MALINES
Goede Lepeleere.
Maison Quai au Sel.
aigus et dentelés, et y introduire des moulures de frontons. Elle commence par intercaler entre les pinacles traditionnels des couronnements cintrés et des rampants en quart de rond se raccordant avec les cordons larmiers, comme on le voit aux curieuses lucarnes et au joli pignon de la maison « Het Hemelrijk » ('), rue Notre-Dame à Malines, construite en briques et en pierres à l'aube de la Renaissance, édifice unique
I. Voir le Bull, des ateliers darl, 1905, p. 262 , et l'album de de Noier.
en son genre à Malines, et très curieux au point de vue de l'histoire des pignons brabançons ('). Puis ces rampants en arc de cercle s'infléchiront en tracés festonnés, comme à la façade de l'église des Frères Prêcheurs d'Anvers, élevée en 1530 par Dominique de Waghemaker et à la loggia de l'Hôtel de Ville d'Alost, ou en lignes sinueuses comme à la maison des Bateliers
I. Ce pignon n'est nullement isolé ; il y en avait deux pareils à Anvers, actuellement disparus, mais reproduits dans Y Album de la Ville d'Anvers de Linnig, l'un rue des Saucisses, l'autre Marche au Bétail.
îLes maisons anciennes en Belgique.
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Maison « de Goede Lepeleere » à Maliaes.
de Gand, qui est le chef-d'œuvre du genre et qui suivit d'une année l'œuvre des Dominicains d'Anvers.
Les façades anversoises des maisons ordinaires offraient des clairevoies de fenestrages à fleur de mur à l'instar de celles de Gand. On en voit de fort belles séries rue des Rôtisseurs et rue au Fromage ; on en rencontrait d'autres jadis rue de la Prison, près du pont aux Anguilles, etc.
Maison il/tt Hemelrijkii, à Malines.
Rappelons ici le précieux ornement que font, aux vieilles maisons des coins de rue d'Anvers, les gracieuses niches à tabernacle où la dévotion populaire entretient fidèlement des lumières en l'honneur de la Vierge.
Parmi les maisons anciennes à Louvain il faut citer le fameux logis de Jansénius, flanqué de deux tours, dont la base remonte au XII^ siècle, mais dont l'ensemble oftre les caractères typiques du style brabançon ; puis la maison de la famille Van t' Sistich (vers 1 5 1 6) avec son grand pignon à fenes-
î^ebue lie r^rt chrétien.
trages aveugles en briques. A Diest ont subsisté jusqu'au siècle dernier la maison à façade à pans de bois, dite \ Arche de Noi\ qui datait de 1435, le Spycker, et une série d'autres vieux logis (').
Nous reproduisons plus haut le refuge de Tongerloo.
La physionomie du vieux Bruxelles et son architecture domestique se révèlent dans la vue prise en 1732 du quai au Sel, qui est conservée dans la collection d Aremberg ; on y retrouve les traits ordinaires
Manoir de Cleydael.
de l'architecture privée brabançonne, telle que nous l'avons définie.
De cette vieille architecture il reste bien peu de spécimens ; le plus complet est l'humble et pittoresque logis de la rue Ravenstein, déjà cité, dont l'étage présente un énorme surplomb, porté par des consoles à ressauts multiples. Il côtoie l'opulent hôtel de Philippe de Clèves, dont il faut
I. Citons encore Het Torentje, près du cimetière, le Burght {\(io6), Marché aux grains. La maison de \'Empereur, Grand'place (1616), etc.
signaler les deux élégantes loges fermées, en saillie sur la rue Terarken. Ici éclate toute la hardiesse de nos savants appareilleurs du XVe siècle. La forte saillie des décharges semble avoir été fréquente en Brabant ; on la retrouve à une façade de la rue des Dominicains à Louvain.
Au XVI L siècle les maisons de la capitale gardaient plus ou moins les traits traditionnels, qu'on retrouve dans la maison formant le coin du quai aux Briques et du Marché aux Pois. La rue du Marché aux
îLes matsonis anciennes en Belgique.
Herbes offre encore un ensemble charmant de pignons évoquant les temps passés.
Quoique nous ayons tenu à écarter de cette étude les maisons seigneuriales, nous donnons une vue du manoir de Cleydael sous Aertselaer, qui présente, dans le détail de la construction, un bel ensemble de traits
caractéristiques du style brabançon ; maçonnerie en briques zébrées de cordon en pierre, croisées à chaînes de pierres blanches, munies d'une traverse à larmier pour abriter les volets, lucarnes à gradins avec pinacles, etc.
(A suivre.) L. Cloquet.
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Retour à la traDition liturgique.
LA suite de notre article <LRetour à la tradition liturgiqtie », paru dans notre livraison de mars dernier, nous J avons reçu différentes communications qui témoignent du vif intérêt que le clergé porte aux questions que nous avons soulevées.
Monsieur l'abbé E. Van der Heyden a eu la bonté de nous communiquer le plan que nous reproduisons, et sur lequel il a bien voulu indiquer, d'après ses propres relevés, comment les autels du XV^ siècle des chapelles absidales de la collégiale de Saint-Pierre à Louvain se trouvaient disposés, se conformant approximativement à la règle de l'orientation. On trouvera ici la solution toute simple d'une difficulté récemment soumise aux délibérations de la Commission royale des monuments (').
Le même correspondant nous signale une disposition adoptée dans une église brabançonne, pour concilier les desiderata quasi contradictoires, qui regardent le crucifix de l'autel, le tabernacle et le repositoire. « Le retable en pierre a une épaisseur suffisante pour servir de support au crucifix, qu'on trouve ainsi élevé à l'arrière du tabernacle et suffisamment visible.»
Nous-mêmes avons, dans une église paroissiale, satisfait d'une manière analogue aux prescriptions liturgiques. Derrière l'autel, qui est isolé, nous avons placé une courtine suspendue à un appareil en cuivre analogue à ceux qui, autrefois, entouraient quantité d'autels; la courtine est portée par quatre montants de cuivre ; les deux médians se réunissent en une souche qui porte le crucifix. Le tabernacle est surmonté d'un couronnement pyramidal, comme c'est recommandable pour la suspension décente du conopé. Mais ce couronnement est amovible, en vue de l'exposition du S. Sacrement; pour cette exposition, on enlève le couronnement, et il reste une plateforme sur laquelle on place la remonstrance abritée par un dais.
I, Voir Revue de l' Art chrélieii , année 1907, p. 404.
Nous avons, avec toute la respectueuse réserve à laquelle nous sommes tenus, parlé dubitativement de l'usage d'un autel spécial ou d'une armoire pour la réserve eucharistique. Notre correspondant nous objecte le Rituel romain, la lettre du préfet de la S. C. des Rites aux évêques de Belgique en date du 21 août 1863, et l'ordre énoncé au n° 245 des statuts diocésains de malines; suivant ces décisions, le tabernacle doit être placé au milieu d'un autel, et nous n'avons pas connaissance d'une décision annulant celle de
Chœur et chapelles absidales de Saint-Pierre à Louvain.
1863. D'autre part la Congrégation des Evêques et Réguliers prescrit que : « Tabernacukim SS. Sacramenti in parochialibus ecclesiis débet esse in altari majori regulariter tamqiiam digniori . . .y» Un autre correspondant ecclésiastique nous fait remarquer, que le décret, qui dit i.regjilariter », pose une règle générale, qui peut souffrir des exceptions. L'exception ne serait-elle pas dûment motivée dans les paroisses populeuses, où l'on doit distribuer la Ste Communion durant la messe ? Sans que nous entrions dans le détail, tout desservant se rend compte de la complexité qui résulte alors de la présence du tabernacle au maître-autel. D'ailleurs, on nous fait remarquer, que Baruffaldus (lit, XXIII) et Cavalieri (tome IV, déc. 102) sont d'avis que si la distribution
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de la communion trouble les offices, on ne doit pas placer le tabernacle sur le maître-autel.
Encore une fois, en soulevant ces questions, nous n'avons nullement la piétention de suggérer des solutions, mais seulement le désir de provoquer parmi les intéressés l'examen de la question, et mieux encore, si c'était possible, des la part de l'autorité, la mise au point, dans de termes concordants, de la réglementation compliquée qui résulte des nombreux décrets promulgués. L. C.
Gjlises sucDoiscs (')•
A Scandinavie a conservé fidèlement des vestiges notables des premiers civilisateurs et en particulier du christianisme naissant. Notre correspondant, M. Lorenzen a commencé à nous faire connaître les types des vieilles églises danoises, en particulier les églises rondes, d'inspiration orientale (2). Nous trouvons des données concernant les anciennes églises suédoises dans une curieuse notice de M. Evvert Wrangel sur les églises du moyen-âge de la province de Smàland.
On comptait dans cette région environ 165 églises antiques ou médiévales, dont le tiers en bois. D'ailleurs quelques églises en bois ont été élevées, ou plutôt reconstruites, depuis la Réforme et même à des époques récentes.
Quelques-unes de ces églises à étoffe ligneuse ont possédé un chœur lapidaire dès le moyenâge (ex. : à Bankeryd, Haurida, Tannâker). Parfois la moitié de l'église est en charpente, l'autre en maçonnerie, comme à Solberga. L'une d'elles, particulièrement curieuse, celle de Bosebo, a été transportée au musée de l'Histoire de l'art de Lund. Les tours en pierre des églises en bois sont plus récentes que le temple.
Actuellement il en subsiste une vingtaine en bois. L'une des plus curieuses est celle de Pjetteryd. Ses murs sont formés de traverses sur lesquelles est cloué un double bordage de madriers verticaux, et dans l'interstice, un remplage
1. Ewert Wrangel, Les églises du moyen-âge dans la province de Smàland (Suide). Aktieb: s Arrendator, Jbnkôping, 1907.