PLAINTES DES MARCHANDS DES HALLES
Roi et des États généraux; enfin mettez-nous à portée de vivre, et nous serons en état de vous bien servir.
« Puisse notre exemple servir à convaincre de l'abus désastreux des privilèges exclusifs! Heureux si nous sommes parvenus à démontrer la nécessité de les abolir, ou tout au moins de les restreindre ! Et plût à Dieu que nos doléances contribuassent à faire établir ce principe salutaire, qu'il serait plus humain, et quelquefois moins coûteux, de prévenir les effets de la misère que de multiplier les hôpitaux et les prisons pour loger les victimes ! »
11 fut préparé « pour MM. les Députés de la Ville de Paris des Do/éa?7ces des marchands forains et autres des Halles S » dans lesquelles était étudiée cl fond la question de l'origine des halles et marchés, ainsi que celle des droits de propriété et des usages qu'y avait le public. Les auteurs avaient pour but principal « de dévoiler des innovations, conçues dans l'ombre et le silence » et devenues les principales causes de la cherté des denrées de première nécessité :
« Les Halles ont été destinées, concédées à l'utilité publique par les premiers habitants des villes, ensuite par les Magistrats qui en furent les premiers princes, et depuis par les Souverains : de sorte que dénaturer, échanger ou aliéner, par autorité et pour des intérêts particuliers, le terrain des Halles serait porter atteinte à la propriété du public, dont le Souverain doit être le tuteur et le conservateur.
« En vain objecterait-on que les bornes de l'ancien terrain des Halles se sont accrues par les soins et aux dépens de nos Rois : que cela soit, il n'en est pas moins vrai que le public est devenu propriétaire des accroissements qu'il a rachetés, s'ils ne sont faits, pour la plupart, qu'à la charge d'impositions sur les denrées qui se vendent dans les Halles. Soit que le public les eût payés pendant un temps limité; soit qu'il lui en eût été fait remise sans réserve : dans l'un et l'autre cas, il est bien propriétaire des accroissements... Les lui reprendre aujourd'hui ne serait-ce pas une sorte d'usurpation?
« Si l'ex-ministre (Galonné), nouveau cosmopolite, coupable au moins de sa fuite chez une nation étrangère, toujours l'émule de la nôtre, eût été pénétré de ces principes, il n'aurait pas employé son autorité à l'exécution de projets destructifs des propriétés publiques. . . Cet homme a investi la Capitale de ses systèmes : une muraille et des bastions ridicules s'y élevèrent bon gré, mal gré, sur des possessions