I. Voir Biblia Pauperutn, op. cit., pi
jRebue tie r^rt cl^rétien.
découverte dans le désert. Le fronton en question rappelle donc deux légendes à la fois.
Après le cycle de Noël, les frontons des chapelles absidales représentent l'autre grand cycle de l'année liturgique, celui de Pâques, précédé de la Passion du Christ.
Fig. 15.
Masascre des Innocents.
Des chevaliers placés deux à deux, dans des poses singulières et presqu'identiques nous la figurent.
La grande ressemblance, qu'ont entr'eux ces gables présentant des couples de chevaliers, nous permet de parler de toute cette série à la fois.
Au sommet des fenêtres des chapelles absidales du chœur, se dressent ces chevaliers, tous à peu près semblables aux personnages, que nous avons rencontrés sur les frontons 12 et 15, décrits ci-dessus.
Ils représentent, ceci nous paraît hors de doute, la passion du Christ d'une manière tout à fait populaire, en rappelant le souvenir des cortèges et des mystères, que les ^frères de la Passion » (') exécutaient, à l'admiration du peuple, durant les jours de la Semaine Sainte et lors des sermons du Vendredi-Saint, sur le cimetière de la cathédrale.
I. Comptes de la Confrérie de la Ste Vierge, 1464-65. — G. K. Hermans, op cit., en Bijdragenvoor de Geschiedénis van N. Brabani, bl. 25-31.
En ces jours, un prêtre rappelait aux fidèles les souffrances du Fils de Dieu, pendant que « les frères de la Passion défilaient deux à deux, entre le prédicateur et le peuple, figtirant la Passion » (').
On exécutait alors, les comptes de l'église nous l'attestent, l'histoire dramatique et scénique de la Passion, entr'autres devant les artistes de la cathédrale et avec leur coopération : les artistes eux-mêmes jouaient les rôles principaux (^).
C'étaient ces mêmes sculpteurs, qui travaillaient dans les loges, devant lesquelles ils jouaient maintenant, et dans lesquelles ils conservaient, en temps ordinaire, les décors et les masques (^). Le jeu de mystère est une mise en action qui précéda l'exécution des œuvres plastiques et des sculptures du chœur à Bois-le-Duc.
La première scène (quatorzième de la série des chapelles absidales), qui représente deux <ifi'ères de la Passion » est un symbole, un prototype de la trahison de Judas. Nous n'y voyons pas Jésus et son disciple infidèle embrassant son Maître, mais, clairement indiqué, Abner que Joab embrasse et tue aussitôt. Cette scène est assez connue ; nous n'y insistons donc pas. En regardant le baiser et la manière dont
l'un des acteurs donne un coup de glaive à l'autre, on reconnaît aisément le symbole de la trahison de Judas, le commencement de la Passion (/ig. 16).