‹ Les églises de l'arrondissement d'YvetotChapitre 20 sur 36 · LE I.LOITBE ET LE RÉFECTOIRE · texte numérisé non relu

LE I.LOITBE ET LE RÉFECTOIRE

Le elottre de Saini-Wandrille est un àts plus magnifique* raonm de ce genre qal ail échnppf' au vanJalisiuc îles derniers tempi. C*e) titr, après celui du Mont-Sain t-Miebel, le plus beau de la ?{orinandje. f ton architecture, il a la plus grande re«Ecmblanee avec le rloltre capttslalre de la cathédrale de Canlorbérï- Tuule la France, disons nlieoi, l'Enrope entière, oet connu et admirt le nAtre, grAcc au crayon de nos ariiila, «rict surtout aui ingfnieui practdi^s de MM. Boulon el Ua^uerre, vcnteurs du Diorama.

Ce rloltre en d'une régularité parfaite et d'un effet magique, il n naciciDcnl Ica usages primltlTs de la vie claustrale des anciens, danii les monument* monastiques, il a khappé ï la double destruetfon M réformaieurs et des révolutionnaires. Il paraît avoir été construit au IIt*fl au (VI' sitcle, comme celui de SalnL-Ouen de Rouen, dont o rétablir le deniier échantillon.

L'abbé La Uoubtie construlsil la galerie du sud, de 130<-13IS. Le r est dû au dernier abbé régulier, le vénérable Jacques Hommet, raort É tim, et E'irtout au prieur Guillaume Lavieilte, décédé en 1S3I.

Au cAlÉ Sud iionl cinq arcades el cinq voûtes du xiv> sih'le ; an cM1| sont sept voûtes du ivi* siècle et sii fenêtres bien conEervées et I boTaniei ' ; au rdté Nord sepl voûtes et sept renétres du ivid siècle -, • Ouest sept voûtes et sit fenêtres du même temps.

Au cAlé Sud, presque A l'angle de celui de l'Est, se iroate la platfi parle du iiv« siècle que j'aie vue de ma vie. Cette ogive, qui eommnnlqa avec l'église, est encore couverie de ces vives peininres doni les Ife* cl liens savaient revoir leurs églises, au-dedans comme au-debors. Sur k tympan est sculptée une Trinité. Dieu, le Pire, couronne son Fils, el ndessus d'eui règne le Saint-Esprit. A droile cl à ganche on volt les imafS d'un abbé et d'une abbesse i cV-sl peut-être saint Wandrille el sainte An- Ireberle ou saint Benoit et sainte ScolasLique, Des aogei surmonlent rtW KbwB céleste.

La voussure se compose de Unes colonneitcs et de quatre rang«de feoilln épanouies, surtout de feuilles de vigne, petites et aplalies, mais du plus joli style que l'on puisse Imaginer. Sli statues de saints s'éiaïeni dans de* niches, quatre apôtres au bas et deui éièques au sommet. Ce sont peal-Mrt les quatre Êvangélistes avec sainl Pierre et eaini Paul, ligaréi ei

' Dans cetic galerie une planche de sapin eonierve modesieilMi tenir du la visite que lil aui ruine» di' ^nliil-Witndrille Caroline A <l 1. durheite Ht Perry. k 27 juilttl 1821,

à gauche de a

t lieux nKbet

' sièele; 1

au htui de l'EglîM. A droite ei vid«, du uc fiicte.

Anprti de celte porte m loil adottée contre le mur, ei coticham, une grande slalue de la Vierge dans le goùE du couraimeen léte, elle supporte d'uue main l'Enfanl Jésus el de l'anlrc reltve lu manteau bleu dont elle est couverte psr-ile9sus ss robe ranime mninleoue par une ceinture dorée h loups pendants. Cette robe, suivant le luie du lempi, est dinprâe de la^es fleurons d'or '. •

Dans le cAlé Est, au pied de celte image, le voit une pierre tombale du un* titcle, i demi arrachée du sol et lur le point d'Sire dispersée comme tant d'autres. C'est, dit M. Langlois qui l'a voe en place en 182S, la tombe d'un rellgleai nommé Jean, premier bailli de Fontenelle et vénéré pour »ea vertus. On j lit à grand peine l'inseripti eenleiimo bis octuageno'gemma monachoi nuDC... Fontanells ballivus vir sine... clemc

suivante : n Anno milleno I mIgTBvit et archa bonocBstns,... iidelis, bone^tus,

înodestut ; Het Fontanelle, nada jacet pa... cellt in cœlicâ pairil detur et gloria. Amen '. ■

Tne autre tombe a disparu de ce dollre: nous voulons parler de celle de rinftmc de Gruchî, qui l'était allié avec des brigands pour voler le trésor et la bibliuthëqne du monastère. On rapporte, qu'avant été inhumé au bti de la galerie orientale, prts de la porte par oti II introduisit les voleurs, un ■ TU long-temps naître sur sa tombe une telle quantité de crapauds, que In moines ne pouvaient sutBre k le* faire disparaître.

Dans la galerie du nord est un maRnifique lavabo en pierre, travail de la Renaissance. Une singularité qui Trappe tout le monde, c'est, dans l'amor- Utsement de l'ogive, une tôte de moine avec capuchon muni d'oreilles d'âne. • Cette fontaine, chef-d'œuvre de l'aurore des arli parmi nous, n'est pas moins élégante dans son ensemble que dans ses arabesques, eiquis, compris sous le cintre surbaissé qui couronna la totalité de cette ebarmante composition. Ces sculptures délicates sont divisées en sii panneaui, dont chacun offrait un écnsson armorié occupant le centre de l'ogive. Quelque soin qu'on ait pris d'en gratler les blasons, il est encore aisé de reconnaître dans l'un de ces écui les arme* de Louis XII, écartclées de France et de Bretagne. La base de celte riche décoration se com)H>se d'un baaain oblong, formant une espface d'auge dans laquelle sii robiuelt versaient Jadis une eau pure et limpide. Cette eau circule encore de toutes parti dans les édlGces de Fontenelle, par des canaux renfermés dans les mure, précieuse ressource que les reJigieui durent également à la paicrnelle sollicitude de Jacques Hommet. Dans l'intérieur du réfectoire un bassin semblable, mais sans ornement, est pratiqué dans l'épaisseur de la muraille et correspond à celui dont oous venons de parler '. «

Près du htvabù du cloître est l'entrée qui conduit eu viens réfectoire de» moines. * Ce riclie portail du tTi< siècle, se compose de deut baies h cintres Hirbatssés et partagés par un pilier iinement sculpté. Malheureusement

■ Eaai.

lOt,-

' Id-, p. 88.

ce poriail esl «urmanU d'un couronne ment ilonl le dMSin, mol1s«*e H loormenté, oOte le mauvais goûi qui présidait à la même époque aux enMdrcmeotsdei FenAlres de la Jolie tourelle du palBiE-de-josiIce de noacn '. ■

Le réfecloire où nouf entrons a plus de 33 mèlres de long, inr une hauteur analogue. Il est éclairé au nord par huit belles fenélret du iv* lièclti Jadis décorées de Ggures de saiDls peints en );risail]c sur des Tondi de Tems blancs, DeoicAlésde celle belle salle sont lapissés de cintres inlerséquei qai relombent sur des colonnes romanes du plas beau travail dn m* siècle.

Les moines des derniers temps avaient noyé dans le plAtre cet admirable travail, et c'est M. Lcbrelon qui a Tait sortir récciumeal ces colonaea et ett arcades du linceul iidI les enveloppait. Nous pensons que ce placage paraallé éuii l'œuvre de l'année 1674, où l'on fil réparer le réfecloire pour «ïr» plu» propre el plui commode '.

* Ce rérccioiro n'est point voûté en pierroj on simple assemblage de charpente s'élève en tiers-poinl, c'est-à-dire en décrivant une ogive depuis le haut des murailles Jusqu'au Cattage qui esl Tort élevé. Ce qui taii, comme dans la grande salle du palais-de-Jastice de Rouen, ressembler cette coat- (TDCIion k la carcasse renversée d'un vaisseau. L'eilrémîti orientale de cette vaste pièce était ornée d'une grande composition du peintre rouenBaii Daniel Ilallé, eiécaiën dans le ivii* siècle. Elle éiaii d'une belle onloa- nancc, et elle repréieniaiL le miracle de la ^Multiplication tUt Paint. I a reproduit dans plusieurs copies ce lableau dont l'original orne actoeU ment la cbapclle de la Vierge dans l'église de Saint-Ouen de Rooen '.

En quittant celle pieuse enceinte monastique sortons par le clolire il '' constatons que celui de Saint-Wandrille, couitne tous les autres, a été peuplé de morts. Plusieurs religieux, ourlent parmi tes rérormés, dorment dans cette enceinte, où ils ont conversé et médité pendant leur vie. De |W< liles pierres gardent seulement le Jour et l'année de la disparalion da ■ hommes dont Dieu seul connaît les uomi, comme lui seul a coDun I4 vertus et leurs œuvres.

D Halbeureusetuent ce cloître ne présente plus le moindre vestige de cm ' BDciens vitraui dont h beauté devoii singulièrement ajouter i celles de ses fraîches et pittoresques galeries. Ils re présentai en l les saints parmi lesquels se trouvaient tous ceu) auxquels Fonlenelle devait particulièrement sa ri nommée et sa gloire '. »

Et maintenant ce eber-d'œuvre des arts rellsieui an moien-ége en n uacé d'une chute prochaine : il est éiajé dans plusieurs parties. Une bul dite permanente et destructive règne sous ces voAtes désolées, di^oiot l^~ s, défigure et ébranle les clés de voâie. Personne n'entretient plus it du passé ; aussi dans peu 11 croulera comme l'église, comme tomes les grandes cbosesde ce monde, OÙ rien ne s'élève que pour tomber, où rien ne vil qoe pour mourir !

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litre II .. a élé ormeni De F*.

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■ BtMi, I p. 110.

' Bitlûin rfe l'Abbayt.

§ V. — LA CHAPELLE DE SAIHT-SATUHNIN.

Aprts le Cloître, le débrli le plus inléressanl pour niiD), cplui auquel noni devons on pèlerinage du «eu r, c'est l« cbapclle de Saini-Saluniiu, cel asile cb^rl de» laioU, ou tous sont venus lour-â-toar prier et Iravaillcr de leurs mains. Celle pieuse lente de l'éme esl assUe but la verte colline qui domine au nord la vallËede la Fonicnelle. Sa slmaiion au milieu de* bois est, verllablemenl pieuse et recueillie ; on uni que c'esl bien, Ici, la retraite d'un moine, lorxju'il voulait se livrer seul à la contemplation de la nature ou A la m^lilalion des vtriléa Éternelle!!. Un parrura de prière et de solitude embaume encore cel oratoire qui rui lour-i-lour habile por une génération de saints. C'est li que venaient converser des choses du elel saint Wandrille et saint Ansberl, les fondateurs de cette solitude. Cetlc terre, que nous TouIod» aui pieds, ils l'arrosèretit de leur sueur, ils la cultivèrent de leurs mains, lonqu' en semble ils plantèrent sur ce coteau, brAlé du soleil, la première vigne du pafs de Caui '. La grotte de ces pieux solitaires était tapissée par se* rameaui Oeiibles, et ses brancbes s'éleodaienl peul-èlre Jusque sur les blanches murailles de notre cbapelle, car la vigne a toujours él6 l'amie de la maison de Dieu et la plante la plus recherchée de l'Église. An dedans comme au dehors de nos temples il n'est pas rare de renrontrer des vignes de pierre embrassant de leurs eeps les portes et les Tenétres, enlafanl les nefs et les chapelles. C'est que la vigne esl un emblème : elle ligure dans l'Eglise chrétienne, lanlÛt le Ironc sacré dont nous sommes les rameaui el dont Dieu est le vigneron, tanlAt celte divine Eucharistie qui renaît sans cesse sur nos autels, du fruh même de cette plante tnjslérleuse.

Mais la première chapelle, Mlle par les saints Tondatenrs et consarrée par Minl Ouen ', ruI détruiie par tes Normands en Sfl2. Le <iaini abbé Gérard reconstniisil, vert 1030, celte qui ctisie aujourd'hui. C'est un des édifices les plus curieui de la Normandie, el c'est k coup sAr le plus ancien (ht diocèse de Rouen.

Il a la forme d'une eroii. Le chœur cl les deui transepts se composent de trois absides circulaires h peu près égales. Le clocher s'élève sur les bras de croii; la nef, romane comme le reste, est travaillée avec moins de foèl el de soin. Les fenêtres des chapelles sont petites et éiroiiei comme In plus vieux soapiraui romans. L'appareil de l'édilice est en moellon 4iiposé en feuilles de fougère ou en arête de poisson. Des bancs de pierre

■ s Quodam tcmpore, Ansbertus à clîmaie meridiano distanlem è pra>falo «anobia partis Terè BOO borlalu ejusdem virl Dci B, Wandregiailii vineam planure et etcolere cepil, » Vil. S. Ansberti, c. i, spud Boll. — n Basilica S. Satornlni, in verlice ardui moniis vinearum quondam fertilis. » Vit. B. Wandr. apud Bollaudislas. — ' n ^Ediculam in honorem S. Saturniui, maitTrit el epïscopi tolosani, in verlice ardui monlls ad nrientem, non lOBgè dislanlis eilruiit sanclus abbas Wandregisllus : diacono suo, noroine Sindardo, coque monacho, sacra illius pignora perferrnle ad se. » Netulria 1.134.

disposés le long des mars et un vieil autel sont demeurés là comme des témoins de la piété des premiers âges. La voûte est une espèce de berceau comme les voûtes de nos villas romaines. Quelques fenêtres renferment des débris de verrières, c'est un Saint-Pierre et un SamirWaandriiJU en grisaille; ce dernier porte une crosse et une église dans sa main. Tous deux sont fondateurs, Tun de TEglise romaine, l'autre de Tabbaye de Fontenelle. Ces vitraux sont les derniers témoins de la restauration et des décors qui furent faits, en 1510, par dom Guillaume Lavielle, sousprieur du monastère et prieur de Marcoussis *.

On remarque dans cette chapelle deux belles statues de pierre, représentant saint Roch et saint Adrien, qui proviennent de Tabbaye.

Cette chapelle est dédiée de toute antiquité à saint Saturnin, évoque et martyr de Toulouse. Le peuple, par une bizarrerie inexplicable, l'appelle saint Alorni ou saint Racourci. Voici de quelle manière la tradition explique la présence du pontife-martyr sur cette colline : «Lorsque Ton contmisait la chapelle de Gaillouville, dédiée à tous les saints, le maçon qui la bâtissait prit l'engagement d'y loger tous les bienheureux alors connus, mais il eut beau faire, saint Saturnin ne voulut Jamais rester avec les autres Si le jour on le clouait à sa place, la nuit il s'échappait furtivement et venait se fixer à l'endroit où est aujourd'hui son autel. Le maçon essaya en vain de le vaincre en passant un marché avec le diable. Jamais il ne put arrivera ses fins : il fallut se décider à bâtir â saint Saturnin la chapelle particulière que nous venons de décrire. » On raconte encore, dit Hyacinthe Langlois, que sous le règne de Charlemagne, un saint homme, nommé Hardwin, natif d'Alvimare, vécut long-temps, à l'état de reclus, dans une cellule contiguë â la chapelle de Saint-Saturnin, et qu'il s'y occupa de composer des écrits ascétiques et de transcrire les livres saints. Le peuple des environs garde pour ce petit monument une vénération séculaire. On lyoute encore que ce lieu renferme la sépulture d'un saint dont le corps est conservé sans la moindre corruption, ainsi que les vêtements dont il est couvert. C'est peut-être le corps du pieux Hardwin, auquel la renommée publique ferait allusion â cause de sa sainteté.

VHûioirede l'abbaye de SaiM-Wtmiraie. depuis iMA jusqu'à 1734, dit qu'en 1686, le prieur Marc Rivard fît enfermer dans l'enclos monaatique la vénérable chapelle de Saint-Saturnin. Les 1,200 toises de murailles qui tarent construites pour cet effet coûtèrent 6,000 livres et ftarent payées par M. Lebmment, curé de Gueutteville, près Tûtes, qui, à l'âge de 82 ans, s^était retiré à Fontenelle, pour y mourir en paix.

§ VI. — LA GHAPSLLB BT LÀ FONTAINE DB GAILLOUVILLE.

A l'orient du monastère et à un kilomètre du village de Saint- Wandrille Ait élevée par les premiers abbés de Fontenelle, la chapelle de Notre-Damede-Caillouville. Renversée en 862 et rebâtie au x« siècle, elle tomba d'ellemême au commencement du xir* '. En 1331 elle fût reconstruite avec une

' Gall. Christ,, t. xi, p. 187. — Duplessis, t. i«s p. 80. ^ * Gall, Chrisi., t. II, p. 187.

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ceruine magnificence par le sacri»Uin <lu mi>naitm, qui percevait k's obUtiona àet fliMlei, cl i|ui Tut êidt par le» pj^lcnns. La voAte du cbceur •'étant ébranlée on 1031, l'année mime de la cbutc du clocbcr de l'Abbajt, ou lui sDbsiitua un plafond en menuiserie. D^à la nef avait éié couverte par un semblable procédé '.

La chapelle de Caillouville porUit le titre de chapelle rojale, parce qu'elle avait ëté dotée par deui rois de France, Jcan-le- Bon, en 130t, et Louis XI. en 1474. Le premier approuva aani lïais l'acquisition d'une acre rf« terre, le second lui accorda le poidt de la ville de Csudebec , lor>qu'i| Tint i Caillouville taire un pèlerinage i Hotre-Dame. Toui deux Tondèrent une messe annuelle pour la prospérité de la maUoo royale de France.

Le clos, la romaine et la ferme de Caillouville. vendus le 6 tbermidcr an It, par l'adminiBlraiioD centrale, furent achetés 30,000 francs par te lioronié Lbérondel ', qui ne tarda pis k démolir la chapelle maigri: l'eitrème dévotion des lidHes. U. Lan^lois. qui l'a jugée d'après ses fondations, dit qu'elle ne paraissait pas avoir jamaîa eu la forme d'une croit. Ce qui n'empêchait point que ses proportions fussent considérables. Le Mnédirtin Duplessis, chargé par nos archevêques d'nne histoire du diocèse 4e tlaiien ', dit qu'en 1740 sa longueur était de lOi pieds fn dedans, dont Bû pour le cbceur et SI pour la nef. Le chœur, qui était beau, était éclairé par dit vitraui, larges chacun de T pieds et hauts de iS. Une corniche de Itlerre qui régnait en dedans, tout le long de l'édiHce, portait une quantité de poupes représentant toute rhislolre de Jésus Christ. On y voiall. entre ■uirea, une naïve image de la Crèche où la Sainte-Vierge concbée étendait sa bras hors du lit et tenait l'Enfant Jésus sous l'haleine du btruf et de l'dne, pour le récbaon'er. On avait réuni dans cette église nu si grand nombre d'images ou de statues, sans compter les peintures dont le lambris de U netwit orné, que l'on disait communément parmi le peuple que tous Itssainlsdu paradis s'y trouvaient '. On répèle encorp proverbialeiiicnl en Tiurmandie : n Tassés comme les saints de Caillouville. » On peut évaluer,

' Duplessis, p. S2, 83. — ' Domaines naiïonaui, — Dépariemcni de la Seiae-lnrérieure. — ■' Dom MicherToussaint Chrétien du Plessis, relîgieui Uoédiclin de la congn^ation de Saint-Manr, né i Paris, en 1689, avait été diargé, par H>' de Sauli-Tavannes, de préparer one histoire du diocèse de Reaen. En 1740 il en donna l'inlrodoction par sa Dcieriptiou gèogtuphÀfUtl hûtoHqut de la HaMc-Narviandie, en 2 vol. in-4'>,si souvent citée par nous comme par tous les autres hislorleni. Mais ayant mécontenté le pré'al, il fut obligé d'abandonner son travail, près de vingt ans avant sa mm, arrivée à Saint-Denis, le 33 mai 17&I. Ses supérieurs en conltèrent I) eanlinuation i dom J.-D, Bonnaud, qui s'en est occupé jusqu'à son décès, Wivé i Saint-Germaio-des-Prés, le 13 mai J7G8. L'oeuvre fut remise cnroains de dom Jacques-Louli Lenoir, qui depuis plusieurs préparait l'HUtoire générale de la Kormandir. dont il o publié le 14 p. iD-4°. — But. tiuéraire de la congrégation de Saint I p. TIMMW, — ' Dopleaais, t

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Puur nnu« qui «

— i(l(i — dit M, LanRloi!, il »|Jr^s l'eilr^mc ripprocbemenl dei graupc» ei \ee driu eiiin» de l'édifice, le nombre des Hgurci sculpi^ei i Soi

En 1BZ6, iarsque M. LangloU visita Cailtojvtlle, la chapelle était i Iruiie, mal) une Tonle de débrts jonchaient encore le sol lacré. ' d'images, noa* dit-ll lal-mémc, m'oDl poru de projKirlioDs Tort dilTérent eld'un m^rllR d'etéeiilion assez inéfial. Elles devaient Aire pioar la pln| de dvnii-bosse et appliquées contre le mur, commn une espèce de parement. Jadis une «latiie, hnule nu moins de 13 pieds, s'ofTraii ani regards dn apeciniear, A gHache cl la preroitre en entrant dans la nef : c'était celle de saint Christophe, le puissant préservateur de la morl subite, an moi>en4gt.

H Husiear» autres figures, mains élevées de moitié que ce colosse, » vnient disputées, (t cl ii i mais tout lo reste, d'une dimennion n encore, ceignait, entassé par groupes, tout l'intérieur àe ci gùin. Ceï groupes représentaient un grand nombre de sujets des deui T«- ' ismenls, et celte curieuse décoration n'était pas i coup sur d'un médiocrF M pères, qui ae camplaisaieat à retrouver dans let niples, ce qu'ils conraient avec empressement admirât is scéniques de* Mystère» '. .

nus qui avons visité Cailtouvillc le 29 octobre 1839, avons plus trouvé la moindre trace de saints ni de chapelle. Tout i paru : une grange s'est élevée sur les murs mêmes de l'ancien édillce,^ la croit elle-même, plantée pour en conserver le souvenir, chancelle q SB base. Une vingtaine d'images ont trouvé refuge dans l'église les autres sont cachées sous l'herbe de la prairie, ou bien elles ■ servi, avec les pierres du sanctuaire, i former les murs des usines qi tourmentent le pauvre ruisseau de Fonlenelle et qui enfument sa fralchr vallée. Telle est la destinée de ce monde et l'éternelle iransrorination de* choses d'ici-bas. Au Tir et au tiii* siècle de noire ère, tes pierres profao^ des Chtleaui romains de Juliobana et de I,olu»i. furent apportées i eonslrnire des églises et des abbayes ; au iix* siècle les pi nos é)[lise« et de nos abbayes servent à élever des fabriques turcs, le dernier mot de la civilisntion moderne.

A l'ombre de la chapelle de Notre-Dame et à deux pas des sources de Is Foutenelle, cet bumlile ruisseau qui a donné son nom k nuire piii<«aDie abbaye, sorlsil de terre la fontaine sacrée de Caillouville, célèbre dans Ions les pays d'alentour et visitée chaque année par une foule de pèlerins. Celle source mislérleuse est entourée de murs, moins par respect pour elle que par la spéculation des propriétaires et des fermiers, ttnc fois dans l'Enrellite on voit une mare enfermée dans un carré de maçonnerie cl séparée en deut portions au moyen d'une cloison en plancbe. Deui escaliers en pierre pt*metient de descendre jusqu'à l'eau. Un de ces escaliers esl pour les hommes et l'autre ponr les femmes. A cAlé de celui des femmes esl une espèce de tente en bols ménagée pour la toilelle des baigneuses.

Le fond de la fontaine est revêtu de dalles, sur une ile^iuellcs

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>4e en rrrui la figure <lc «iiirilr Ratlexoodc, mais an ne peut vuit ccltit;ro!i>iêre image qu'une fob |)ar an, lorsque l'on rure la Tontaitie. Cai choK curieuse de trouver ainsi deui reines mérovingiennes pr^iilant a îles Tontaines, talnic Railé^onde h Caillouvillc et sainie CiDlllde aui ARdeljs. Aui deui endroits leurs Imagei sont l'objet d'un culte et d'on pMerloaice. Il n'est pas impossible que Minte Radègonde ait ilé la bienbilrlce de ces contrées ; mais pourquoi a-l-on oublié salute Batbllde que l'histoire nous auure avoir été la protectrice du naisunt monaiitre ?

Comme le disent très-bien du Plessii et les suirurs du GoUia Chrùliatia. ce sont les enfants surtout que l'on vient baigner è Caillouville, nt cola pour la ipre. disent tes gardien s, ce qui signifle tout slmplemeni les maladies de la peau. Les grandes personnes s'y rendent également tous les vendredis de mal cliurtoulle premier. Ce Jour-là les prftresdisenl Jusqu'à 2,(KI0 Évangiles : on l'î rend de fort loin, et cela depuis long-temps. Autrefois on faUiit la ehoute le jour du Vendredi -Saint. Le clioule, encore bien connue dans l' arrondissement de Dieppe, consistait en un sermon et une cérémonie qui ressemblait â un mystère, puis elle llnissBii par une assemblée sur la place publique. En 1113, te curé de Caudebrc, Jaloui de l'aOlucnce qu'attirait le Saint- Sépulcre de Cailloiivllle, aui dépens de celui de sa paroisse, lîl interdire le sermon par les vicarres-généraut de Rouen ; mais dans l'année même, i la réclamation des religloui, l'archevêque Louis de Barcourt rétablit solennellement l'assemblée, qui n'a plus été troublée jusqu'à la Révolution, celle Gn de toute chose,

Hainlcnanl s'il nous faut dire toute notre pensée sur cette Tonlaine, sur l'origine de la dévotion populaire et des immersions des jièlerios, nous con- Tesscruns, ainsi que nous l'avons déjt tait dans ce livre, à propos de la ronlsIoedeSaint-Uellonà Héricourt, que nous regardonsceite source comme l'ancien baptistère, non-seulement de Fonlenclk, mais de toute la contrée environnante, et spécialement des quatre paroisses de Saini-Micbel, de Renfun, de Salnle-Gerirude et de Caudebec, si justement appelées lei fiUet de SaitU-WandriUe '. Ces églises, en elTet, n'étaient pat sealemeni les lilles de l'abbaie, mais encore du saint fondateur lui-même, qui les avait enfanlécs t Jéaus-Ctirist par ses Iravaui et sa parole. Saint Wandrille, saint Ansbert, saint Cnndé, saint Lambert, saint Milon, saint Wulfran, ont été lont h la fois les apAlres du nord de la Gaule et du pays de Caui, dont ils ont parcouru les vallées, évangéltsant les peuples et laissant parlool les traces de leur passage.

An vir siècle, quand ces anges de Dieu descendireni dans nuire painr si prospère aujourd'hui par leurs suins. Ils trouvèrent le pays tout courbé sODS les invasions des barbares. A t'ombre de la bâche du Franc nuirr- terre gallo-romaine, arrosée du sang de sainte Uonorioe, avait vu se relever les ttaiaes et les images desfsui-dieui. Les pajsanssurtout les honoraient d'un cnlle profane '.

' Pouillé de 1738. — ' Orancs Calelorum populi tUi bruti et belluls simllea anté adventum illins in hic régione fucrani, ut, prailer chrliUanB

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Too* crai qa'ilt «MieriiMicat par Ican prtdic«iMas de faa, ib la Lap:i»«icat d*nt nue Itauloc de CaiUonille ; et Irment les Fnncs qni (kréliem. Le baptènc par li

f I je ae «enis Dgilemeal imrftit qaaad la bsuiac de CUillovnlIf *tni i an* aïK^Un jtu^'aa i*. OhnbciiI l'ca étCDEer qnand on ami (iaillaaDM dt JnmliKa aoBi raeoaler qo'ca Wl. RoIIud , l« pnnln doc det Sonuafi*, fat beptlié par Fraaeoa, â U tamnt btatu de li TriiM, placée m parrU de la caïké^ale de Boaea ' ?

Knr nooi donc ces beiot de* eabau, ce* innon tiï aa sonTeoirdn bapUœe aaiiqne, adminiitré par les nioinn-apAtra ià m coairics. La pensée qne ceseani salniairei gaixûatieat ti lïpre daoqk n'eslTeouca cespetiplesqnede la foi qai learen*ei|naii qu'rllM ttbf/i^ le p^efaé, la Itprede l'ime. Aami Tajei qnel temps esi cfaoiu poortalâmenions popalaires, le Vendredi Saint M la nais de lusï ; c'est-l-dinft qne* et la PenlecAte, les den Ibcs baptismales de rÊ^1i>«, ôh le leHfill Tertallleo.

Ajoulons qn'an bapUstire du même genre et eoeorc plus cnrievi, wipl à l'abbarr de Sainl-Valerr «or la Somme, i ce moni^i^e de tundé par l'sptlrede l'Océan farilinDiqBe, par ceptnirr moine qui i fiéllté nos cA(e*, depali U Somme Jusqu'à la Seine j diai^ i Sainr lu Murces sacrées ool ceci de particulier qn'il j a h fontaine lUi h et la fontaine du dame*, doable ippellalion qni Ut-nl 1 la nalare de> cboiea, et qui doit dater de* premiers temps clir4^1irn«.

Tdoi

HJel nomen, «irtus in illli locis religlonis abolit* btberetar et ità pa ^n prvdlcstioncm eooversi suntm, qai anieidiMplebant aliéna, pMtcèprofrta largireoior, ac Idoloram conMngereni sitinai qoas dndiio) aoieè crin profano renerabsntur, — Boll. vila S'' Waiidngitit., cap. rr.

' La mosaïque de la fortt de Brotonne, déconrene en 1842, par H. Cfearlier. — ■ Guillaume de Jumirge», niit. du A'orm., liv. Il, cil. 18. Trad.

• J'ai trouvé Fonlcnellu renvcnée mus te.* ruinii, dit U. Lanjjlais, quand le pouvoir dei lemps cl des révoluUonB de l'esprit huniain n'uat pu détruire ni ult^er seulement des crorances p[uE aniiqun que ces religîeui dtbri«. Pulsseut cee mjmes crojances, préservatrices des tngoltiei du duuto, compagnes iDDOcentes et naïves de la plus soleanelle d» etpérances, toujours contribuer, transmitei il'ige en Ige, au bonbenr du babilcnb de cet paisibles rolloDs '. u

ERRATA ET EnE]tfDA]¥DA.

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