‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 5 sur 130 · Histoire, p · texte numérisé non relu

Histoire, p

comte donne aux bénédictins le terrain in quo hec eadetn ecclesia sita est vel monasterio ( sic ) fundatus ('), et tout le territoire environnant.

Les noms des saints patrons de l'église monastique y sont indiqués ; parmi eux et en premier lieu se trouve saint Sébastien. Or, nous savons que l'abbaye fut tout d'abord sous le vocable du glorieux martyr ; mais, après la mort de saint Dominique, c'est-à-dire vers la fin du XI' siècle, nous voyons ce titre s'effacer peu à peu devant le nom du saint abbé, pour disparaître enfin complètement. Toutefois l'église abbatiale garda et conserve encore aujourd'hui le vocable de Saint-Sébastien.

Nous venons de dire que, par la charte en question, le comte de Castille donnait aux bénédictins le terrain sur lequel était bâti le monastère, et d'autres domaines encore ; de ceci D. Férotin donne une explication des meilleures. Au commencement du X" siècle, les Maures étaient maîtres de toute cette partie de la Vieille-Castille qui forma plus tard, au nord du Duero, le district de Santo-Domingo de Silos. Mais le vaillant comte s'en empara ; et c'est alors très probablement qu'il fit aux moines de Silos la donation d'une partie du territoire qui lui appartenait par droit de conquête.

Le privilège de Fernan Gonzalez mentionne un certain Placentius ; c'est le premier abbé connu du monastère de Saint- Sébastien de Silos. Quelques autres noms d'abbés, antérieurs à saint Dominique, nous ont été également conservés ; mais nous savons peu de chose à leur sujet. II faut arriver au saint que nous venons de nommer pour avoir abondance de faits et

I. L. Férotin, Recueil des char/es de l'Abbaye de Silos, Paris, 1897, I"'' charte.

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voir commencer la période de gloire monastique de Silos.

Saint Dominique naquit au commencement du XV siècle à Canas, petite ville de la Rioja, province qui faisait alors partie du royaume de Navarre. Il revêtit l'habit monastique dans le monastère de Saint- Èmilien, et fut nommé abbé de Silos par Ferdinand le Grand, roi de Castille et de Léon. Son gouvernement dura bien près de trente-trois années (24 janvier 1041 au 21 décembre 1073). Grâce au récit d'un de ses disciples, le moine Grimald, nous savons que l'œuvre du Saint fut considérable. En même temps qu'il donna tous ses soins à l'édifice spirituel, il restaura le monastère confié à sa garde, nous dit le biographe ; il reconstruisit ecclesiam et otnnia nionasterii habitacula, ajoute-t-il bientôt. Quoique ce texte ne soit pas absolument clair, la restauration, croyons-nous, équivalut à une reconstruction à peu près totale (").

Les historiens des derniers siècles et ceux qui se sont occupés de Silos, depuis vingt ou trente ans, ont presque tous considéré le cloître inférieur comme étant aussi l'œuvre du Saint, comme ayant été construit sous son abbatiat. Plusieurs de ces historiens, y compris le meilleur de tous, Dom Férotin, pour avoir été peu ou point archéologues, ont fait remonter également au saint abbé différentes pièces du mobilier liturgique de Silos. Nous croyons avoir montré dans notre volume sur le dit trésor (=) que le calice ministériel est la seule pièce existante

1. i. Quam decenter monasterium sibi commissum, peneomni re necessariadestitutum spoliatumque restauraverit ; quam eleganter ecclesiam et omnia monasterii habitacula pêne vetustate consumpta ac semiruta, cum nimio labore gravique angustia... reedificaverit et pristino melioratoque restituerit... » Vita beali Doininici, cité par D. Férotin : Histoire, p. 42.

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