‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 166 sur 549 · LES CAHIERS DES COMÉDIENS · texte numérisé non relu

LES CAHIERS DES COMÉDIENS

« Il doit être permis aux prêtres de se marier. L'ecclésiastique le plus rigoriste ne peut même être choqué de cette permission; car permettre n'est pas forcer.

« Il doit être permis de rompre les vœux monastiques, et défendu désormais de recevoir des novices dans aucun monastère de l'un et l'autre sexe. La société politique ne doit point tolérer des institutions dont l'esprit est de rendre des hommes inutiles à la société

« Les comédiens et autres personnes, s'il en est, qui ne jouissent point en France de l'état civil, doivent en jouir désormais. La mort civile ne peut être juste qu'à l'égard des criminels convaincus. »

Pour Messieurs les comédiens français et pour tous les ordres des théâtres royaux de Paris , étaient également publiés et présentés deux Cahiers^ de style léger, contenant diverses demandes assez sérieuses, entre autres celles-ci du premier :

u Contre le préjugé qui flétrissait la profession de comédien. — Certaines compagnies, comme celle des avocats, chassaient de leur sein les individus qui épousaient non seulement une comédienne, mais même la fille ou la nièce d'un comédien, ainsi qu'il arriva à M. François de Neufchâteau pour avoir épousé la nièce de M. Préville Cette

loi barbare et ce préjugé funeste auraient dû céder à une déclaration du Roi Louis XIII du 16 avril 1641, qui porte que l'exercice de cette profession ne peut être imputée à blâme ni préjudicier à la réputation

dans le commerce public déclaration qui doit être renouvelée et

sanctionnée par la Nation, avec mention sur le registre de toutes les compagnies d'avocats du royaume

« Le goût du Théâtre-Français s'est singulièrement affaibli La

cause principale de l'éloignement de la Nation pour le théâtre national est l'extrême cherté du prix des places. Corneille, Racine et Molière

ne vieilliront jamais Mais il n'y a plus que les étrangers et les filles

qui puissent venir aux Français depuis qu'on a doublé et triplé le prix des places. — Arrêté que le prix du parterre sera réduit à vingt-quatre sols

« Arrêté, d'une voix unanime, — à propos des lettres de cachet et autres ordres arbitraires que se permettent très souvent, contre les membres de la compagnie, MM. les gentilshommes de la Chambre, qui, pour les moindres fautes, envoient à la Force des hommes, leurs égaux, leurs concitoyens, — que les États généraux seront suppliés de

1. Le premier de 30 pages et le second de 20 pages in-S». Bibl. nat. Lb'* 1592 et 7083.

comprendre, dans les ordres arbitraires dont ils demanderont la suppression, ceux qui concernent les sujets du Théâtre-Français. »

Voici le premier et le dernier article du second Cahier des artistes dramatiques :

« Il est absolument injuste que, dans un siècle aussi éclairé, il existe un décret portant anathème contre une portion de citoyens, qui souvent, par leurs vertus privées, et toujours par leurs aumônes abondantes, ont le plus grand droit à l'indulgence du Saint-Père ; il sera supplié de nous traiter comme les bouffons (classe d'acteurs bien intérieure à la nôtre), qui font les plaisirs de la ville de Rome, et contre lesquels, même dans ses domaines, le Saint-Père n'a jamais lancé d'excommunication

« Enfin, nous croyons pouvoir exiger aussi la suppression de ces écoles connues sous le titre d'École dramatique, de musique, composition, danse, chant, déclamation, etc. A quoi bon tant d'écoles et tant d'instituteurs? Les Baron, les Dufresne, les Lecouvreur, Dangeville, Clairon, Lekain, Chassé, Lemaure, Cailleau, Dupré, etc., etc., ont-ils été élevés à l'École? et nous-mêmes ne sommes-nous pas les disciples de la Nature?... »

Quarante-huit loueurs de carrosses de place et de rem,ise de la Ville et faubourgs ont l'ait imprimer S déposer dans les troncs électoraux et distribuer dans les rues des

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