PHONÉTIQUE AN, ON, OUN, ONG
trang, tranh, tinh, thieng, thiet, tho>ian\ etc., ont eux, le sens de pur, vrai, sans mélange, droiture, perfection, supériorité, etc., comme théos, dieu, comme (er, très, etc. ; co, dans coton; hong, coton (ce qui est blanc), et hong, oie sauvage, en annamite, renfermant le radical o, ong, blanc.
Le vocable on, eun, oun, par lequel sont désignés des objets consacrés à la lune, objets sacrés, divins, se retrouvent avec la même signification de supériorité dans hou, heun, en annamite : plus, surpasser, l'emporter sur (qui n'est que le comparatif grec ".oiv, latin or); dans bon, beaucoup, quatre (au delà de trois, qui dépasse trois), principe, origine; dans chôn^, chenu, vrai, sincère, choix, ce qui est beau, préféré, etc., et aussi, ce qui est un point important à retenir, la phonétique caractéristique d'un grand nombre d'animaux de la race des belettes, fouines, martes, putois, renards, etc., qui étaient vénérés, de la part des Egyptiens, pour les mêmes motifs que les chats, gallinacés, etc. ^
2° Si fastidieuses que soient les énumérations de la
1. Rapprochons ce mot th-ou-an, (|ui, en annamite, signifie caille, et aussi, divin, pur, sans mélange, du nom du poulet, ou cailleteau égyptien ou, chose sacrée; les deux vocables ou-an sont la répétition de la même idée.
2. 0, on, on, ou, oun exprime, dans un grand nombre de mots, cette idée de supériorité. Citons Ion, père des Athéniens; War-ouna, le dieu célébré par les poésies sanscrites; Oannès, le roi-poisson des Chaldéens; Aour, le nom du Soleil, dans les langues de l'Orient, or, aurore, etc.
3. Le mot chon qui, en annamite signifie encore ensevelir, mettre en terre, nous parait de même indiquer que ces animaux avaient droit aux honneurs des funérailles. Le grand nombre de cimetières d'animaux que l'on découvre tous les jours en Egypte, sont une preuve que ce privilège s'étendait à tous les animaux sacrés.
54 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIES AVEC LES ANNAMITES nature de celles que nous avons données, nous les avons jugées nécessaires pour répondre, une fois pour toutes, à cette objection qui nous a été souvent faite par certains rigoristes Annamitologues : de torturer en quelque sorte les vocables de cette langue de manière à leur donner une forme qui puisse permettre le rapprochement, recherché pour les besoins de la cause, entre des mots annamites et des mots d'autres langues. D'après eux, aucune nuance, aucune inflexion ne saurait être admise dans la prononciation des vocables annamites, sous peine de les rendre incompréhensibles. A la vérité, il n'est pas permis de nier que des séries de mots, de nuances si différentes en apparence, que nous avons présentées, il ne se dégage une phonétique qui donne à tous les A'ocables de chaque série une signification commune nettement déterminée.
Comment, par exemple encore, ne pas reconnaître la même idée de source, principe, origine dans l'énumération des mots annamites ci-après : lao, foyer, commencement, point de départ, créer (la famille); tô, nid, source, origine, aïeux, ancêtres; ////, //h///, Ihoui, principe, commencement; tint, tête, chef, le premier; long, lien, ihong, thouong, theueung, treung, principe, source, souche, premier, antérieur, supérieur, empereur, etc. ; thou, tho, de très longue durée.
D'ailleurs, les dictionnaires annamites signalent l'équivalence absolue de mots tels que : uij et ôi; luj et oai; uy et nuy; ugen et oan; uinh, vinh et Khuinh; Clin et om; uon et oan; uc et nguc; âm et râm; sinh, saîih et senh; meo, mao et 7niêu; Kinh et cang\ mu et
PHONÉTIQUES-ETHNIQUES, TA, SA, MA bo
mao; da, (ha et ,7m; cuon et qnijen; thech et thicli; et de nombre d'autres vocables de prononciation paraissant quelquefois très dissemblable et qui ont cependant une signification commune.
D'autre part, ce qu'il importe de distinguer, avant tout, dans renonciation des vocables annamites, c'est la tonalité, V accentuation grâce à laquelle le même mot peut acquérir les significations les plus opposées.
Un autre point à signaler est que cette langue possède les phonétiques caractéristiques de toutes les races. Un travail intéressant consisterait à comparer entre elles toutes ces phonétiques-ethnirjues, à chercher à démêler les raisons qui ont fait adopter par telle race ou tribu telle phonétique de préférence à telle autre et, aussi, à déterminer le principe qui a présidé à la fonuation des mots de chaque race, mots extraits, par elle, de ce fonds commun de A'ocables qu'est la langue annamite. Bornons-nous, sur ce sujet qui exige, pour être traité, une compétence que nous ne possédons point, à présenter simplement ces quelques remarques :
A, 0, ou, ainsi que les radicaux tels que an, œu, on, oun, etc., qui sont déjà à l'état de vocables composés, sont bien des éléments primitifs du langage. Les dillerentes races, en accolant, chacune, sa phonétique à ces éléments, ont formé un certain nombre de mots qui, tous, ont emprunté à cet élément sa signification propre. La détermination de cette phonétique n'est d'ailleurs, peut-être, que l'une des conséquences de
56 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES l'habitat de la race, la manière de prononcer un même mot variant, on le sait, comme expression, comme douceur, comme rudesse, selon la nature du climat. Cette constatation ne va pas à l'encontre, tout au contraire elle peut être invoquée en faveur de la communauté d'origine des races humaines; elle confirme en tout cas, l'importance de la phonétiqueethnique.
La race qui a pour phonétique-ethnique /, th, a ainsi formé, au moyen des éléments ci-dessus énumérés des mots tels que fa, fo, t\io, fou, foun, foung, fouiulou, etc., tous ces mots, nous l'avons vu, renferment l'idée de lumière, serpent, étoile, lumière astrale, lune et hauteur ou éloignement, comme la lune [oundou et foundou sont des mots ouolofs signifiant, l'unie chat, totem de la lune; l'autre, mont, dune). Les phonétiques-ethniques s, m, c ou K ou A7/, /, etc., nous donneront des vocables ayant des significations analogues aux précédentes. Citons :
Sa, so, sou, soun, son, lune, soleil, sommet, etc.
Ma, mo, moon, monn, moung ; astre, lune (comme moon, anglais, nfoun, annamite), élévation (comme français, mont), etc.
Ca, cao, Ka, Kha, Koun, King, Kong, etc., astre, lune {Kala, gala, Kalo) ; animaux consacrés à la lune; hauteur, montagne (comme Kong, etc.).
La, lô, lôn, loun : long, loin, lune, etc.
Ajoutons que le ton suivant lequel chacun de ces vocables sera prononcé, servira à fixer sa signification, notamment dans la langue annamite qui a conservé trace du principe qui a présidé à la formation