I. J. F. D. Blôte, Das au/kommeti des Sage von Brabon
C'est Brabon, qui, d'après la légende, lutta contre les païens pour fonder le duché de Brabant. Il reçut sa place dans les gables de l'église, sur laquelle figurent tant de ses successeurs, ducs du Brabant.
En effet, non seulement sur le vingtième fronton, mais aussi à l'entour du chœur, au-dessus des contreforts se dressent des statues, dont les couronnes et les blasons anciens indiquent à première vue la dignité princière.
Ce sont également des princes du Brabant, Philippe-le-Bon et Maximilien, qui portent le glaive pour repousser les enne-
mis et les démons luttant contre l'Eglise et la sainte plèbe de Dieu {fig. 33 et 34).
Quatre statues de chevaliers, les armes et le blason à la main, existent encore actuellement à l'entour du chœur de la cathédrale. Toutes les autres statues de chevaliers et de princes, postées autrefois en rangs autour du chœur, ont disparu, soit à cause des intempéries, soit par suite des sièges successifs, que la ville dut subir durant les XYI^ et XV 11^ siècles, surtout sous le prince Frédéric Henri (').
Sylvius den Brabantischen Sch-wanritter. Amsterdam, 1904, p. 90.
I. Surtout en 1629 lors de la prise de la ville. — A. C. Duker, Gisbertus Voetius, Leiden, 1897, I" Deel, bl. 314. Auctuellement on voit encore les restes (jambes cassées, bottes) de ces chevaliers disparus.
Bebue tie r^rt cbrétten.
A la tête des chevaliers à l'entour du chœur se trouve encore actuellement le Grand-maître de l'ordre illustre de la Toison d'Or, l'empereur Maximilien, la couronne sur la tête {fig. 33). La raison pour laquelle on a placé les statues des chevaliers de la Toison d'Or à cet endroit est évidente, si l'on se rappelle que les chevaliers en question étaient les défenseurs de la Foi et de l'Église, et que l'Ordre a été institué (10 janvier 1430) «afin que par son moyen )) la vraie foi catholique, l'état de notre » sainte mère t Église, la tranquillité et la » prospérité de la chose publique soient,
compte de la liberté individuelle des artistes sculpteurs du XV^ siècle.
Il suffit de rappeler ces grandes statues des ducs du Brabant au milieu des person-
» autant qu'ils peuvent l'être, défendus, » gardés et conservés. »
D'autre part, il n'est pas étonnant de retrouver ces chevaliers sur la cathédrale en question ; ce fut dans cette église même à Bois-le- Duc que l'on célébra le chapitre de l'Ordre de l'année 1481 (')•
Il suffit de rappeler les types populaires, décrits ci-dessus dans les frontons des fenêtres hautes de la nef : les hommes sauvages, les chevaliers armés, les gardes du temple, les ducs du Brabant voisinant avec des anges, S. Michel, etc., pour se rendre
I Voir : Chronique de Cuperitius ms. aux archives de l'Etat, Bois le-Duc, A- 14S1. Les statues des chevaliers ont été placées après l'année 1481.
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Fig. 31
Chevaliers de l'Ordre
teutonique.
nages de la Bible (David, Cyrus, etc.) pour reconnaître que l'on est loin de la sévérité dogmatique du XI 11^ siècle et que l'on se trouve en présence d'un art populaire, qui permet de céder — dans l'iconographie sacrée d'une église — une place si digne à des personnages laïques. Sous le règne de Maximilien l'on a placé la statue de l'empereur à côté des anges-gardiens de l'église, car le prince du Brabant, dit Mo-
lanus (•), est le fils de l'Église et le garde de son culte.
L'auteur continue : « Il faut que les princes soient armés de leurs glaives pour protéger leur sainte Mère l'Église. »
I. Militia sacra ducum et prindpum Brabaniiœ, Antwerpiae \ç,io (Praefatio).
3L'iconograpl)te De la cari)éîirale De Bois le-SDuc*
Voilà des idées courantes à la fin du moyen-âge et dans la littérature et dans les arts figurés (fig. 34).
Le prince a reçu la même mission élevée que les anges gardiens du temple (').
Fig 33.
Empereur Maximilien.
En terminant nous avons le droit d'insister sur le grand intérêt qu'offre la sculpture des chapelles absidales. Le masque de nègre du roi mage, le diadème exceptionnel de la Vierge, les boucliers portant les têtes d'Héraclès et de Méduse, sont des preuves, rares mais incontestables dans leur ensemble, de l'influence exercée par les décors des mystères sur les arts plastiques.