‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 114 sur 130 · L'action Française · texte numérisé non relu

L'action Française

de fer de Béziers à Cruzy ont fait mettre au jour un cinquantaine de tombeaux de pierre recouverts de tuiles. Dans ces tombeaux on a trouvé des poteries en terre cuite, un récipient en cuivre, un couteau, un anneau de suspension, une boucle de ceinturon ovale en bronze, une autre en cuivre, une troisième ronde, avec la lettre V accompagnée de pointillés : d'autres anneaux, une faucille et une médaille représentant de face la figure de Constantin le Grand, ce qui fait supposer que la nécropole ainsi découverte date du IV^ siècle.

Grèce. — D'intéressantes trouvailles ont été faites par M. Sotiriadis, en Grèce, dans les ruines de l'ancienne Kalydon, près du village d'Evinochori. Dans la petite église de la Transfiguration, édifiée près de ce village avec les débris d'une ancienne chapelle, il a découvert, encastrée dans la maçonnerie de l'autel, une grande stèle de marbre, portant des inscriptions peu déchiffrables, qui semblent dater de l'an 200 avant notre ère et provenir du célèbre temple d'Artémis Laphria. Enfin, en fouillant au pied de l'église, il a mis a découvert une sépulture d'époque hellénistique contenant un riche mobilier funéraire ; figurines de terre cuite, pendants d'oreilles et bracelets en or. etc.

Autriche. — On parle en Autriche de la réapparition d'une œuvre importante de Titien. Il s'agit d'une Madone avec l' Enfant Jcsjts, que le peintre viennois Edouard Dussek aurait découverte au château de Freudenthal où naguère la toile avait été envoyée pour y être restaurée. Le peintre Dussek, en enlevant des repeints, aurait fait reparaître dans la partie supérieure le nom de Titien et la date de 1534. Le tableau mesurerait I mètre de haut sur 60 centimètres de large.

Allemagne. — On a découvert dernièrement à Belgard, en Poméranie, une peinture sur panneau du XV« siècle, représentant la Madone avec l'Enfant Jésus et saint Joseph dans un paysage. Le monogramme H. M. qu'il porte l'a fait attribuer à Memling ; mais il est plus probable qu'on se trouve en présence d'un tableau néerlandais de qualité moyenne, des environs de

Italie. — M. Guoli publie dans Antologia, le

jRebue tje T^rt cbrétten.

détail de la découverte qu'il vient de faire de la maison de Burckard cérémoniaire du pape Alex. Borgia.

Cette maison se trouve dans la Via Torre Aigentina ; elle fut construite vers 1500 et porte les marques évidentes de l'architecture gothique allemande. Burckard était né en Alsace et ^r^^wtina est le nom latin de Strasbourg ; il n'est pas douteux que, devenu évêque d'Orte et cérémoniaire du pape, il n'ait fait venir de son pays d'origine et ouvriers et architecte pour se faire ériger une demeure du plus pur style gothique allemand.

Ii'art Du tiitrail.

Belgique. — Dans une de ses récentes chroniques, M. Fierens-Gevaert, rappelant que l'illustre maître gantois, Hugo van der Goes, exécuta pour diverses églises des cartons de vitraux, émettait cette mélancolique réflexion :

« Pourquoi faut-il que de nos jours, nos grands peintres de figures ne connaissent point la joie de composer de tels décors et que de mise'rables fabricants, ayant à leur solde de pauvres peintres, pasticheurs du passé, s'adjugent le monopole exclusif de ces travaux .? D'où vient, hélas ! cette peur que nous avons de l'art vivant, nous qui avons été les artistes les plus libres de la terre t Et d'où vient ce mercantilisme affreux dans le temple de l'art?... >

Prenant texte de ce passage, M. Oct. Maus renchérit sur ces doléances, déjà excessives :

« Il est désolant, en effet, écrit-il, dans le dernier numéro de \'Art Moderne, de constater la décadence d'un art jadis si brillant et dont les Flandres, particulièrement, virent éclore les plus éblouissantes floraisons. Limité aujourd'hui à quelques « spécialistes > il est tombé aux plus vulgaires imageries, aux saint-sulpiceries les plus édulcorées... >

« S'il y a une partie de vérité dans ces lignes, s'il y a, dans le temple de l'art, des marchands qui fournissent des «marchandises» pour les temples de Dieu, il y a aussi, heureusement, dit à ce sujet le critique d'art du Bien Public des peintres-verriers qui méritent mieux que l'oubli ou le dédain.

Mais il faut dire à la décharge (?) d'Oct. Maus, qu'il est une partie de l'art belge qu'il mécimnaît ou feint d'ignorer.

Les artistes chers à !'« Art moderne» ne font pas de vitraux, pas même de cartons de verrières; dès lors, c'est entendu ! il n'y a plus de vitraux d'art! C'est peut-être manquer de largeur de vues et d'éclectisme.

Que l'on fabrique de nos jours, en Belgique et aussi à l'étranger, de très mauvais vitraux, nul ne le contestera, mais que des spécialistes artistes

en produisent de très beaux, notamment en Belgique et en Angleterre, aucun critique éclectique n'oserait le nier.

Si quelque jour M. Oct. Maus passe par Mons ou par Dînant, par exemple, il aura l'occasion A'y voir des verrières d'un certain Gust. Ladon, qui n'en est plus tout à fait à ses débuts ; elles valent bien les œuvres du maître-verrier Capronnier à qui le directeur de V 1 Art moderne » garde un reconnaissant souvenir parce qu'il « occupa » un instant Charles De Groux et Constantin Meunier.

Ne connaissant ni Ladon, ni les frères Ganton, ni Coppejans de l'atelier Casier, ni bien d'autres, M. Oct. Maus ajoute:

< Fournir aux figuristes belges l'occasion d'exercer à l'art du vitrail leurs aptitudes décoratives serait pour le Gouvernement, pour les fabriques d'églises, pnur les administrations communales, pour les architectes appelés à construire des édifices publics une initiative hautement louable ».

D'accord, mais à condition que les figuristes belges commencent par se rendre un compte exact de ce que c'est qu'un vitrail.

Il y a quelques mois, la Chambre syndicale des Arts industriels de Gand organisait un concours pour cartons de vitrail : en l'absence des « spécialistes » dédaignés en bloc par le critique, le résultat fut pitoyable et, malgré l'indulgence du jury aucune prime ne put être décernée ; or, ce qui choquait le plus dans les projets présentés, c'était l'ignorance des règles du genre.

Et cette ignorance, notez-le, est quasi générale.

Presque tous les artistes non spécialistes, au lieu de faire du vitrail, font de la peinture, des tableaux sur verre — ce qui n'est pas du tout la même chose et ce qui fut souvent l'erreur de Capronnier et des artistes qu'il occupa.

D'autres en font une inosaïque opaque ou une tapisserie ; d'autres enfin n'ont aucune idée de la mise en plomb et de ses exigences.

La verrière est, par définition, une mosaïque translucide, « une marqueterie de fragments de verre de couleur, coupés suivant des formes données et sertis de plombs qui soulignent le dessin et regidifient l'ensemble».

«Le rôle du vitrail, a très bien dit L. de Fourcaud, dans son «Cours d'esthétique et d'histoire de l'art »,est de créer, dans l'intérieur d'un édifice, une ambiance lumineuse et colorée et de faire apparaître des images incarnant des sentiments et des idées dans un rayonnement ».

Son dessin a pour but de fixer les images et les significations humaines; sa couleur doit dériver essentiellement de la juxtaposition des verres colorés et non de l'émaillage.

Certes les peintres-verriers ont le champ libre

Cjjrûmque.

moins libre cependant que d'autres artistes; ils doivent, plus que n'importe qui, garder le souci de l'harmonie décorative.

Si l'évolution du vitrage est en accord avec celle de l'architecture, il importe de tenir compte des exigences de celui-ci et des nécessités de celle-là.

Quoi qu'en disent MM. FierensGevaert et Oct. Mans, nous sommes en progrès ; le déplorable abus consistant à faire du vitrail une vraie peinture d'imitation qui sévit pendant la majeure partie dii dernier siècle a presque complètement disparu ; et déjà quelques spécialistes — nous nous en occuperons prochainement — - affirment leur personnalité, font de l'art vivant et libre, tout en respectant de cet art les règles essentielles.

Sous le bénéfice de ces remarques on ne peut que se rallier à cette conclusion pratique de l'article visé :

«Les vastes halls de l'Exposition de Bruxelles seraient pour la rénovation du vitrail un champ d'expériences excellent.

Qu'on ouvre un concours auquel on appelle tous les peintres belges. Qu'on fasse exécuter, pour en décorer les sections de l'ameublement, des industries artistiques, etc., les meilleurs projets. L'intérêt artistique de l'exposition en sera singulièrement accru et l'on verra renaître en Belgique, nous sommes en droit de l'espérer, un art dont chacun regrette la déchéance ».

Ce concours, à en juger par des épreuves antérieures analogues, serait instructif, voire même, sous certains rapports, amusant.

Il démontrerait que, si la plupart des figuristes ignorent le premier mot de la théorie de la vitrerie artistique, de la mosaïque translucide, il en est d'autres, ignorés en certaines « chapelles » laïques, qui savent décorer l'édifice par l'ornement, généralement polychrome, de la cloison translucide de ses baies d'éclairage ».

L'article que nous venons de reproduire à provoqué la lettre suivante adressée au Bien public par un de nos estimés collaborateurs :

Gand, 12 octol^ie 1908.

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Permettez-moi d'ajouter quelques mots aux excellentes réflexions qu'ont suggérées à votre chroniqueur artistique les idées émises récemment par M. Fierens-Gevaert sur l'état déplorable, d'après lui, de l'art du verrier en Belgique.

S'il est un art qui, depuis un demi-siècle, a fait deprogrès considérables dans notre pays, c'est certes celui du verrier ; et cela au point que, sans faux chauvinisme, on peut dire que, dans aucun pays de l'Europe, on ne produit des verrières qui puissent soutenir la comparaison avec celles fabriquées dans nos contrées. Je crois avoir

vu la plupart des grands vitraux, tant anciens que modernes, et je ne sais cadier le sentiment d'admiration que j'ai éprouvé, la véritable jouissance artistique que j'ai ressentie lorsque je vis, pour la première fois cet admirable Arbre de Jcssé de l'église de Dinant, œuvre de notre concitoyen W. Ladon.

Tout homme qui a quelque peu le sens esthétique, est saisi de cette harmonie des couleurs, de la conception grandiose, de l'exactitude du dessin qui caractérisent ce vitrail que je n'hésite pas à déclarer un chef-d'œuvre.

Mais si l'on est parvenu à cette perfection artistique, il est juste de faire remonter celte renaissance de l'art du verrier à celui qui, le premier, en rappela les vrais principes, feu M. le baron Bethune. Si nous occupons actuellement la première place dans cet art, c'est à lui que nous en sommes redevables.

J'ai déjà émis les mêmes idées à la Séance générale de la Commission royale des Monuments de 1904, après qu'aux séances de 1899 et de 1901, feu le regretté gouverneur de la Flandre occidentale, s'inspirant des idées de son père, avait résumé d'une manière claire et précise les principes généraux de l'art du verrier. Il avait donné à ces lectures le titre de : Quehjues notes sur l'art de la vitrerie selon la traditio/i médiévale ; en réalité, c'est un excellent traité sur la matière.

En fait d'art, comme en toutes choses, on peut avoir ses préférences ; mais l'historien de l'art doit admirer le beau partout oit il le rencontre ; et ignorer systématiquement les œuvres d'une école parce que certaines de ses tendances peuvent vous déplaire, c'est aller à l'encontre d'une des premières lois de la critique historique. J'ai, du reste, constaté le même oubli, — les Allemands disent ignoriren, — dans trois volumes, publiés récemment, sur l'histoire de l'art contemporain en Belgique. Un pareil procédé n'a rien de scientifique.

'Veuillez agréer. Monsieur le Rédacteur en Chef, l'assurance de mes sentiments distingués.

Prof. ADOLii- De Ceuleneer.

ficintuces murales.

Herpeii {Hollande). — Des peintures murales sont apparues récemment à Herpen (Brabant septentrional), sous la chaux qui s'écaillait aux panneaux des votâtes du chœur, datant du XV*" siècle. Cette église est en voie de restauration et d'agrandissement. Le chœur avec la tour occidentale sont les seules parties conservées de l'ancien édifice.

Bniges.

Au transept nord de l'église Saint- Jacques en enlevant les boiseries, on a remis à nu des restes de peintures décoratives d'un grand caractère et d'une conservation relativement bonne. La disposition primitive est facile à reconstituer : d'élégantes architectures encadrent des figures isolées ou des scènes de l'Ecriture. Il ne reste pour ainsi dire que deux compartiments, et encore la partie inférieure en est fortement endommagée : dans le premier est figuré S. Thomas mettant le doigt dans la plaie du côté du Christ ; dans l'autre, un Saint semble regarder cette scène.

^thm De rait chrétien.

lîOUtJCUES.

L'Administration préfectorale de la Seine vient de mettre au point l'inventaire des œuvres d'art dont la ville de Paris et le département sont propriétaires dans les 68 églises, les 8 temples et les 2 synagogues de Paris. Le travail fut commencé en iS/O et a abouti à la constitution d'un énorme Catalogue comportant neuf volumes.

Entretien des Objets d'art.

Bulletin des Métiers dArt.

On lit dans le

Pour prévenir et pour corriger différents abus artistiques dans les églises italiennes, comme, par exemple, l'introduction d^horreurs modernes à côté des chefsd'œuvre anciens, ou la « restauration > des peintures murales faite sans goût, etc., le cardinal secrétaire d'Etat a décidé l'institution, dans chaque diocèse d'Italie, d'une Commission pour l'entretien des objets d'art et des documents conservés dans les églises. Cette Commission fonctionne déjà dans le diocèse d'Ascoli-Piceno et, pour en faciliter les opérations, l'évêque aadresséà son clergé une circulaire contenant une suite de questions, dont les réponses devront être retournées avec les photographies des objets décrits. Entretemps, la Commission diocésaine a rédigé quelques « règles pratiques» pour le clergé ayant sous sa garde des documents et des objets d'art.

Les lavages, réparations et vernissages des tableaux, détrempes et fresques sont défendus, ainsi que le nettoyage, à la pierre-ponce ou par d'autres procédés des statues, bas-reliefs et marbres de tous genres. La redorure et la réargenture d'objets antiques en métal (chandeliers, encensoirs, reliquaires, etc.) sont défendues, à moins d'autorisation. Il est interdit de changer ou de réparer les anciennes broderies, dentelles, etc., sans consultation des personnes compétentes et sans autorisation préalable.

L'usage et l'introduction, pour dévotion publique, de

statues faites de mannequins habillés d'étoffe sont absolument défendus. Toutefois, si les images de cette nature qui sont en usage ne sont pas trop laides, elles peuvent être encore tolérées pour quelque temps. L'exhibition de chromos de qualité commune est interdite. L'introduction dans les églises, pour vénération publique, de nouvelles statues, images, peintures, etc., sans permission de la Commission, est sévèrement défendue ; ces objets doivent d'abord être présentés à la Commission, au moins eu dessin ou photographiés. Les fleurs naturelles doivent être préférées pour orner l'autel ; les fleurs artificielles ne sont autorisées que oour autant qu'elles ne soient pas indignes du sanctuaire et de la table sainte. 11 n'est pas permis d'attacher aux statues, aux tableaux ni à leurs cadres des ex-voto ou autres ornements (bijoux, chaînes, colliers, boucles d'oreilles etc.). Dans les endroits où il s'en trouve actuellement, il faudra les enlever immédiatement avec soin. Les bénitiers doivent être vidés au moins deux fois par mois et, avant de renouveler l'eau bénite, il faudra les laver avec de l'eau bouillante contenant une solution de sublimé corrosif à i p. m. Les fidèles doivent être informés, à la fois verbalement et par des notices appropriées affichées à des endroits visibles, que le respect pour la maison de Dieu, la décence et l'hygiène défendent d'expectorer dans les églises, etc.

Parmi ces instructions, il en est quelques-unes qui auraient leur raison d'être également ailleurs qu'en Italie.

Vl Argus de la Presse, qu'un violent incendie avait détruit il y a plus de six mois, est complètement réorganisé et réinstallé au Faubourg- Montmartre.

Notre Rédacteur M. L. Cloquât, professeur à l'Université deGand,a été nommé professeur de perspective pittoresque à l'Institut supérieur des Beaux-Arts d'Anvers.

Imprimé par Desclée, De Brouwer et Cic, LILLE parisbruges-bkuxelles-rome.

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