‹ Les églises de ParisChapitre 6 sur 15 · SAI>T-ROCH · texte numérisé non relu

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lions, qui conviennent si bien à de très vastes vaisseaux, sont ici encombrées et d'un aspect intérieur assez mesquin ; car l'architecture ne peut pas impunément être changée d'échelle, et le plan d'une église convenable pour contenir dix mille personnes ne saurait être réduit à des dimensions qui permettraient de n'en contenir que cinq mille. Autre programme, autre plan.

SAINT-ROGH

Dès le miUeu du XVIP siècle, l'architecte J. Lemercier avait commencé l'église Saint- Roch (1). Cet artiste, d'un rare mérite, comprenait déjà que les dispositions de l'église catholique demandaient à être profondément modifiées, par suite des changements intro-

(1) Louis XIV en posa la première pierre en 1653.

(luits dans les habitudes des fidèles et du clergé. La distribution intérieure de Saint- Roch est celle qui, à Paris peut-être, est la plus heureusement conçue, si l'on tient compte des services auxquels une église doit aujourd'hui satisfaire. Sur un terrain étroit, irrégulier, avec des différences de niveau considérables, l'architecte a su composer un plan excellent, et si l'architecture adoptée n'('tait pns aussi lourde et froide, on pourrait considérer ce monument comme un chefd'œuvre. Que l'on suppose la voûte de l'abside principale soutenue par des piliers élancés et d'une meilleure proportion, la grande chapelle circulaire de la Yierge qui s'élève derrière le chœur produirai! un merveilleux effet. Le Calvaire, sorte de crypte s'étendant à l'extrémité de l'axe longitudinal, était un motif d'architecture heureusement trouvé et auquel il ne manque que le choix et un peu d'originalité dans les détails, d'une désespérante banalité classique.

SAIXT-GEIIMAIN-DES-PRES

Trois églises anciennes, dont nous n'avons point encore parlé, méritent d'être visitées ; Tune, Saint-Germain-des-PréSj dépendait de l'abbaye de ce nom. Situé autrefois hors de Paris sur la rive gauche, en face du Louvre de Philippe Auguste et de Charles Y, ce monastère possédait son enceinte fortifiée, ses fossés, ses portes avec pont-levis. De l'église de Childebert il ne reste plus rien que certains fûts de colonnes en marbre, replacés au XIP siècle dans le chœur. La nef fut rebâtie pendant le XP siècle à la suite d'une tour carrée dont la base, assez gauchement rhabillée il y a quelques années, paraissait appartenir au IX* siècle. Le chœur et la porte

occidentale appartiennent au milieu du XII* siècle. Il ne faut pas d'ailleurs considérer cette nef du XP siècle comme un monument original, car elle fut reprise pendant le XVII' siècle et au commencement de celui-ci en presque totalité, et les sculpteurs mêmes de ce temps cherchèrent à imiter quelques-uns des vieux chapiteaux romans, par respect probablement pour l'ancienne basilique. Une peinture décorative couvre toute cette architecture peu authentique, dix fois remaniée, et donne au monument un aspect étrange. Des sujets, remarquablement traités par Flandrin, contribuent à jeter le trouble dans l'esprit du visiteur quelque peu versé dans la connaissance des styles, car la délicatesse et le sentiment, trop pâle peut-être, des peintures de Flandrin contrastent d'une façon criante avec la sauvagerie des chapiteaux et profils de la nef, trop bien trouvée par les artistes modernes qui, cherchant la naïveté, sont tombés dans le burlesque et la

laideur (1). De ses trois clochers, l'église de Saint-Germain-des-Prés n'en possède plus qu'un, celui de la face occidentale. Extérieurement, l'abside, fort remarquable à l'intérieur, ne manque pas de grâce et gagnera beaucoup à être entièrement dégagée, surtout si l'on se résout à enlever la lourde chapelle bâtie il y a environ quarante ans.

La seconde éghse qui doit attirer l'attention des visiteurs est l'église Saint-Germainl'Auxerrois, Sa façade, qui se présente en face de l'entrée orientale du Louvre, est une joli) Douze des vieux chapiteaux de la nef de Saint- Germain-des-Prés sont aujourd'hui déposés dans la salle des Thermes du Musée de Cluny, et s'ils sont d'un travail grossier, du moins ne manquent-ils pas de caractère.

lie coinpositioD, orij^inale, présentant une heureuse silhouette. Du reste, dans cette église, on trouve réunis tous les styles d'architecture, depuis le XIP siècle jusqu'au XV^ La base du clocher appartient au XIP siècle, la porte principale, sous le porche, au commencement du XIII*; le chœur, très défiguré intérieurement, date de la même époque; la chapelle de la nef, au sud, a été bâtie au XIY* siècle; la nef, les croisillons, les chapelles absidalcs, la façade et le porche occidental ne remontent pas au delà du XV^ siècle. Il serait difTicile de donner la raison de ces constraclions successives à époques éloignées les unes des autres ; mais la destinée des églises de Paris est de subir perpétuellement des changements, des adjonctions, voire des mutilations, sous prétexte d'embellissements et pour se conformer au goût du jour.

En 1741, le chœur de Saint-Germainl'Auxerrois était encore fermé par un beau

miiimn

jubé dont Pierre Lescot avait composé l'architecture, et dont la sculpture était due à Jean Goujon.

Les marguilliers et le curé, après la suppression du chapitre, renversèrent cette ordonnance et firent mutiler les pihers et arcades du chœur. « Un architecte, nommé Bacarit, présenta un projet de décoration dont l'Académie des Arts accepta la responsabilité en y donnant une éclatante approbation... Ce qui parut merveilleux aux académicien de 1745, tout le monde le trouve informe aujourd'hui (1). » Quelques fragments des sculptures de Jean Goujon sont déposées au Louvre, dans la collection de la Renaissance,

Depuis 1838, des travaux de restauration furent entrepris dans l'éghse Saint-Germainl'Auxerrois, sous la direction de Lassus et rendirent un certain lustre à ce monument

(1) Voyez V Itinéraire archéol. de Paris, par M. !•'. de Guilhermy, 1855.

vénérable. Des peintures furent exécutées par M. Amaury Duval, dans la chapelle du sud. Celles du porche sont faites à la fresque par M. Mottez.

S.VINT-SEYEIUN

L'éghse Saint-Séverin, dont le clocher se découpe assez gracieusement sur la rive gauche, entre le boulevard Saint-Michel et l'Hôtel-Dieu, laisse voir aussi des constructions de diverses époques. Quelques parties antérieures de la nef appartiennent au XIIP siècle; le reste de l'éghse date des XIV' et XV* siècles. Le petit portail de Tancienne église de Saint-Pierre-aux-Bœufs a été accolé après la démolition de cette église, en 1839, à la face occidentale de Saint-Séverin, (]ui n'était qu'un pignon de clôture pro-

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