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de chez son maître On chassa l'infortunée Catherine, on l'empêcha
môme de coucher chez le portier de la maison, qui lui ojDFraitun asile jusqu'au lendemain. Elle s'en allait tristement, lorsqu'au milieu de la place Saint-Michel un homme, un monstre la saisit, la jette brusquement dans un fiacre, la conduit à la Force On lui fait subir trois
mortels interrogatoires On ose, qui le croirait? on ose la menacer
de la potence.
« Enfin, tremblante pour sa vie, liyrée aux plus affreuses réflexions, folle de désespoir, Catherine préfère la mort à la honte de trahir son maître, et à celle de périr sur l'échafaud du crime. Déjà elle avait essayé de s'étrangler; le succès n'avait point répondu à cette première tentative, elle a le courage de se porter à la gorge plusieurs coups d'une fourchette rouillée. On la trouve étendue par terre, baignée dans son sang On l'avait entendue la veille et les jours
précédents protester hautement et à grands cris de la probité, de l'innocence de son maître et de la sienne! Hélas! oui, elle connaissait parfaitement mon innocence. Elle était elle-même irréprochable
« 0 justice des hommes la plus odieuse des injustices, ô fille
incomparable, martyre sublime de la vertu et de la fidélité domestiques, daigne agréer l'hommage de mes plus douloureux regrets et de mes
larmes! Un poids immense de douleur me suffoque. Mon âme est
atterrée. 0 Réveillon ! lis ce récit I Cet événement déplorable est une suite de l'arrêt provisoire que tes agents ont sollicité contre moi. Il est donc ton ouvrage, au moins indirect. Je ne t'accuse point, je ne te
condamne pas non plus; je me contente de te plaindre
« Tu dis dans ton exposé justificatif que tu n'as jamais fait que des ingrats, et non des malheureux. On t'a donc cruellement trompé en poursuivant contre moi, sous ton nom, une procédure vexatoire;qu'avais-je donc fait? Quels torts as-tu soufferts par ma faute? On t'avait présenté de ma part un billet au bas duquel tu reconnais ta signature, billet que j'ai véritablement reçu en payement d'un libraire étranger. Je ne t'ai demandé par aucun acte le payement de ce billet; s'il est faux, je suis innocent de ce faux, puisque je prouve qu'il m'a été donné en payement. Serait-ce un crime d'avoir été trompé? Tu n'aurais pu me poursuivre qu'autant que j'aurais demandé judiciairement le payement de ce billet. Cependant j'ai été poursuivi extraordinairement. On m'a dépouillé, en ton nom, de mon bien, de mon état, de l'honneur! »
En suivant les minutes d'arrêts du Parlement, jusqu'à la fin