‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 21 sur 130 · IO · texte numérisé non relu

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3acbue lie V^xt cl)rétten.

du Christ mis au tombeau. Nous croyons donc voir dans ces deux personnages, à habits courts, Ruben et Joseph. Joseph, image du Christ vendu et mis en prison, à côté de Ruben, pleurant près du puits, dans lequel Joseph a été jeté. La chapelle de la Vierge, adossée au bas-côté Nord du chœur a supprimé les frontons correspondants à ceux des chapelles latérales du Sud, où nous avons retrouvé les symboles qui annoncent les temps messianiques.

Autour du chœur, dans les écoinçons des gables surmontant les fenêtres hautes, se trouvent également des figures du plus

Fig. i8 Turc et Chevalier x^,^^

chrétien.

haut intérêt et beaucoup plus grandes que celles des chapelles rayonnantes. Dans un sens très large, on peut dire que la lutte des vertus et des vices est figurée dans ces groupes ; dans un sens plus restreint, c'est la défense de l'Eglise contre le sacrilège. Cette lutte, décrite et figurée tant de fois dans les écrits et les arts du moyen âge paraît bien être figurée également ici. Mais nous y trouvons aussi d'autres éléments : la littérature médiévale, la liturgie, et, en particulier, la liturgie de la consécration de l'église et des cloches nous manifestent l'idée, fréquemment exprimée au moyenâge, de la défense des temples sacrés et de la religion contre les hérétiques, lés sacri-

lèges et les démons. Le symbolisme religieux l'exprime également. Par le parfum de la doctrine, de la vie chrétienne et des prières qui montent au ciel, les démons sont chassés du haut des églises. Les prin-

ces et les chevaliers armés ont — tout comme les prédicateurs — la mission de rejeter les ennemis et les hérétiques, qui veulent assaillir l'église.

Suivons par ordre les groupes, qu'il nous reste à expliquer. Le premier sert d'introduction. Voilà deux guerriers en lutte. A droite se trouve un turc, portant le turban, un bouclier sur lequel se dessine un masque d'aspect effrayant. A gauche son adversaire,

un chevalier chrétien, repousse le turc de la maison de Dieu (fi£: i8).

Le deuxième fronton montre l'origine même de la lutte entre le bien et le mal : Adam et Eve portant la pomme. L'ange,

îL*tconograpJt)te De la catïjéîirale ôc Bots-le-Duc.

armé du glaive, repousse ces indignes de l'Eden, la demeure de Dieu et des hommes. (fig. iç).

Le troisième groupe représente des musiciens, armés de poignards. L'un d'eux foule

Fig. zi.

Bâtonniers de la

Confrérie de la Vierge.

aux pieds le dragon menaçant (fig. 20).

Dans le quatrième fronton nous remarquons deux bâtonniers de Xlllustre confrérie de la Sainte Vierge, qui avait, les comptes du XV^ siècle l'attestent, la charge de maintenir l'ordre dans les cérémonies religieuses et les processions.

Les courts bâtons, qu'ils portent, méritent toute notre attention. Ils sont entourés de fleurs, ornementation caractéristique pour les bâtonniers, disons les suisses du

Zijï/

moyen-âge. Leurs boucliers sont parfaitement en harmonie avec leur fonction; à droite, nous voyons le masque d'Héraclès, à gauche, celui de Méduse (fig. 21).

Le cinquième groupe représente deux anges, gardant le temple. Saint Michel (à gauche) porte à la main l'étendard et la lance terminée en croix ; il chasse le diable des hauteurs de l'édifice. Un autre ange (à droite) porte également le glaive protecteur (fig. 22).

La scène suivante répète encore la même idée.

Ce sont deux hommes sauvages, des guerriers fantastiques, des héros comme les fils d'Aymon etc., objets de crainte pour le peuple médiéval. Ce sont tout autant les tenants des armoiries de la ville, que les défenseurs de l'église de Bois-le-Duc U^i- 23)-

Les chevaliers des frontons 24, 28, jo portent, soit le glaive et le bouclier, soit le glaive seul, eux aussi, pour la défense de l'église contre ses ennemis {/'g. 24, 28,^6).

Au fronton central du chevet du chœur figurent un duc et une duchesse du Brabant. C'est très probablement Jean-Sans-Peur (i 404- 19), qui gouvernait nos provinces lorsque la cathédrale était déjà en construction.

C'est lui, qui porta le titre de protecteur de la foi et de l'Église et qui, à la tête d'un corps d'élite de chevaliers bourguignons et brabançons, entreprit une dernière croisade (1396). D'ailleurs il y avait une autre rai-

Bebue ïie r^rt tbrétten.

son toute spéciale pour perpétuer à Boisle-Duc la mémoire de ce prince : durant les ofuerres intestines du duché il se réfugia dans cette ville, qui lui était restée fidèle. Les armoiries françaises, que les princes bourguignons considéraient pour les leurs propres (') se trouvent aux piedsdu duc. L'ange, qui aurait offert le premier blason à trois lis au premier roi de France, est le tenant des armoiries en question

(fk- 25)-

Le neuvième groupe est plus clair que

les précédents. On remarque (à gauche)

David, portant la tête de Goliath ; à droite

se trouve Saiil, reconnaissable à l'hermine, qui couvre ses épaules et à la grandeur de sa taille. Aux pieds de David des filles d'Israël chantent en se rendant à sa rencontre, après la victoire remportée sur Goliath ; aux pieds de Saiil se trouve probablement le prophète Samuel (fig. 26).

Le fronton 27 est presque perdu. Une partie d'un chevalier portant un poignard et une femme noble, richement vêtue, à chevelure abondante y figurent comme des gardes du temple [fig- 2'j).

Le vingt-huitième groupe reproduit le vingt-quatrième.

I. De Larmesan, Les augustes représentations de tous lesroys de France. Paris, 1704, p. 68 sv. — Meyssens, Zct effigies des souverains,princes et ducs du Brabant avec leur chronologie, armes et devises, p. XLI-XLVI.

Le vingt-neuvième est plus curieux. Les vêtements richement parés d'ornements et de fleurs, le collier du chevalier à gauche rappellent le faste oriental. En effet, c'est le roi Cyrus, portant les vases sacrés du

Temple et les restituant aux Juifs en leur permettant la restauration de leur culte et de leur temple (I Esdras, I, 12).

Un ange portant un calice se trouve aux pieds du roi Cyrus. Aux pieds de l'autre roi, au contraire, on voit un serpent, indice du mal. Ce roi (à gauche) buvant dans un calice (vase sacré) et puni par Dieu (le ser-

pent l'indique) est indubitablement Balthasar (fig. 2ç).

Le trentième groupe ressemble au vingthuitième et vingt-quatrième.

Le trente-unième nous présente les plus illustres soldats-moines de l'Église, les

iL'tconograpl)te De la carl)ctiralc îie Boiôle 2Duc,

défenseurs de la Foi et des chrétiens contre les Turcs. Ce sont les chevaliers de l'Ordre Teutonique, bien connus à Bois-le-Duc, car ils habitaient dans les environs immé-

Fig. 27.

Chevalier et dame noble

diats de la ville, à Vught. Ils foulent aux pieds le dragon infernal, insidiateur de l'Église (^fig. 31).

Nous voici enfin parvenus à la fin des frontons des fenêtres hautes du chœur. Le dernier groupe, qui termine la série, représente un géant, accompagné d'un cygne.

Vis-à-vis de lui se dresse un chevalier battu. C'est le groupe héroïque de Brabon Sylvius, le fondateur du Brabant, le Lohengrin

du moyen-âge. Brabon Sylvius, à l'allure d'un homme sauvage, est accompagné du cygne, qui sur le Rhin, lui avait montré la route à suivre pour arriver à Nymègue (') {fig-32).

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