PHONÉTIQUE-RACINE A, 0, OU
se rapportant aux astres et aux multiples propriétés, attributs, etc., caractérisés par l'idée de divinité, afférente à ces derniers, paraît se trouver dans la phonétique donnée par le signe annamite o, représentation directe de l'astre, soleil, lune, étoile. Le premier sens de ce signe et de son équivalent oit, œu, sens sur lequel le dictionnaire annamite insiste d'une manière particulière, est noir, obscur, ténébreux, qui nest pas lumineux. C'est vraisemblablement encore une allusion au travail d'enfantement qui paraissait s'accomplir dans l'intérieur de la lune et dont les différentes phases lunaires, ainsi que les images des êtres que l'on supposait y habiter, étaient la m3^stérieuse manifestation. Ce mystère de la génération et de la création, les observateurs des phénomènes de la nature, aux premiers âges, le retrouvaient dans le travail de germination qui se produit dans l'œuf, de même forme et de même couleur que la lune'. Cette analogie est sans doute le point initial de la vénération dont les ovipares étaient, en général, l'objet de la part de ces primitifs. L'œuf symbolique et Vœil mystique des Égyptiens, mots français qui dérivent directement de ce radical, o, œu, nous sont ainsi expliqués'^.
Ce vocable annamite o, œu {ijou % en taï), qui signifie encore être, demeure, domicile, dans, a servi
1. En nnnamite, œuf se dit Ireiing; c'est le mot eung, phonétique caractérisliiiue des animaux lunaires; c'est aussi le mot trang, blanc, lune et monde.
2. Os, chose blanche par excellence, dérive également de ce radical. Ouza, en égyptien, l'œil symbolique, et ouas, sceptre, se rapportent de même à l'idée d'objets divins, sacres.
3. Et aussi, a qui est souvent substitué à o, œu, avec la même signification. Ou-a, répétition du même sens, donne ga, gallinacé.
52 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES à la création d'un nombre considérable de mots de toutes les langues; vouloir en suivre les transformations serait entreprendre l'étude du langage humain. Nous nous bornerons à signaler qu'on le trouve dans un grand nombre de mots qui sont eux-mêmes considérés comme des radicaux. Ainsi on a, en annamite :
7'o, comme o, et œu, le nid, symbole du principe, de l'origine de toute créature, de toute famille'; ta, même sens; tao, foj'er, même signification; nù, race; co, être, antique, etc. ; ^ja, da, dza, ra, daou, etc., père, principe, tête, chef, etc. ; do, cause, être, demeurer; so, premier-né, premier œuf qu'une poule pond, principe, origine; to, (ho, principe, origine, etc.
Nous croyons devoir faire suivre des deux remarques ci-après la partie de cette étude qui a trait aux similitudes des mots égj^ptiens et annamites.
1° Les vocables a, o, ou, œu, oun, oung, on, ong, œun, œunfi, en, eng, oua, wa, ha, ga, etc., ont une signification générale de : origine, première, principe, antique, blanc, vénéré, etc., et de supériorité, sens propre à la plus grande partie des mots à la formation desquels ils ont contribué. Citons au hasard : to, tho, tra, tren, tong, thong, theueung, treueiing, ont tous ce sens de: source, principe, supériorité; ta, to, pur, blanc, tho, blanc, antique, dartre, gale, tich, blanc, étain ; that, vrai et supérieur, comme le superlatif grec tatos; to, tôt, that, thot, exceller; thanh,
I. En dahoméen, on à : to, père, logho, aïeul, lofa, nom de roi.