‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 91 sur 130 · Matih. X. i · texte numérisé non relu

Matih. X. i

2. Dans son G^/«w<7 ^îw:w(P (Migne CLXXI), Honorius d'Autun émet celle asseriion : Virgaabbali conreditur quia ei Iradiuir Donrinici gregis cnsiodia. Hujus baculi flexura non ex albo, sed ex nigro debel esse, quia in conimissura cura non débet mundi gloriam queerere. Suniniitas curvaluras debel esse sphœrica, quia ejus disciplina debel esse deifica. » De ce texte faut-il conclure que la crosse de la collection Bouvier n'est pns une crosse abbatiale ? Ce serait trop affirmer en vérité. Sans doute, Rohault de Fleuiy, dans la Messe, cite des types qui semblent appuyer la façon de voir d'Honorius. Ainsi, pi. DCXLI II, 8'^ vol , l'abbé figuré dans le Lect^onnaire de Didier, porte un bâton pastoral dont la hampe est rouge et la volute noire. La pi. DCXL, du même vol. reproduit encore une crosse dont la volute est formée d'une corne de chèvre ; enfin le manuscrit 130 de la bibl. de Dijon momie dans les mains de deux abbés, deux crosses ayant chacune un nœud rouge el le reste noir. Par contre, les Mélan^^es d' Arch., vol. IV, tant de fois cités au cours de celle étude, donnent dans le traité du bâton pastoral, le tau de Morard, abbé de Saint-Germain des Prés, fig. 40, cl la crosse de Gauthier de Poiitoise, fig. 82 ; or tous deux soni en ivoire. Par ailleurs le Voyage littéraire de deux bénédictins de Saini-Maur nous apprend qu'à Cluny, on conservait la crosse de S.iint-Hugues et qu'elle éiail de bois recouvert d'argent dont le dessus était d'ivoire. Ces p.iroles, quelque peu obscures, permetlent cependant de soupçonner que celle dernière madère consliluaii la volute. Quoi qu'il en soit, à Berzé les deux abbés de Cluny que montrent les peintures de celle église, tiennent des bâtons pastoraux très forts ei la teinte adoptée par le peintre indique certainement l'ivoire ; l'une de ces crosses est de plus term née par un feuillage en forme de trèfle, ce qui va nettement à l'enconïre des dires d'Honorius. Pour ma part, je n'a: rencontré la terminaison en sphère, obligiloire selon lui pour le bàion abbatial, que dans la fig. 87 des i1/(f/<2«4rj-, vol. IV. Les assertions de cet auteur sont donc quelque peu forcées et en réalité, d'après les monuments, tes abbés ont pu faire confectionner leurs croîses dans la formée! la matière qui leur convenaient.

chassant sans doute autrefois, des gemmes de couleurs variées ou de ces pâtes de verre de teintes diverses si fréquemmenl employés au moyen âge.

Cette décoration riche et brillante n'est pas sans exemple, et il me semble la reconnaître Fur une crosse que porte l'un des deux abbés de Cluny figurés dans une peinture murale de la chapelle du château des moines à Berzé-la-Ville (i).

La volute presqu'cn totalité hexagonale, s'arrondit ensuite. Au point précis où s'opère ce changement, elle finit par un bourrelet dont la partie supérieure s'allonge sous forme de languette contournée ensuite en crochet feuillage

La partie ronde sort de la première comme d'une gaine et constitue le corps d'un serpent dont la tête féroce darde une langue énorme jadis peinte en rouge.

Au dessus du nœud, un volatile somnolent ou blessé se dresse contre la base interne de la volute qu'il semble soutenir du cou et de la tête, à l'endroit même où paraît le corps du reptile (2).

Enfin le centre de la crosse est occupé par im coq dont l'attitude est absolument celle de cet oiseau lorsqu'il se livre à des luttes acharnées avec ses compagnons de bîsse-cour. Ses ailes .s'at^itent, sa queue .=e redresse et s'étale, ses pattes sont projetées en avant dans le but de blesser l'ennemi et de le mettre en fuite ; de son bec enfin il saisit fortement le dard du serpent et s'efforce de le lui arracher.

Symbolisme de la crosse.

Or, il n'y a pas de doute, le serpent, dans cette scène, symbolise le diable. «Serpens, ce sont les paroles de Rupeit de Diutz, idcirco dicitur, quia primum hominem ciecepit serpentem animantem ingressu,-. (3) (Gen,, IIl). » L'ivoirier a donc donné au démon la forme de l'animal dont il détient le nom.

T. Il s'agit de l'abbé voisin du martyre de Saint-Biaise Les alvéoles de la crosse d'Amiens sont entourées chacune d'un cordon de petits cercles non tangents. Celte décoration qui se retrouve sur le nœud et le corps du serpent, est due soit à la peinture, doit à des ncrusiations de mastic coloré Les fig. 51 et c2 du bâton pastoral {.Méianges a'iirch.^ vol. IV) en présentent de beaux exemples.

2. Ce volatile indépendamment du rôle qu'il joue dans la crosse au point de vue iconographique, a été disposé de la sorte ainsi que le crochet feuillage, pour relier en Ire elles les diverses parties de a voiule cl lui donner plus de solidité

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