‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 265 sur 549 · MÉMOIRE CONCERNANT LES VOIRIES · texte numérisé non relu

MÉMOIRE CONCERNANT LES VOIRIES

« Entre les nouvelles barrières de Saint-Denis et des Vertus,

on entasse journellement les boues de Paris. Tout près de ce dépôt est le Combat de taureaux, autre cloaque. Les animaux féroces qu'on y donne en spectacle sont nourris avec les chevaux qu'on jette à la voirie qui s'est placée auprès d'eux. Plus loin et presque attenant la nouvelle barrière Saint-Martin, non loin de Fhôpital Saint-Louis, destiné à faire un des principaux Hôtels-Dieu de Paris, est un bassin de six arpents, où l'on vient journellement vider les vidanges des fosses d'aisances. Le lac d^Averne, sur lequel les oiseaux ne pouvaient voler sans perdre la vie, n'était pas plus infect. Ainsi, sur un carré de terre de deux ou trois portées de fusil en tous sens, on a réuni tout ce que la boue peut produire d'infection, tout ce que les matières fécales peuvent répandre de miasmes, tout ce que la putridité des animaux peut enfanter de corruptions et de méphitisme

« Il y a même tout lieu de craindre qu'à la longue les liquides des matières ne gagnent le banc de sable, ne se réunissent aux sources des montagnes, qui prennent leur écoulement pour se rendre à la rivière, et n'infectent tous les points qu'elles rencontreront dans leur passage jusqu'à la Seine.

« Ainsi, bientôt les nourrisseurs de bestiaux de ce quartier, les

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