DE LA NOBLESSE
Au cours de ses séances, avant et durant les opérations électorales, la Chambre de la Noblesse reçut directement d'assez nombreux mémoires particuliers, qui furent joints au procès-verbal, mais qui n'ont pas été compris dans la collection manuscrite officielle de Camus et n'ont pas été annexés au Cahier imprimée Nous ayons utilisé ailleurs deux des plus importants : le Cahier d'un magistrat du Châtelet sur les justices seigneuriales - et le Plan général d'hospices royaux'^. Le dernier cité est V Apologie des Juifs, par le juif polonais Zalkind Hourwitz, œuvre couronnée par la Société royale des arts et sciences de Metz, publiée avec approbation du garde des sceaux et privilège du Roi*. La cause, longuement plaidée, se résume en ces termes :
« Les Juifs ne sont point étrangers, ni par la nature, ni par leur religion, mais parce qu'on a l'injustice de les regarder comme tels et de les retrancher de la société. Qu'on leur accorde le droit de Citoyen, alors on verra qu'ils sont Français comme les autres sujets du Royaume Mais dira-t-on, la liberté qu'on accordera aux Juifs attirera dans le royaume des milliers de leurs confrères étrangers. Eh
1. Ces Mémoires particuliers, d'après le procès-verbal de la dernière séance de la Noblesse de Paris entre les murs, avaient été <( fournis par MM. le baron de Cormeré, le vicomte de la Grange, le marquis de Loyac, Boucher d'Argis, de Monvert, le marquis de la Salle, le comte Charles de Marguerie, du Tremblay de Rubelle, le vicomte de Crussol- Montausier, le comte de Guerchy, M. Telles d'Acosta, Quatremère, de Favannes, de Valmalette de Marguerie, de Saint-Mesme, le marquis d'Évry, Clément de Boissy, de Cheffontaine, Mesnil-Simon, Chrétien père, de Maison-Rouge, de Langlat et Zalkind-Hourwitz.
2. Par Boucher-d'Argls, dans notre volume des Élections et Cahiers de Paris hors murs, t. IV, p. 53-55,