Une église du x1v° siècle, Saint-Ouen. — L église de ‘à
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l'abbaye de Saint-Ouen à Rouen est une des rares églises de dimensions importantes construite dans le Nord de la France au x1v° siècle. Le chœur et les chapelles absidales furent élevées de 1518 à 1339 ; le transept etla première travée de la nef datent de la seconde moitié du xrv° siècle ; la nef fut prolongée au xv° siècle et la façade n’a été terminée qu'au x1x° siècle, de 1846 à 1851. Les dispositions et l’ordonnance sont celles d'Amiens ; il n'ya plus aucune trace d'influence normande, mais Saint-Ouen est remarquable
par l'unité de son style, l'harmonie de ses proportions et
la splendeur de sa décoration sculpturale. Sa tour centrale
à jour est ornée d'une couronne de clochetons ; le portail, dit des Marmousets, qui termine le transept méridional est surmonté jusqu'au grand comble d'un véritable panneau de sculpture ; les clochetons qui surmontent les contreforts sont ornés d’une forêt de statues. A l’intérieur les ogives retombent sur des faisceaux de colonnettes les piliers qui soutiennent la croisée du transept comprennent chacun vingt-quatre colonnettes qui correspondent à chacune des nervures de la voûte. Un triforium à jour fait
tout le tour de l’église au-dessus d’une jolie frise sculptée
de feuilles de chène dans le chœur, de houx et de chardon
dans la nef.
3. Le style flamboyant. — Amiens, Cologne, Saint-Ouen, marquent l’apogéc de la construction gothique; l’architecture semble avoir trouvé au x1v° siècle ses formules définitives. Le style flamboyant qui règne en Europe au xv° et au xvi° siècle est donc moins un style architectural qu’un système décoratif ; répandu sur les églises gothiques il leur donne une légèreté encore plus grande qui semble atteindre les limites de l’irréel. Ce style est né dans le
nord de la France et ce sont des maïtres-d’œuvre parisiens
normands ou flamands qui l'ont répandu dans le midi. Des constructions comme Saint-Maclou de Rouen (1437-
1521), Saint-Wulfran d'Abbeville (1488-1539), le porche et le jubé d'Albi (1473-1502), le Clocher Neuf de Chartre du à Jean Texier (1507-1513), les églises de Notre-Dame de l’Epine et de Caudebec (xv° siècle), représentent ce style dans toute sa splendeur. Bornons-nous à indiquer ses principaux caractères. Sans rien modifier au système des voûtes et des supports, les maîtres du flamboyant se sont attachés à compliquer les profils pour les rendre plus légers et à accuser davantage tous les membres de l’architecture. Les trois tores qui forment l’ogive sont subvidisés eux-mêmes par une infinité de nervures ; quelquefois chacunede cesnervures (fig. 13)secondaires retombe sur une colonnetteindépendante :
les piliers de Saint-Maclou ont l'aspect de larges cannelu- : res (fig. 14) dont les arêtes supportent des nervures sans , l’intermédiaired’aucun . chapiteau; le plus souvent les nervures viennent se perdre insensiblement dans le fût d'une colonne circu- Jaire ou bien le chapià teau est remplacé par une simple bague scul- | | ptée. Les clefs ratta- Faso chées à la voûte par des crampons de fer deviennent de véritables pendentifs ou des stalactites suspendus dans le vide. Dans quelques églises, à Souvigny (Allier)
Fig. 19.
par exemple, une nervure longitudinale ou lierne occupe le sommet de la voûte de la grande nef comme une épine
dorsale, et des nervures transversales ou tiercerons, la ; coupent perpendiculairement. Dans 16 nord en Flandreet
en Normandie les petites églises sont couvertes de véritables voûtes en charpente, semblables à la carène d’un navire.
Pour les baies et en particulier pour les portails, on emploie l’arc en anse de panier surmonté d’une accolade que termine ordinairement un fleuron joliment sculpté (fig. 19). Mais le caractère essentiel du style flamboyant est le dessin de
Porn du AV*aiècle ; Fig. 15.
ses remplages qui consiste à relier les courbes concaves aux courbes convexes : les meneaux des baies ressemblent à des
flammes entraînées par un même mouvement d’ondulation ; rien n'égale la grâce des roses flamboyantes, comme celle de la façade d'Amiens
| (fig. 18). Les mêmes préoccu-
À im à
pations décoratives se rencontrent dans la construction des arcs-boutants qui deviennent de jolies galeries à claires-voies
entre une courbe et une con-
tre-courbe (fig. 17). La végé-
tation gothique s’est aussi transformée : aux plantes du x siècle, succèdent sur les frises, les pignons ou les arêtes des feuillages plus découpés frisés, ou déchiquetés, comme la feuille de chou relevée (fig. 16) ou le chardon. Enfin les règles de liconographie des grandes cathédrales et le
Fig. 17.
caractère religieux des sculptures ne sont plus qu'un souvenir. L'imitation de la nature a conduit les artistes à un réalisme dont l'art flamand et l’art bourguignon du xy° siècle sont l'expression la plus complète. Des person-