‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 269 sur 549 · LA VIDANGE DES LATRINES · texte numérisé non relu

LA VIDANGE DES LATRINES

« Supprimez tous privilèges exclusifs pour la vidange des latrines, parce qu'ils sont la source d'une infinité d'abus La Compagnie des ventilateurs s'est présentée en promettant merveille A la

Compagnie des ventilateurs s'est jointe celle des Pompes antiméphitiques. Au moyen de cette annonce imposante, on a surpris encore mieux la crédulité du public, qui n'en est plus la dupe; les ventilateurs n'infectaient que la maison qui avait besoin d'eux, et ces derniers infectent tout un quartier, parce que leur travail se fait en pleine rue

« Il a été proposé par un particulier, il y a quelques années, un moyen bien plus simple, déjà connu dans plusieurs villes : il s'agissait, au lieu de ces fosses d'aisances qu'on ne vide qu'au bout d'un certain nombre d'années, de pratiquer un réduit, sous les escaliers de chaque maison, pour y placer des tinettes fermées bien hermétiquement, et qu'on aurait pu changer toutes les semaines, ou tous les jours, ou tous les mois, suivant le nombre des locataires de chaque maison

l'élargissement des rues

« Ordonnez que les règlements qui prescrivent la hauteur des maisons, relativement à la largeur des rues, soient observés avec la plus grande rigueur.

« Dans plusieurs rues fort étroites, les maisons sont d'une hauteur

prodigieuse, et ces rues sont comme des puits infects où l'on respire l'air le plus malsain.

« Puisque vous augmentez l'arrondissement de Paris, faites diminuer de moitié la hauteur de ces maisons, qui sont autant de foyers de corruption; ou plutôt faites élargir ces rues, faites raser leurs maisons consacrées à la débauche et occupées par la crapule la plus vile, qu'il faut reléguer dans des quartiers particuliers et absolument éloignés du centre.

l'établissement de greniers et fours publics

« On demande depuis longtemps que les tueries soient transportées au dehors de la Ville, pour établir la propreté des rues et préserver les citoyens d'une infinité d'accidents : il n'est pas moins essentiel de construire, également en dehors et à la portée des eaux de la rivière, des fours publics où les boulangers puissent cuire leur pain, qu'ils ne pétriraient plus avec des eaux de puits, la plupart infectées par la ûltration des fosses d'aisances, et par conséquent morbifiques.

« Il est essentiel encore d'établir un nouvel ordre pour l'approvisionnement des farines dans des greniers publics, afin d'en maintenir le prix à un taux raisonnable et d'éloigner ces spéculateurs avides qui font naître la famine au milieu de l'abondance, en accaparant tout.

« En conséquence, qu'auprès de chaque four public les boulangers aient chacun leur magasin particulier, pour y déposer les farines qu'ils achèteront seulement des fermiers ou dans les dépôts publics établis sous la protection directe des États généraux, et non ailleurs, sous peine de punition rigoureuse, afin d'empêcher le brigandage et le monopole, le débit des mauvaises farines et les disettes simulées

« Qu'il soit enjoint aux fermiers déporter aux greniers publics de chaque district les grains dont ils seront surchargés dans les années abondantes. Là, ces grains seront reçus au compte de la Nation ; ils y seront conservés pour les années de disette et surveillés avec la plus grande vigilance, d'après les règlements qui auront été rédigés à cet effet et établis avec force de loi par les États généraux

« Il serait bon de prendre les mêmes précautions pour l'approvisionnement des bestiaux, et d'intéresser les gens de la campagne à former des élèves, afin que chaque province pût trouver à peu près dans son arrondissement ce qui est nécessaire à sa consommation, ou du moins éviter d'avoir besoin de l'étranger

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