La première diffusion du style gothique. Dès le
milieu du xu° siècle le style gothique s’introduisit dans L
les provinces voisines de l'Ile-de-France et de la Picardie. L'église de Saint-Germer de Fly (pays de Bray) est pro-
bablement antérieure au chœur de Saint-Denis et censtitue la première église normande qui soit pourvue d’un | déambulatoire et couverte de voûtes d’ogives. Les arcades qui soutiennent le rond-point sont ornées de jolies archi voltes brisées, avec moulures en dents de scie, caractéris-
tique de l’école normande (1) ; au-dessus règne un étage
(1) CF. les dtcatures intérieures de la chapelle du petit-Que: à
villy, près de Rouen.
Hà A
niche, indiquent l'influence de l’école normande. D’autres
de tribunes voûtées d’arêtes qui s'ouvrent sur le chœur par des arcades géminées en plein cintre, dont le tympan est percé d’un œil, et plus haut, s’ouvraient deux étages de fenêtres. Les chapiteaux sont ornés de feuilles d’acanthe et de feuilles d’eau. A l'extérieur les voûtes de l’abside sont sou-
tenues par des éperons qui sont apparents au-dessus des bas-
côtés mais pénètrent sous les combles du triforium ; c’est un
des premiers exemples d’arc-boutant extérieur. Une église normande un peu postérieure à celle de Saint-Germer, mais qui présente de grands rapports avec elle. est l’église abbatiale de Fécamp. Un incendie ayant détruit en 1168
l’église romane construite à la fin du xr° siècle, l'abbé
Henri de Sully la fit reconstruire en conservant le chœur
à déambulatoire et les chapelles rayonnantes ; à sa mort en 1197, les nefs et le transept étaient à peu près achevés; comme à Saint-Germer les voûtes d'ogives sont sur plan barlong et reposent sur des piliers à colonnettes engagées ; les bas-côtés sont surmontés d’une large tribune dont le triforium a été remanié plus tard et à l’extérieur, des arcs-boutants, encore très simples et sans ornements, s'étendent entre les contreforts et les voûtes de la grande nef; enfin plusieurs détails, l'emploi de l’ogive à cinq
branches dans les bas-côtés, la magnifique tour-lanterne
SP
qui. surmonte le transept, la bande lombarde d’arcatures
soutenues par des modillons à tête plate qui sert de cor-
édifices contemporains, la jolie salle capitulaire de
| Saint-Georges de Boscherville (1160), la chapelle de l’hos-
4, Que . y r A L4 . pice du Petit-Quevilly élevée la même année, la tour
Saint-Romain, seul reste de la cathédrale de Rouen dé- “ truite par l'incendie de 1200 attestent la rapidité de l’expansion du style gothique dans la Haute-Normandie. ;
À Paris le chœur de Saint-Germain-des-Près consacré 4 en 1163, montre un des plus anciens exemples de l'emploi à des arcs-boutants. En Champagne, de la même époque … datent le chœur et le transept de Notre-Dame-des-Vaux à 1 Chälons-sur-Marne, le chœur de Saint-Rémi de Reims, … les parties basses de l’église de la Madeleine à Troyes, le à chœur de Saint-Quiriace de Provins dont le rond-point fi
est supporté par treize piliers cylindriques. Tous ces mo-
numents ont des arcs-boutants apparents. Enfin dans le
nord, la cathédrale de Cambrai démolie en 1796, était le
spécimen des premières cathédrales gothiques ; elle avait he été construite de 1150 à 1180. |
Bibliographie. (Voir la bibliographie générale à la fin du volume). Lefèvre-Pontalis. L'architecture religieuse dans l'ancien diocèse de Soissons, Paris, 1897. Saint-Evremond de Creil (Bulletin Monum., 1904, p. 160). Etude sur le chœur de Saint-Martin des Me (Bib. de l’École des Chartes, 1686). Etude sur la date de l'église de Saint-Germer (id., 1885). — Anthyme Saint-Paul, Suger, l’église de Saint-Denis et Saint-Ber-
nard (B. À. C. T. H., 1890). — Alline et Loisel. La cathédrale de Rouen avant l'incendie de 1200, Paris, 1904. — Leglay. Notice
sur la cathédrale de Cambrai (Mon. Soc. Antig. de France, à
VII). — Lambin. Les églises de l'Ile-de-France, Paris, 1904. — : Leclère. L'origine de la voûte d’ogives (Revue universitaire de
Bruxelles, 1902). — de Lasteyrie. Les origines de Free gothique, Caen, 1907. à