ORIGINE DU TOTÉMISME ÉGYPTIEN M
en chinois : ti et tou, tigre, musaraigne, autant d'animaux qui sont, on le sait, consacrés en Egypte, au culte des dieux lunaires. La lune était, en eflet, l'un des emblèmes de ce dieu Thot.
L'emblème dont chacun des Nomes d'Egypte était pourA'u, nous dit M. Loret, était honoré, vénéré par la tribu ; il était considéré par elle comme son A^éritable ancêtre et portait son nom. Nous pensons aussi que les Egyptiens et les Annamites ont voué un culte spécial à certains animaux, autrefois de la couleur de la neige et de la lune, parce que ces animaux étaient les contemporains de leurs ancêtres, et, comme eux, de couleur blanche, aux époques glaciaires ; et, encore, en souvenir de cette coexistence, à l'origine des races humaines, animales et végétales, c'est-à-dire à l'origine de ce que nous entendons par le terme : la création des êlres animés ^
1. Les Égyjjtiens, comme plus tard les Grecs et les Latins, écrit un éminent 'Egyptologue, W. Maspero, avaient divinisé tout ce qui se rapportait aux temps où se forma leur race, « parce que la connaissance du pays dont ils étaient originaires s'étant effacée de leur souvenir, ces vagues notions leur apparaissaient comme les cimes lointaines ([u'on prend d'abord pour des nuages ».
Avant eux, les Chinois et les Annamites avaient fait de même. Les animaux qui correspondent aux douze veilles ou heures de ces peuples, ceux qui correspondent aux douze veilles des Japonais, ceux encore que l'on voit représentés sur les inscriptions de Dendéra et d'Esné (Egypte) (aussi Lien les figurations des douze signes du Zodia([ue que celles d'animaux non compris dans ces signes), témoignent, par leur présence dans ces dillérentes énumérations ou inscriptions, ([u'ils se rapportent à une race, qu'ils sont les contemporains de l'origine de cette dernière; les animaux ([ui sont, en outre, l'objet di'un culte plus particulier, comme ceux formant les représentations zodiiaicales, ceux ([ue l'on croit voir dans la lune, etc., sont ainsi distingués, sans doute parce qu'ils ont été associés d'une manière plus intime à l'existence des primitifs de cette race, qu'ils les ont suivis dans leurs migrations, etc. C'est pour ces raisons qu'en Chine et en Annani, les mots //, ta, tcha, etc., qui comportent un sens de vénéra-
12 LES ÉGYPTIENS IDENTIFIÉS AVEC LES ANNAMITES En annamite, thô et tô, en outre des mots terre, lune et lièvre, signifie proprement : ancêtre, vénérer, honorer; tho signifie culte, longue vie; Ihou signifie tête, origine, principe, précédent, antérieur, premier; thi, vrai, principe, origine (la véritable origine); tét, le premier jour, la tête de l'année; thong, principe, origine, règle, gouverner; thoï, autrefois, coutumes, mœurs; toiig, chef, origine, source, temple des ancêtres, sacrifices; to-tong, ancêtres; enfin, ti-to, qui n'est que la répétition de la phonétique-racine de tous ces mots, signifie : le plus ancien des ancêtres d'une famille.
Nous trouvons, de même, dans la langue kmer, qui, on le sait, a une communauté d'origine avec la langue taï ou siamoise : ton-saï (de to, lièvre; eisaï, blanc, dans cette langue), le lièvre et le lapin; tôt, roi; toUy aller, partir, allusion à une race nomade; touch, orang-outang, emblème ou totem d'un des dieux égyptiens et terme de mépris, en ouolof; en langue taï, lièvre se dit encore : ta'i ou tho ; taï signifie la vérité et labourer, charrue, allusion à une race d'agriculteurs ; lune se dit chan, qui est le mot chinois tchdn, lièvre, lune, écorché, pelé* (comme châ ou xa, serpent, couleur d'astre); lune se dit aussi, en taï :
tion et une idée de blancheur, désignent un aussi grand nombre d'animaux tels que : tigre, rat, serpent, épervier, bouc, faisan, etc. Tous les animaux faisant l'objet du culte primitif paraissent avoir été, d'abord, de couleur blanche : le souvenir en est resté dans la vénération dont sont encore l'objet, en Extrême-Orient, par exemple, le cheval blanc, l'éléphant blanc, le tigre et le lion blancs des légendes, etc.
1. Comme les Pélasges, qui ont, pour totem, laghos, le lièvre; gens venus par mer; de la couleur du pélican, etc.