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Poitiers fondée par Aliénor de Guienne en 1162 est voûtée
ainsi ; son plan exceptionnel consiste en une vaste salle à
trois nefs égales en largeur et en hauteur terminées par
un chevet carré à l’extérieur ; il n’y a ni abside, ni transept. La cathédrale de Bordeaux, construite de 1138 à 1165, avait primitivement des voûtes domicales dé ce genre : les
travées de sa nef atteignent d’ailleurs 18 mètres de largeur. |
truites dans le midi de la France peuvent se diviser en deux catégories. Les unes, comme les cathédrales de Cler- |
mont, de Narbonne et de Limoges, entreprises vers 1250
sont de style absolument français. L'architecte du chœur de Clermont, achevé en 1285, Jean Deschamps était d’origine picarde et se contenta de reproduire en matériaux
volcaniques l'ordonnance d’Amiens. Il en est de même du *
chœur de Bordeaux, bâti sous l’épiscopat de Bertrand de Got, de 1260 à 1310. Les autres, au contraire, et cesont les plus nombreuses, présentent des dispositions qui en font des édifices très différents des églises gothiques du | nord. Le sentiment qui a guidé les architectes méridionaux paraît avoir été le désir d'éviter l’arc-boutant qui,
nous l'avons vu, n’avait pu s’acclimater davantage en
Anjou. Pour ÿ arriver, ils ont construit des nefs de hauteur presque égales qui se contrebutent mutuellement suivant le procédé des écoles romanes et s’appuient sur de solides contreforts : tel est le parti adopté à Saint-Nazaire
de Carcassonne qu’on dota en 1310 d’un transept à colla-
téraux analogue à celui de Chartres, et d’un chœur sans déambulatoire; ce remaniement dû à des architectes du * nord qui ornèrent l’église de la végétation exubérante de "+ l'Ile-de-France, n’a pas altéré son plan méridional: en outre, elle a conservé un toit plat en terrasses qui repose sur les voûtes sans l'intermédiaire de combles, et qui est W
encore un trait distinctif du midi, De même, à l’église de M
la Chaise-Dieu, construite de 1344 à 1350 par le pape Clément VI (Pierre Roger de Beaufort, ancien moine de l'abbaye), les trois nefs de hauteur égale ont des voûtes supportées par de lourds piliers octogonaux dans lesquels les nervures viennent s'engager sans l'intermédiaire de chapiteaux (1) et sont contrebutées à l'extérieur par . d'immenses contreforts appuyés à la muraille.
Mais dès cette époque on était allé plus loin et on avait pris le parti plus logique de réduire les trois nefs à une seule salle très large dont les voûtes d’ogives sont appuyées directement sur les contreforts, sans l’intermé-
diaire d'aucun collatéral ; des chapelles latérales furent ouvertes entre les contreforts ; elles furent même surmontées quelquefois d’un étage de tribunes ; on donna à l’abside dépourvue de déambulatoire une forme polygonale, et l’on obtint ainsi un type d'église qui est répandu dans le midi à de nombreux exemplaires. À l'extérieur les contreforts étaient quelquefois réunis par des arcades ; entre eux étaient percées des fenêtres étroites et très aiguës. Une pareille église ne comporte aucune tour ; aussi on a le plus souvent placé les clochers hors l'œuvre suivant un parti déjà adopté en [talie. Le point de départ de ce style pa- raît être la région située entre Toulouse et Montauban où on ne trouve pour les constructions que de la brique ; l'église Saint-Jacques de Montauban fondée en 1174 est un des plus anciens monuments de cette école, son chef-d'œuvre est la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, construite de 1282 à 1399. Elle est entièrement en briques, couverte en terrasse, entourée d’une couronne de mäâchicoulis et surmontée à l’ouest d’une énorme tour de forteresse : ses contreforts ressemblent à d'énormes demi-piliers engagés
M (1) C'est un des premiers exemples connus de ce procédé, si répandu dans l'architecture flamboyante.
Il | h
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que réunissent des arcades ; elle est ceinte à l'intérieur
d’un double étage de chapelles et de tribunes. On a voulu pour ornér cet immense édifice de briques le revêtir des
splendeurs d’une décoration flamboyante qui, limitée au porche méridional et à la clôture du chœur, forme avec
le reste un contraste saisissant. Enfin c’est à Toulouse qu’on trouve une église unique en son genre, l’église des Jacobins composée de deux nefs que séparent d'immenses colonnes de pierre, hautes de 19" 50; ce plan exceptionnel fut adopté par quelques ordres religieux.
Bibliographie. Loth, La cathédrale de Rouen, Rouen, 1879-80. | — Goutan Notice sur la cathédrale de Rouen (Bulletin Monu-
mentul 1896) — Berthelé. Les églises angevines de style Plantagenct (B. À. C. T. H. 1888), — Denais. Monographie de la
cathédrale d'Angers, Paris, 1889. — Faucon. Notice sur la cons.
truction de l’église de la Chaise-Dieu, Paris, 1904. — Me Monographie de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, Toulouse.
1878. — de Lahondés, Les églises aie de FATIER B. A.
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