres d'art qui, ainsi, auraient au moins la possibilité de continuer leur destinée dans leur milieu traditionnel. En tout cas, on ne peut plus remettre à prendre un parti, et l'Administration des Beaux- Arts n'aura pas mal employé ses vacances si elle apporte à la rentrée un projet précis et pratique.
Nous ajouterons, qu'à notre humble avis, il n'y a qu'une bonne solution: c'est de faire cesser par le Gouvernement la persécution religieuse.
ffîonumcnts anciens.
Mont-Saint-Michel. — Par décret en date du 17 juillet dernier, sont affectés au service des Beaux-Arts « les anciens remparts du Mont- Saint-Michel, dits remparts de la ville, tels qu'ils sont figurés sur le plan du 14 janvier 190S ».
Déjà un décret du 20 avril 1874 avait affecté au même service l'ancienne abbaye et ses dépendances. En 1879, par convention en date du 10 septembre, la commune du Mont-Saint- Michel s'était désistée en faveur de l'Etat «de toute prétention à la propriété de l'enceinte de la ville, réserve faite des droits que le dit acte lui reconnaît >. Le nouveau décret a pour objet la conservation de ces remparts. Classés dorénavant comme monument «historique», on ne pourra plus y toucher, pour quelque motif que ce soit, sans l'avis de la Commission des monuments historiques.
Le Conseil général du Calvados a émis le vœu que le Mont-Saint-Michel tout entier, et
Bebue lie T^rt cJ)rétien.
non pas seulement les remparts, fût classé comme monument historique.
D'un autre côté il vient de se fonder à Paris, i6, rue Grange Batelière sous le titre : Les Amis du Mont-Saint- Michel, une Société qui se propose de « poursuivre, par une énergique campagne d'opinion, le double but de défendre le Mont-Saint-Michel contre toute entreprise tendant ou pouvant aboutir à lui enlever son caractère artistique, et de lui restituer, dans la mesure du possible, son aspect insulaire et primitif >.
Paris. — La Commission du Vieux-Paris vient de protester avec énergie contre la rage de démolition qui sévitplusque jamais surlacapitale. L'hôtel des anciens évêques de Sens serait menacé de la pioche ; aussi M. L. Lambeau, secrétaire de la Commission, demande que l'administration comprenne ce bel édifice, d'un type si rare à Paris, dans le plan de campagne de 500 millions qui va être soumis au Conseil municipal et sur lequel figurent déjà les deux maisons de la pointe de la Cité, vers le Pont- Neuf.
Rouen. — Le Conseil d'arrondissement de Rouen vient de faire entendre un cri d'alarme au sujet de la destruction dont tant de monuments du vieux Rouen ont déjà été l'objet et du vandalisme dont sont menacés plusieurs autres : la fontaine accotée au donjon de la Grosse Horloge ; la façade du Bureau des Finances, qui disparait sous un fouillis de réclames d'un caractère peu artistique ; l'aître de Saint-Maclou; la cour de l'Albane ; de nombreuses fontaines, dont la fontaine Lisieux. Le Conseil d'arrondissement demande, en outre, le rétablissement de la fontaine autrefois consacrée à Jeanne d'Arc, place de la Pucelle, et remplacée, on n'a jamais trop su pourquoi, par une effigie de M""= du Barry. Enfin il déplore «l'effondrement» de l'abbaye de Saint-Georges et de l'abbaye de Jumièges.
Sar-Thegonnec. — Le calvaire datant du XVI I<= siècle, un des monuments les plus curieux de la Bretagne, a été mutilé par des vandales ; deux statues figurant les personnages de la Passion ont été renversées et brisées.
Strasbourg.
D'importants travaux sont
actuellement en cours à la cathédrale ; par suite d'un abaissement des eaux de fond, un tassement s'est produit dans les fondations de la grande tour du Nord et il faudra procéder au remplacement des pilotis de chêne qui supportent les assises inférieures de la tour.
On profitera de la même occasion pour refaire en entier le parvis extérieur, dont les dalles en grès rouges seront remplacées par des dalles en granit. En même temps, le parvis sera élargi sensiblement et abaissé d'environ 30 à 40 centimètres. A une profondeur d'un mètre sous le portail principal, on a trouvé quantité d'ossements humains, ce quiconfirme la vieillecroyance que U cathédrale a été construite sur un ancien cimetière.
Après l'achèvement des travaux, la flèche dominera le parvis de 142 m. 40. Le jésuite Meyer mesura la tour du Nord en 1764, et il trouva 490 pieds, ce qui donne 142 mètres, dimension qui a été admise depuis lors.
Bois-le-Duc. — Sous l'Hôtel de Ville de Boisle-Duc on a découvert une cave, qui date du XVI™^ siècle. Il ne s'agit donc pas, comme on l'avait dit, d'une crypte du XIV<= siècle !
C'est à M. Mosmans, un érudit qui s'occupe de l'histoire locale de sa ville natale, qu'est due la découverte. Les comptes de la ville et les données fournies par les historiens Van Oudenhoven et d'autres prouvent que la cave a été construite en l'année 1529. Elle est d'ailleurs moins remarquable que la cave qui a passé un moment pour la crypte de l'église St-Pierre à Louvain (').
Cette découverte, assez peu remarquable, a vivement impressionné la bonne ville de Boisle-Duc, qui d'ordinaire ne s'inquiète pas outre mesure des glorieux monuments de son passé.
La restauration de la cathédrale se poursuit, mais elle est loin d'être à l'abri de toute critique. T^es restaurateurs croient devoir corriger l'intéressante sculpture qui couvre le monument. Ainsi sur le glacis d'un contrefort près du portail septentrional, un chien de garde, sculpture très authentique, a été remplacé par un chevalier armé. Cette intelligente substitution a été faite en l'an de grâce 1907 !
Leysele-lez-Furnes. — Dans la nuit du 21 au 22 août, un incendie a détruit la petite église monumentale de Leysele. Du bel édifice cons-
r. Voir Rcvuede l' Art chrétien, année 1907, p. 332 et suiv.
chronique.
truit en style gothique au XVI"= et XVII<= siècle et restauré en partie, il y a deux ans à peine, il ne reste que les murs et le bas de la tour centrale lézardée, celle-ci était plus ancienne que les nefs et fort élégante.
]Veicke9i. — La restauration partielle de la petite église da Wercken (Flandre occidentale), vient d'être décidée. La tour, le transept et une partie de la façade occidentale datent du XII^ siècle.
Damme. — Au cours de travaux intérieurs exécutés dans une maison à façade brugeoise, on a découvert les montants d'une ancienne cheminée du commencement du XVI^ siècle. Elle a une largeur extérieure de 2",89. Les montants, en pierre blanche sont ornés dans les gorges d'un riche rinceau de feuilles et de grappes de vigne. Le jambage droit porte un homme et une femme se faisant la cour, tandis qu'à l'autre les deux personnages, se boudant sans doute, se tournent le dos ; la jeune femme en outre caresse un chien, pour montrer peutêtre qu'elle a de quoi se consoler de l'abandon de son mari.
Le linteau en dos d'âne et en pierre blanche offre une moulure garnie d'un rinceau de vigne, dans lequel courent des bestioles, taillé d'une manière vraiment superbe. La hotte est droite et construite en briques de couleurs mélangées (i).
Fouilles et Découvertes.
France — Il existe à Dissentis, dans le can ton des Grisons, à 1170 mètres au-dessus du niveau de la mer, un cloître bâti en 614 par des moines irlandais et francs. Depuis deux ans, on a entrepris des fouilles méthodiques, pendant les mois où il n'y a pas de neige. On a ainsi découvert une crypte du VII* siècle, où sont étendus les corps de saint Sigisbert, premier abbé, et de saint Placide, premier fondateur de l'abbaye ; plus loin, on a trouvé les fondations d'une église datant de l'époque la plus reculée du moyen-âge ; à l'intérieur, on vient de mettre à jour un pavement en mosaïque de porphyre vert de toute beauté, où sont incrustés en marbre blanc des ornements, des animaux et des inscriptions. Les fouilles vont être continuées (2).
Des travaux exécutés pour établir un chemin