MESURES CONTRE LES MENDIANTS ET VAGABONDS
des Quinze-Vingts, les trôniers ayant la permission de s'asseoir aux portes des églises.
« Rendu sur le réquisitoire du procureur du Roi, le trois juin dixsept cent quatre-vingt-neuf.
« Signé : Louis Thiroux de Crosne, chevalier, conseiller d'État, lieutenant général de police de la Ville, Prévôté et Vicomte de Paris ; M De Flandre de Brunville, procureur du Roi au Ghâtelet ».
Les Ordres les plus rigoureux étaient donnés « au guet et garde de Paris, ainsi qu'à tous les préposés de la police dans l'intérieur de la Ville, et à la maréchaussée dans les campagnes circonvoisines »; défense était faite « aux logeurs et aubergistes de recevoir des mendiants chez eux, le délai de huitaine expiré, sous peine de cent livres d'amende la première fois et de plus grande peine en cas de récidive. »
Pour occuper les ouvriers et personnes sans travail, on ajoutait aux ateliers de charité, la démolition des deux prisons de Saint-Éloi et de Saint-Martin \ Mais, en même temps, on s'opposait à de grandes entreprises proposées pour le quartier des Ghamps-Élysés, « Sa Majesté, était-il dit dans un Arrêt du Conseil d'État du Roi du 23 mai, ayant jugé « que tous ces projets tendent à dénaturer la promenade précieuse et unique que tous ses prédécesseurs ont voulu réserver à la population immense de Paris, en y sacrifiant des dépenses importantes, dont les résultats avantageux, soutenus par un entretien habituel, sont consacrés par l'usage que le public fait constamment de cette promenade ^ ».
Un arrêt du même Conseil d'État, en date du 14 juin, prorogeait jusqu'au 31 décembre de l'année courante le privilège de la circulation des billets de la Caisse d'escompte, expirant le 30 juin. L'arrêt était ainsi motivé '^ :
« Sa Majesté comptait qu'à cette époque les États généraux auraient examiné l'état des finances et adopté des arrangements propres à fonder la confiance publique sur des bases solides. L'attente de Sa Majesté n'étant pas encore réalisée, Elle a cru que, dans les circonstances présentes, la prudence exigeait encore le maintien des dispositions déterminées parles derniers Arrêts, lesquels devront cesser au moment où les États généraux auront pris les informations nécessaires pour avoir un avis éclairé sur les principales affaires de crédit et de finance; et, en attendant. Sa Majesté a vu avec satisfaction que les affaires de la