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V. Revue de tAri chrétien, année igo-f. planche II

Cl)rOntCïUC. sommaire: écoles saint- LUC: Liège, Bruxelles-Saint-Gilles, Mous. — MONUMENTS ANCIENS : Mont Saint-Michel, Orléans, Vendôme, Pont-à- Mousson, Rome, Algérie, Amerschwir, Bruges. — ŒUVRES NOUVELLES : Église St-Michel à Bruxelles. — FOUILLES ET DÉCOUVERTES : Rome.

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écoles SainMïuc.

Liège. — Depuis longtemps on se plaignait de l'insuffisance des locaux de l'école. Un vaste terrain a été acquis dans la rue Sainte-Marie et les fondations des nouveaux bâtiments commencent à sortir de terre. A l'occasion de la pose de la première pierre Mgr l'évéque de Liège prononça le discours suivant.

Il importe que, de notre temps, les écoles professionnelles se multiplient, qu'elles nous donnent des ouvriers d'élite, des artisans de valeur, de véritables artistes, — des artistes chrétiens, dont les œuvres ne soient pas seulement une satisfaction pour le regard, mais aussi un enseignement de foi, une constante suggestion de bonnes pensées.

D'autres écoles d'art que celles-ci existent dans le pays. Sont-elles toutes des instruments d'édification ? Y fait-on la part due à la foi ? Certaines d'entre elles ne semblent-elles pas, au contraire, entrées dans celte conspiration générale contre les idées chrétiennes, dans cette conspiration de l'impiété qui se révèle à la fois par la presse, par la parole et par l'art ?

De ce côté-là, plus d'idéal supérieur à la matière ; plus d'idéal surnaturel. Copier la nature servilement, ou plutôt reproduire ce qui s'offre en elle de plus bas, de plus grossier ; répondre non aux besoins du cœur humain et aux élévations de l'intelligence vers le beau, mais aux instincts brutaux de l'animalité, voilà ce que poursuivent de prétendus artistes !

L'art, ainsi entendu, n'est plus un élément de civilisation ; il recueille, il répand la corruption, l'impiété.

Les écoles St-Luc ont pour but de former des ouvriers, des artisans capables, des artistes même, mais groupés dans la profession d'un art qui ne se sépare point de la religion, qui marche avec elle, s'inspire d'elle, l'honore et la fait aimer.

De là, en ce moment, la joie que j'éprouve d'avoir à bénir cette première pierre ; d'avoir à féliciter le Comité, son président, M. le comte de Geloes et tous ses collègues, des démarches qui ont abouti à ces travaux, et de l'assurance que nous avons qu'ils les conduiront à pleine terminaison.

Mes remerciements aussi aux maîtres de l'Ecole ! Est-il besoin de louer encore leur dévouement, leurs sacrifices, leurs talents ? Ces maîtres sont assez connus, leur idéal aussi reste bien au-dessus de nos éloges : pour prix de leur renoncement, ils ne demandent ici-bas que la satisfaction de faire le bien : mais qu'ils y songent ou non, l'estime profonde, la reconnaissance des hommes de cœur, de progrès et de foi, les suivront partout,

De cette tâche de haute culture à laquelle ils s'adonnent, si généreusement, c'est vous, chers élèves, qui recueillez les fruits. C'est chose déjà faite pour les anciens. Dans les carrières où ils sont entrés, où ils se sont fait connaître, ils se sont montrés dignes de l'Ecole Saint-Luc ; leur cœur est resté à la hauteur de leur intelligence. Continuez donc en multipliant les œuvres de

talent, à développer l'esprit chrétien, à vos foyers, dans vos ateliers, tout autour de vous.

Que. ceux qui vous suivent apprennent de vos exemples, en même temps que des leçons de leurs maîtres, à ne point céder au matérialisme du jour, au courant d'impuretés qui traverse la société.

Donnez-nous des demeures qui unissent le caractère vraiment esthétique au confort légitime ; meublez-les, décorez-les pour la famille, de telle sorte que rien n'y puisse susciter le moindre trouble dans le cœur de l'enfant le plus pur et le plus innocent.

Faites surgir du sol belge des églises où revivra l'art admirable de nos pères, et où la pierre deviendra la démonstration de la foi.

Erigez-y des autels où votre pinceau, votre ciseau retraceront l'histoire de la religion, le récit des grands événements qui l'ont illustrée.

Que vos ostensoirs, vos ciboires, vos calices, délicatement ciselés, soient les monuments de votre piété, de votre dévotion, et contribuent, par leur éclat, à imposer un respect sacré pour le Dieu eucharistique !

Etiforcez-vous de rendre dans vos statues de Marie, la beauté suprême et la bonté sans égale de la mère de Dieu, notre mère. Peuplez nos sanctuaires d'images de saints qui excitent en nous la piété, nous rappellent la puissance de leur intercession, nous animent du désir de les imiter.

Donnez-nous surtout, donnez-nous ces christs devant lesquels on ne puisse se mettre en prière sans être profondément touché des souvenirs de la Passion du Sauveur, pénétré de repentir des fautes commises, et d'espoir en son infinie miséricorde.

A travailler de la sorte, vous ne serez point seulement des maîtres artisans, des artistes, honneur de leur profession et de leur Ecole, vous serez des apôtres (').

Bruxelles (St Gilles). — Le thème du discours prononcé par M. G. Francotte à la distribution des prix de l'école Saint-Luc de cette année peut se formuler comme suit : La nature est la vraie source d'inspiration de l'art, et il n'est aucune école qui ne prétende puiser à cette source. Mais combien pourtant se méprennent à ce sujet. Aujourd'hui un seul enseignement préconise la véritable inspiration de la nature : c'est l'enseignement de l'école Saint-Luc.

L'exposition de l'Institut Jean Béthune confirme ces paroles à l'évidence. Elle montre des œuvres de métiers variés : la mosaïque, le vitrail, le papier peint, la peinture décorative, la sculpture, les arts textiles : dentelle, guipure, tissage, etc. Ces derniers sont particulièrement bien représentés.

Partout nous voyons la même méthode appliquée: l'observation de la nature. Ainsi l'élève a-t-il à interpréter un sujet tiré de la flore, nous le voyons descendre au jardin

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