LA POPULARITÉ DE NECKER
« été dans l'appartement. Il y a demeuré au plus une demi-heure. Au « sortir de l'appartement de la reine, il s'est rendu chez le Roi. Les « Vive Necker ont recommencé de plus belle, et ont été beaucoup plus « nombreux, parce que Je nombre des curieux avait prodigieusement « augmenté. Il a eu une conférence d'une heure avec le Roi. On alten- « dait sa sortie avec la plus vive impatience. Lorsqu'il a paru, les Vive « Necker ont recommencé, et l'ont accompagné jusque chez lui.
« On l'a prié de déclarer s'il restait en place. Il a hésité un mo- « ment. On est revenu à la charge, on a insisté, il a dû répondre : « Oui, mes bons amis! Je demeure et, s'il faut périr, je périrai avec vous! ■■<■ Mais soyez sages ! ne veuillez pas tout ce que vous pouvez vouloir ! »
« Le commissaire et sa relation furent applaudis aux éclats. Le peuple se séparait en petits pelotons et chacun raisonnait à sa guise. J'entendis que plusieurs faisaient le procès à M. l'archevêque de Paris et à M. d'Épréménil. « Il fant, disaient-ils, que quelqu'un meure pour « le service de la Patrie; ce sont les deux premières victimes qu'il faut « immoler! » On parlait d'une assemblée générale des électeurs de Paris dans la salle du Musée, rue Dauphine, pour y arrêter une invitation aux députés du Tiers-État de changer de demeure et de tenir leurs séances dans la capitale. Cette assemblée aura-t-elle lieu? Je ne le crois pas. En général, les inquiétudes qu'on témoigne sur les mouvements de Paris me paraissent peu fondées
« On publie et l'on croit que le Roi annulera tout ce qu'il a fait dans la séance (royale) ».
Ce qui explique le calme des Parisiens entre le 17 et le 2^ juin, c'est que l'énergie de l'Assemblée nationale leur inspirait la plus grande confiance et qu'il avait été pris contre « l'effervescence du Palais-Royal » des précautions extraordinaires, auxquelles fait allusion la lettre suivante ' :