‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 272 sur 549 · LA POLICE DES FILLES DE JOIE · texte numérisé non relu

LA POLICE DES FILLES DE JOIE

u Que le vice ne soit plus autorisé par les ofdciers de police, et puni arbitrairement suivant que les délinquantes sont plus ou moins protégées en raison de leur exactitude à porter leurs rétributions ; qu'il n'y ait plus d'hôtels garnis soutenus de la police pour les recevoir, ni des maisons tenues par d'autres femmes qui vivent de cet infâme commerce, et attirent à elles par toutes sortes de ruses des jeunes personnes sans défiance, ou pressées par le besoin.

« Qu'il soit défendu à ces prostituées, dont le nombre augmente tous les jours, de se montrer le soir dans les rues avec l'indécence révoltante qui les affiche, et à la vue des mères de famille et jeunes demoiselles qui sont dans les comptoirs ; qu'il leur soit défendu d'accoster les passants, de les suivre, et d'appeler de leurs croisées, ainsi qu'elles font même en plein jour.

1. Il existe des Représentations de la livrée de Paris, 3 pages in-8", Bibl. nat. Lb^s 7734; mais elles sont en dehors de la période électorale, adressées à « Monseigneur le maire de Paris », à propos de leur « exclusion de la garde bourgeoise. » En voici cependant un assez curieux passage :

«... Un domestique qui ne convient point à son maître reste souvent un an à languir de misère, sans trouver une autre condition, parce qu'une foule d'éi rangers de toute espèce lui en ôtent, pour ainsi dire, tous les moyens. On peut même remarquer que, s'il y a une bonne place vacante chez nos seigneurs, elle est donnée de préférence, et parce que cela est à la mode, à un jockey anglais, chasseur allemand, suisse déporte, etc., sans parler des Savoyards, qui sont en très grand nombre, et en l'absence desquels nous pourrions nous procurer une subsistance quelconque, lorsque nous avons le malheur de nous trouver ce qu'on appelle sur le pavé.

« D'après ces considérations, nous vous supplions, Monseigneur, de vouloir bien vous intéresser au sort d'une portion de malheureux, réduits à leur état, par le défaut de fortune, et non pas, comme le disent beaucoup de personnes, par la fainéantise. Les riches, d'ailleurs, savent mieux que qui que ce soit, que, de tout temps, il leur a fallu des domestiques. S'ils nous traitaient avec un peu moins de mépris et de hauteur, ils nous trouveraient plus attachés et plus obéissants. La préférence, injuste et humiliante, que donnent les maîtres à un domestique étranger, n'est-elle pas assez décourageante pour ralentir le zèle d'un domestique français? C'est au moment où l'on s'occupe sans relâche de la destruction des abus, que nous osons former des réclamations qui paraîtront bien fondées aux honnêtes citoyens, qui préfèrent le bonheur d'un domestique patriote à celui d'un étranger. »

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