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simple de détail, el, par-dessus loul, grandiose ; parloiil il l'alinit des groupes sévères, mais révélant la pensée, s'Iiarmoiiisant entre eux pour arriver à cette unité d'action , base de toute œuvre remarquable, et la plus grande beauté de la statuaire antique.
M. le Maire a-t-il su vaincre les difficultés que lui présentait ce triple but ? Quelques critiques ont voulu prouver !e contraire. Nous croyons, nous, que, dans cette page immense, M. Le Maire s'est placé au premier rang de nos artistes contemporains. La tête du Christ, le corps de la Madeleine, la ligure de la Charité, présentent des beautés peut-être sans rivales dans notre statuaire moderne.
On pénètre dans l'église par une porte ouverte sur le fronton méridional. Cette porte n'a pas moins deiO métrés 430 millimètres d'élévation , sur 5 mètres 40 millimètres de largeur. Elle a été faite d'après les dessins de M. Triquetti ; elle est en bronze fondu et ciselé. Elle présente, sur les (pjatre comparlimens qui la divisent, des scènes prises dans les commandemens de Dieu. « Leur ornementation , dit M. Luthereau , se compose d'une bordure formée d'oveset d'arabesques fort délicatement travaillées, qui en font une œuvre vraiment remarquable. Nous voudrions avoir le même éloge à adresser à M. de Triquetti pour ses bas-reliefs, mais franchement, son exécution, qui n'est rien moins que sévère, est fort loin d'être en harmonie avec la gravité extérieure du monument. Cet artiste peut être un compositeur habile, mais il n'est , à coup sûr, ni un dessinateur rigide, ni un praticien des plus exercés. Nous croyons donc sincèrement que le genre de talent dont il a fait preuve, n'est pas plus en rapport avec l'édifice, auquel il a été employé, que les deux anges nioycn-dge des bénitiers de M. Antonin Moine ne s'accordent avec l'architecture grecque dont ils sont entourés. * »
Sans partager cette opinion, nous croyons, nous aussi, que les bas-reliefs de M. Triquetti manquent de sévérité; mais il ne faut pas oublier qu'ils ne sont pas dans un milieu convenable. Placée dans une église gothique, l'œuvre de M. Triquetti redeviendrait une œuvre remarquable. Nous en dirons autant des deux anges de M. Antonin Moine.
L'intérieur de l'église présente cin(| travées, qui toutes, à l'ex-
' Noiicc historique et arrhéolngiquc sur l'église de la Madeleine.
ceplion de la première, sont surmontées de coupoles à rosaces entièrement dorées. Les frises, les entablemens, les cliapilaiix et les nervures des colonnes sont aussi dorés. Les revètemens des murs, la balustrade du pourtour sont entièrement en marbre. Les colonnes qui soutiennent la galerie des tribunes , celles dos petites chapelles, sont d'ordre ionique et également revêtues de marbre et d'or.
Toute cette éblouissante ornementation écrase les chapitaux, rapproche la voûte du sol, et rend encore plus sensible le manque d'étendue de l'église ; nous ne saurions donc trop la condamner.
La peinture concourt pour une part très-large à la décoration intérieure de l'église.
La demi-coupole du chœur, le chevet des six chapelles latérales sont revêtus de peintures plus ou moins remarquables ; quelques-unes sont encore inachevées.
On n'a pas oublié que M. Paul Delaroche avait été, il y a quelques années, exclusivement chargé des peintures de la Madeleine. Sans trop comprendre le choix du gouvernement, nous approuvions cette pensée qui confiait à un seul homme des travaux immenses, dont la beauté principale devait être l'unité. On sait de quelles jalousies cette décision fut l'origine: à son retour d'Italie M. Delaroche trouva les travaux qui lui avaient été promis partagés entre MM. Ziegler, Schnetz, Abel de Pujol, Signol, Léon Coignet, Couder et Bouchot. M Delaroche refusa une part qui lui avait été conservée, et nous applaudîmes à la noble résolution de l'artiste. Comme on le pense bien, ces travaux, ainsi répartis, n'ont plus rien conservé de cette grande harmonie à laquelle on avait pensé un moment. Chacun conçut et se mit à enfanter à sa guise et en toute liberté. M. Ziegler éleva son immense échafaudage de l'abside, se fit une maison de toile, impénétrable à tous, et décora les murs de son incroyable Histoire du Christianisme. MM. Schnetz, Pujol, Signol, Léon Coignet et Bouchot se firent aussi chacun un petit sanctuaire , et se mirent à peindre la Conversion de la Madeleine, la Madeleine dans le de'sert, la mort de la Madeleine, la Madeleine apprenant la résurrection de Notre-Seigneur, la Madeleine aux pieds du Christ chez les Pharisiens, In Madel ine au pied de la croix.
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Voici en quels termes, après avoir fait la part du talent de l'artiste, l'Union catholique s'exprime sur l'œuvre de M. Ziegler.
« De l'œuvre de M. Ziegler nous ne ferons point une description détaillée. Dire tout ce qui s'y trouve serait malaisé, mais dire ce qui ne s'y trouve pas serait plus difficile encore. C'est un cours d'histoire à la façon de M. Michelet. Il y est question de tout et de quelque chose de plus encore. Le juif errant, le calife Aroun-al-Raschid et son grand visir Giafar , L'empereur Frédéric, Barbcrousse, Henri IV, Napoléon, y trouvent place tourà-lour. C'est un véritable panorama qui s'arrête là, nous ne voyons pas trop pourquoi. Est-ce que dans l'esprit de l'ariiste la pensée est complète? Mais non, elle n'a jamais existé. Nous l'avons cherchée cette pensée, dont les reflets doivent éclairer l'œuvre jusqu'en ses moindres parties; nous avons vu devant nous une grande page de peinture philosophi(|ue, où s'agite une foule immense de personnages, de groupes, de costumes variés ; nous avons admiré parfois une certaine beauté dans l'exécution, mais nous n'avons pu trouver ni un sens, ni un nom à cette œuvre étrange. »
Cette opinion est la nôtre. Nous nous empressons de reconnaître, cependant, que nous avons rencontré dans l'œuvre de M. Ziegler des parties nombreuses d'un mérite <|ui ne saurait loyalement être contesté.
Nous avons nommé les six grands tableaux qui complètent la décoration intérieure de l'église. La Madeleine dans le désert , de M. Abel de Pujol ; la Madeleine aux pieds du Christ, de M. Couder, et la Mort de la Madeleine, de M. Signol, sont, sans aucun doute, les œuvres les plus remarquables. Ce n'est pas que les peintures de MM. Schnetz , Coignet et Bouchot manquent démérite: les deux premières sont d'une excellente exécution. Quant à la troisième, on sait que le malheureux Bouchot n'eut pas le temps de la terminer.
La sculpture occupe, à l'intérieur comme à l'extérieur du temple, une fort large place; mais aussi, à l'intérieur comme à l'extérieur, les œuvres qu'elle nous présente sont assez médiocres. La décoration de l'autel principal a été confiée à M. Marochetli, (jui a livré depuis long-temps déjà, aux ateliers du gouvernement, le modèle en plâtre d'un groupe colossal reprébonlant le liavissenienl de la Madeleine.
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La chapelle des mariages renferme un groupe en marbre blanc représentant le Mariage de la /^jer^e; ce travail est de M. Pradier. La chapelle des fonts baptismaux est également décorée d'un groupe en marbre blanc représentant le Baptême de Jésus-Christ, dû au ciseau de M. Rude.
Les sculptures des trois chapelles de la travée de droite sont : sainte Amélie, par M. Bra ; la sainte f^ierge, par M Seiirre; sainte Clotilde, par M. Barrye. Celles delà travée de gauche sont : saint Vincent de Paule, par M. Raggi ; le Christ, par M. Duret; saint Augustin, par Etex.
Ces trois dernières sont les seules remarquables.
Enfin, les travaux de Messieurs Guersenl, Le Quien, Bresson, Antonin Moine, Caillouetle et Marneuf, ont complété la décoralion intérieure.
Tel est, après tant de secousses violentes et tant de ruines, le monument que nous avons sous les yeux. L'Église de la Madeleine n'est ouverte au public que depuis quelques semaines , cette notice devait donc clore notre travail sur les Eglises de Paris.
Edocauu GOURDON,
Un des Direcleurs.