‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 210 sur 549 · CLERGÉ. — ÉLECTION DES DÉPUTÉS · texte numérisé non relu

CLERGÉ. — ÉLECTION DES DÉPUTÉS

Le vase du second scrutin, scellé du sceau archiépiscopal, fut confié au secrétaire, pour être ouvert à la séance du soir.

La vérification constata que l'archevêque avait réuni l'unanimité des suffrages, M. de Juigné « fut déclaré premier député » et témoigna de nouveaux sentiments de reconnaissance à l'assemblée.

Au nom des vingt-cinq commissaires chargés de la rédaction du Cahier, leur doyen, l'abbé Delaunay, rapporta qu'ils s'étaient partagés en cinq bureaux, qu'ils avaient classé les mémoires qui leur avaient été adressés parles chapitres, paroisses, communautés et particuliers; qu'ils avaient divisé la matière en deux parties : Religion et Constitution ; que leur travail était commencé, mais n'était pas encore en état d'être lu.

On décida de procéder à l'élection du second député.

L'abbé de Montesquiou obtint la majorité des suffrages; il vint, à l'ouverture de la séance du lendemain, « exprimer avec sa grâce ordinaire » son acceptation et sa reconnaissance.

Le 1" mai, au troisième scrutin, fut élu l'abbé Chevreuil, chancelier de l'Université, qui sur-le-champ accepta.

Au quatrième scrutin, personne n'obtint la majorité plus un des suffrages. Au second tour fut nommé le curé de Saint-Nicolas-du-Chardonneret, Gros, qui, dans la soirée, accepta et « offrit tous les efforts de son zèle pour le bien de la religion et de la patrie. »

L abbé Sabatier proposa de suspendre les scrutins jusqu'après la confection du Cahier. Mais la demande fut rejetée, et l'on procéda au cinquième scrutin, qui fut favorable à Dom Chevreux, général de la congrégation de Saint-Maur.

Au sixième scrutin, le 2 mai, fut élu le recteur de l'Université, Du- MoucHEL, u qui témoigna sa vive gratitude avec l'éloquence que l'on a eu si souvent l'occasion d'admirer depuis qu'il est à la tête de la première Université du royaume. »

L'abbé Le Gros, prévôt de Saint-Louis-du-Louvre, fut nommé septième député, au second tour de scrutin. Il était indisposé et ne put paraître à l'assemblée que le 9. Il envoya, par lettre, son acceptation ainsi motivée :

(( Je m'empresse d'assurer non seulement de mon acceptation, mais « encore de mon respect, de ma reconnaissance, de ma vive sensibilité, « l'auguste assemblée qui m'a honoré de son choix ; elle aurait pu cer- « tainement le faire tomber sur des sujets qui en fussent plus dignes « sous tous les rapports, mais je doute qu'elle eût pu placer sa confiance (( dans un député plus sincèrement dévoué aux intérêts delà Religion, » à ceux du Clergé séculier et régulier et plus fortement attaché aux « vrais et anciens principes de l'Église et de l'État. »

Au second tour du huitième scrutin, le 9, la majorité requise fut obtenue par l'abbé de Bonneval, chanoine de l'église de Paris ; le soir,

l'élu exprima « les yifs sentiments de sa reconnaissance avec l'éloquence mâle qui le distinguait».

Pour le neuvième député, il fallut aussi deux tours de scrutin. Le 11, fut élu le curé de Saint-Gervais, Veytard.

Trois tours de scrutin furent nécessaires pour le dixième et dernier député. Au supérieur général de la congrégation de la Mission, Keila de la Garde, fut préféré l'abbé Perrotin de Barmond, conseiller au Parlement, qui, le lendemain matin, « se présenta et adressa ses remerciements dans les termes les plus touchants et les plus énergiques. »

ÉLECTION DES SUPPLEANTS

On décida, par acclamation, de nommer cinq suppléants aux députés, et l'on arrêta de les choisir au scrutin de liste, à la pluralité des voix. Le scrutin et sa vérification durèrent six heures. Le 12, dans la journée, furent nommés :

Keila delà Garde, supérieur général de la Congrégation de la Mission ;

Bèrardier, grand maître du collège Louis- Le-Grand;

Dom Frennelet, proviseur du collège des Bernardins ;

L'abbé de Damas ;

Benière, curé de Saint-Pierre de Chaillot et secrétaire de l'assemblée.

Ce dernier « manifesta sa reconnaissance en levant les mains au ciel pour que sa mission n'eût point d'objet » ^

DISCUSSION DES CAHIERS Extraits du, procès-verbal des séaîices du 5 au 1 6 mai.

" Le 5 mai au matin, a été lue une partie du travail de MM. les

commissaires pour la rédaction du Cahier

« La lecture a continué le 5 au soir. On a arrêté quelques changements et modifications

« Le 6, au soir, on a repris l'examen du travail de MM. les commissaires et, sur les observations faites par plusieurs membres de l'assemblée, on a arrêté divers changements, modifications et additions, notamment en ce qui regarde l'Université de Paris, le Mont-de-Piété, le renvoi de tout ce qui peut concerner les ordres religieux aux conciles provinciaux, la nécessité de donner aux paroisses de la Ville et faubourgs de Paris des bornes et limites plus raisonnables et favorables aux paroissiens, et enfin les moyens de favoriser la reconstruction des églises

1. Nous avons évité les redites du procès-verbal manuscrit de la collection Bill 114. mais nous n'en avons rien retranché. Le nombre des voix obtenues et les noms des candidats qui ont échoué ont été omis systématiquement par le secrétaire rédacteur Benière.

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