LA RÉFORME DES HOPITAUX
toujours de tous les objets de salubrité, la Faculté de médecine; ses députés et l'architecte de l'Hôpital général ont fait voir qu'ils pouvaient reconnaître les défauts d'un hôpital et enseigner comment il est possible d'y remédier. Sans courir chez nos voisins, sans charger le gouvernement de frais considérables, la Nation trouvera dans la Faculté de médecine, aidée d'un architecte, toutes les lumières nécessaires pour le choix de l'emplacement d'un Hôtel-Dieu, la position, la distribution des bâtiments et ce qui concerne l'administration intérieure. »
Au cours de la discussion du Cahier, le 10 mai, sur l'article portant « seront, les quatre hôpitaux, construits le pluspromptement possible », furent présentées des Observations que l'architecte Jallier de Savault fit aussitôt imprimer.
Cet électeur du district de Saint-Martin-des-Champs combattait le plan des quatre hôpitaux présenté par les académiciens, soutenant qu'ils seraient mal placés. Pour obvier à l'inconvénient de l'entassement des malades, il proposait :
« Puisque tous les Cahiers demandent la suppression et la réunion des couvents d'hommes et de femmes inutiles à la société, qu'on transforme les bâtiments qu'ils vont abandonner en hospices
(( L'Assemblée municipale de Paris sera chargée de s'occuper surle-champ des nouveaux hôpitaux et d'examiner lequel est plus avantageux d'établir des hospices dans les couvents à supprimer, ou de construire les hôpitaux proposés par l'Académie. »
Ce texte ne passa pas intégralement dans le Cahier définitif, mais l'article impératif en faveur du projet des académiciens fut corrigé.
LA DISCUSSION DES CAHIERS ET l'élection des DÉPUTÉS DU TIERS ÉTAT
C'est sans doute à la petite ville des Martigues, dans la sénéchaussée d'Aix^ que revient l'honneur d'avoir, en revendiquant la liberté individuelle, réclamé la première non seulement l'abolition des lettres de cachet, mais aussi la destruction des prisons d'État, et très expressément la démolition « de la Bastille, Pierre-Encise, etc., leurs matériaux et leurs emplacements vendus au profit de l'État ».
La motion, durant les mois de mars et d'avril, avait fait le tour de la France avant d'être hautement adoptée par les électeurs de la région })arisienne. Les trois Ordres des bailliages de Montfort-l'Amaury et Dreux, délibérant et adoptant leur unique Cahier en commun, avaient à l'unanimité demandé la démolition de la Bastille, ajoutant : a Sur une partie du terrain, il sera élevé un monument à la gloire de Louis XVP ».
La proposition se trouve répétée par les assemblées primaires de la Prévôté et Vicomte de Paris : dans des villages, comme les ïroux, près Chevreuse, Ballainvilliers, Charonne^ dans les départements de la Noblesse et les districts du Tiers ^
A la fin d'un Cahier des trois Ordres réunis à Paris ^ déposé à l'Hôtel Ae Ville par l'abbé Brizard% on lit :