LE DIEU EGYPTIEN THOT
Le Dieu Thot, d'après les traductions des différents hiéroglyphes qui le concernent, était vénéré à Hermopolis. C'est un des noms de Ptali ou Ptah- Tatounen, le Dieu primordial, « le Père des Dieux, fabricateur de la substance des Dieux, Créateur de tous les êtres de cette terre, le Producteur d'œuvres par excellence ».
Une figurine que l'on peut voir au Musée Guimet, nous montre Thot, représenté par un homme, à tête d'ibis, l'oiseau emblématique de ce dieu, surmonté d'un disque reposant sur un croissant K Thot est un dieu lunaire. Aucune inscription ne se lit sur ce disque ; mais sur le disque surmontant le dieu thébain Khons, que l'on peut voir dans le même Musée, et qui a le même rôle lunaire que Thot, on distingue un petit dessin, gravé et peint en blanc, qui représente un lièvre -.
1. Nous tenons, à cette place, à remercier le distingué M. E. Guimet, Directeur fondateur du Musée qui porte son nom, ainsi que l'aimable personnel attaché à la Direction, et en particulier MM. de Miilouë et Meunier-Rivière, du concours empressé qu'ils nous ont donné à l'occasion des recherches que nous avons été amené à effectuer parmi les précieux documents qui composent la bibliothèque et les collections de cet établissement.
2. Dans une vitrine de la salle des Dieux Égyptiens, au Musée du Louvre, nous avons de même remarqué, sur les disques surmontant deux figurines représentant un dieu lunaire (Mouth), un animal qui nous a paru être également un lièvre. Dans l'un de ces animaux nous avons cru cependant reconnaître un gallinacé : cette découverte tendrait à prouver la parenté totémique, sinon la communauté d'origine des tribus qui auraient pour totems le lièvre ou les gallinacés. Le plumage de certains gallinacés, on le sait, dans les régions hyperbo-
En annamite, thô, to, ont cette multiple signification de lune et de lièvre, lapin, et, aussi, de terre, et d'être A'énéré.
L'emblème primitif du dieu Thot, comme celui de la plupart des dieux égyptiens, est un bâton pastoral dont une extrémité porte une tête de lévrier, ou peut-être de lièvre'. Cet animal paraît indiquer que la tribu désignée par ce mot thô était originaire d'une contrée où la lune et le lièvre, tous deux de couleur blanche, constituaient le toleju de la race; il marque ainsi l'origine liyperboréenne de cette dernière, et également, comme nous le verrons, que cette race était de couleur blanche. L'ibis, adjoint cà ce culte, se dit, en égyptien, thouti, ce qui n'est autre que le mot thot. Toti ou Thoiiti est également, en égyptien, le nom du singe par lequel Thot est aussi quelquefois représenté. En annamite, nous ne connaissons pas de mot, de la phonétique touti, désignant spécialement l'ibis; mais on a, en chinois //, le grèbe et le crabier; et, en kmer : l'orang-outang, loiœh ou touk (Ké-tou), c'est-à-dire chose qui se rapporte ou qui est consacré à Ton ou Thot. On a encore, dans cette même langue : ton, faisan, argus; toum, poule sultane; toung, pélican (ou animal au plumage blanc); téaiifj, coq ou poule de combat; téa, canard; totea, perdrix; tor, lion chevelu (animal fantastique), su ten, en annamite. On a,
récnnf's, a, commo le pelap-e du lièvre, la propriété de prendre la couleur blanche pendant l'hiver. Ajoutons que, dans quelques langues, les gallinacés sont désignés par la même phonétique que le lièvre, et que cette phonétique est aussi celle du chat Cgat). qui est ég-alement le double, le totem de certains dieux lunaires. 1. En ann., tho signifie sceotre, bâton.