‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 219 sur 549 · Voir ci-dessus, p. 155-lGO · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p. 155-lGO

2, Voir t. II, p. 332-33G.

Paris, le 13 mai,

« Les Communes de Paris n'ont encore nommé qu'un seul député aux États généraux, c'est M. Bailly. L'élection de la Noblesse est terminée

« Les Cahiers du Clergé sont généralement désapprouvés et fournissent matière à des calembours plus ou moins ridicules. Ils pensent en principe que le Roi ne tient son pouvoir que de Dieu, qu'il est le seul législateur et qu'il n'est comptable envers qui que ce soit de l'usage qu'il l'ait de son autorité. Ces principes ne sont pas ceux du jour, et ceux qui les adoptent sont forcés, pour ne pas se compromettre, de gémir dans le silence

« Le discours de M. Necker (à l'ouverture des États généraux) a

paru ce matin Il fait le plus grand effet dans le public; il réunit les

suffrages du plus grand nombre Au café du Caveau, à la fin de la

lecture, quand tout le monde applaudissait, un particulier, profitant d'un moment de silence, voulut pérorer à son tour et détruire l'enthousiasme de l'assemblée Ses observations déplurent au point

qu'on lui tomba sur le corps et qu'il pensa perdre la vie Au café de

Foy, l'enthousiasme fut moins général ; à celui de Valois, le parti de l'opposition prévalut »

Paris, le 14 mai.

« La nomination des députés du Tiers État de la Ville de Paris éprouve toujours les plus grandes difficultés. On accuse certainement

les avocats d'être la causede ce désaccord MM.LeCoulteuxdu Molay

et Le Coulteux de la Noraye ont été exclus de l'Assemblée comme nobles

« Les principes du Clergé sur l'autorité du Roi font la nouvelle du jour et troublent toutes les têtes. On dit que, de tout temps, le Clergé a favorisé le despotisme pour soutenir le sien. On se méfie beaucoup des Parlements ; on les croit capables de sacrifier la Nation pour leurs propres intérêts, et on les soupçonne généralement de se rapprocher du Roi pour maintenir son autorité après avoir tenté inutilement de l'en priver

« On présume et l'on craint que la Noblesse n'adhère aux principes du Clergé et des Parlements. Mais le public, toujours avide de nouveautés et toujours extrême dans ses désirs, met toute sa confiance et son espoir dans l'Ordre des Communes. On dit qu'elles seules forment la Nation et qu'elles défendront ses droits avec autant de sagesse que d'opiniâtreté »

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