‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 6 sur 130 · D Ancien Trésor de t Abbaye de Silos, Paris · texte numérisé non relu

D Ancien Trésor de t Abbaye de Silos, Paris

qui ait été faite sous le gouvernement de Dominique (').

Il importe de noter que, du vivant du saint abbé, un bon nombre de captifs maures ou arabes, « Saraceni » d'après Grimald, travaillaient dans l'abbaye. Comme D. Férotin l'a fait remarquer, ils étaient probablement un don du roi Ferdinand I^"^ à son ami Dominique.

Le saint mourut en 1073. Son corps fut enseveli dans la gfalerie nord du cloître, à l'endroit où s'élève encore aujourd'hui un monument funéraire commémoratif de la première sépulture. C'est là qu'il reposa ^per quedam annortim curricula'^, nous dit Grimald. Mais les prodiges éclatèrent si nombreux à son tombeau, que le corps fut transféré solennellement dans l'église en 1075, d'après Fr. Juan de Castro (''), en 1076 d'après D. Férotin.

Fortunius, successeur immédiat du saint abbé (1073-1 1 16), fit consacrer l'église en 1088. Parmi les prélats qui assistaient à la cérémonie se trouvaient le Cardinal Richard, abbé de Saint-Victor de Marseille, et Pierre, archevêque d'Aix, ancien bénédictin du même monastère.

Il n'est guère moins intéressant de faire remarquer « que les Français, généralement désignés en Castille sous le nom de Gascons, accoururent en grand nombre en Espagne vers la fin du XI^ siècle, à l'appel d'Alphonse VI, qui s'en servit pour lutter contre les maures et peupler les contrées nouvellement conquises. Un quartier de Silos porte encore le nom de Barbascones,

1. Le style de ce calice et la forme dédicatoire gravée sous la collerette du pied ne permettent aucun doute sur l'époque à laquelle il appartient.

2. El glorioso thaumaturgo espanol... lib. II, cap. I. Le père Juan de Castro, moine de Silos, écrivit cette vie de saint Dominique au XVIP siècle. Elle fut imprimée à Madrid en i6SS.

Bebue lie r^rt chrétien.

c'est-à-dire faubourg des Gascons ('). »

Le XI I" siècle qui fut un siècle prospère pour l'abbaye ne nous a transmis qu'une charte mentionnant — et rien de plus — le cloître de la fameuse abbaye ; ce document de 1 158 établit la distribution des revenus du monastère par l'abbé D. Petro, entre autres les revenus operis claustri {').

A propos du cloître, nous sommes heureux de dire qu'en étudiant les documents réunis dans l'énorme cartulaire de Silos, nous avons trouvé la mention d'un certain Dominiciis operarins (1175)- Ce religieux pourrait bien avoir été l'intendant ou le proviseur de la fabrique du cloître supérieur.

En II 70 naquit saint Dominique de Guzman, fondateur des Frères- Prêcheurs ; c'est une faveur que Jeanne d'Aza obtint à Silos, en priant devant le tombeau du saint abbé ; en actions de grâces évidemment le nom de Dominique fut donné à cet enfant prédestiné dont la gloire devait surpasser de beaucoup celle de son saint patron.

Le monastère de Silos était encore puissant au XII P siècle, et faveurs et privilèges lui furent alors accordés par les Souverains Pontifes aussi bien que par les rois de Castille. Son plus grand abbé, après Dominique, appartient à cette époque ; c'est D. Rodrigue Yenenguez de Guzman, plus connu sous le nom de San Rodrigo ; il gouverna le monastère pendant trentequatre ans (1242 à 1274). Il n'est pas inutile de relever qu'à la fin du même siècle Silos (3) et saint Dominique (^) sont men-

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