‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 263 sur 549 · CAIITER DU TIERS. — AFFAIRES PARISIENNES · texte numérisé non relu

CAIITER DU TIERS. — AFFAIRES PARISIENNES

d'août 1781, sur les sucres et cafés, en y substituant un droit de vingt sols seulement par quintal à l'entrée du royaume, on parviendrait à détruire la contrebande sur cet objet, et il en résulterait un grand avantage pour le produit de l'impôt.

« Qu'en attendant leur suppression totale, on diminue les droits excessifsaux entrées de Paris sur les vins et eaux-de-vie, attendu qu'ils provoquent la contrebande, également onéreuse au commerce et nuisible au produit de l'impôt.

« Que néanmoins il soit pris des mesures, lors de la suppression ou modération des droits aux entrées de Paris, pour donner le temps de consommer les vins et eaux-de-vie qui y seraient emmagasinés.

« Que, jusqu'à la suppression des droits d'entrée, les vins, eaux-devie et autres espèces de marchandises, destinées pour l'approvisionnement de Paris, puissent être emmagasinés hors ses barrières sans payer aucun droit, à la charge cependant de justifier de leur entrée à Paris.

« Que si les aides subsistent, on fasse cesser l'arbitraire du droit de gros qui se perçoit sur les vins destinés pour les environs de Paris, et qu'on en fixe la perception d'après le prix commun du lieu du cru.

(( Que les droits que la Ville de Paris perçoit sur les vins et eauxde-vie, sous la dénomination de déchargeurs , rouleurs, jurès-vendeui's, officiers-metteurs à port, soient supprimés, parce que la Ville ne gage plus ces sortes d'ouvriers, dont les salaires sont payés à l'arrivée par les consommateurs, et que de celte perception il résulte un double emploi.

Qu'on supprime pareillement l'impôt perçu par la Ville, sous le titre de contrôleurs-jaugeurs, officiers qui ne subsistent plus.

« Que les droits d'entrée à Paris, pour la portion affectée aux hôpitaux et aux dépenses de la Ville, soient convertis en une imposition plus simple et d'une perception plus facile.

« L'Assemblée de Paris s'occupera des moyens de remettre en activité les règlements qui jusqu'ici ont été inutiles pour réprimer le scandale de la prostitution publique.

« Que les collèges soient distribués également dans tous les quartiers de Paris, pour y répandre et faciliter l'instruction.

« Qu'il soit construit un pont vis-à-vis l'Arsenal, et que les murs qui enferment la Ville soient abattus ; que les bâtiments qui sont aux portes soient employés à des objets utiles, en en supprimant les emblèmes de la fiscalité.

(( Les États généraux prendront en considération les moyens d'étendre l'utilité de la Bibliothèque du Roi, et de procurer au public la liberté d'y entrer tous les jours, matin et soir.

« Il sera représenté aux États généraux l'avantage d'établir un dépôt public, où sera consigné un double du répertoire que les notaires sont obligés de tenir de tous les actes qui se passent devant eux.

« L'Assemblée de Paris s'occupera des moyens de préserver les maisons de la partie septentrionale des eaux qui inondent les caves.

« Que les États généraux s'assemblent désormais à Paris, dans un édifice public destiné à cet usage. Que sur le frontispice il soit écrit : Palais des États généraux, et que, sur le sol de la Bastille détruite et rasée, on établisse une place publique, au milieu de laquelle s'élèvera une colonne d'une architecture noble et simple, avec cette inscription ; A LoDis XVI, restaurateur de la liberté publique.

« Signe : Target, président librement élu;

« Camus, second président élu librement; « Bailly, Guillotin, secrétaires élus librement ; « Et plusieurs des commissaires-rédacteurs, n

LE CA.IIIER DE LA VILLE DE PARIS ET LES DEMANDES PARTICULIÈRES DES HABITANTS

Un architecte et graveur bien connu, Pierre Patte \ envoya à Necker, puis fit remettre à l'Hôtel de Ville, à l'adresse des représentants de la Ville de Paris, une Pétition^, dont voici la partie essentielle :

« Quoique je n'aie pas l'avantage d'être admis aux États généraux pourquoi ne me serait-il pas permis de faire entendre ma voix à MM. les représentants à cette auguste Assemblée, supposé que j'eusse des lumières particulières sur des objets dignes de la plus sérieuse attention pour cette capitale?

« Je vous le demande, messieurs, si l'air de Paris venait à se vicier à un certain point; s'il y régnait pendant les chaleurs des maladies épidémiques, si l'eau qu'on y boit cessait d'être salubre;si la Seine devenait à vue d'œil un vrai cloaque, si son lit, à force de s'élever par des dépôts successifs, obligeait d'enterrer les bâtiments et y occasionnait en même temps des inondations qui missent obstacle à son commerce et aux approvisionnements nécessaires pour sa consommation ; je vous le demande, dis-je, cette ville si opulente et si peuplée, aujourd'hui le séjour du talent et du génie, que deviendrait-elle?

« En vain se serait-on appliqué pendant des siècles à l'embellir et à en faire la capitale la plus recommandable du monde, faute de s'être rendu attentif à temps aux effets successifs qui auraient détérioré sa

constitution physique, elle parviendrait de nécessité à se dépeupler

et bientôt n'offrirait plus aux regards de la postérité, comme tant de

1. Né à Paris le 3 janvier 1723, mort à Mantes le 19 août 1814. Il avait publié, de 1771 à 1776, un Cours d'architecture en 6 volumes in-8j ea 1782, un Essai sur l'architecture théâtrale.

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