Arcli. nat., Bill
446 L'ASSEMBLÉli GÉNÉRALE DES ÉLECTEUKS.
être très orageuse et attirer une grande multitude de curieux qui n'auraient pu qu'accroître la fermentation ; au iieu que l'engagement est pris avec moi de ne laisser à l'Hôtel de Ville que MM. les électeurs et pour que le plus grand ordre soit observé.
« Je suis, avec respect, votre très humble et très obéissant serviteur,
« Signé : De Flesselles. »
L'installation de l'Assemblée générale des électeurs de la Ville de Paris dans la Maison commune se fit sans cérémonie et sans bruit, au jour et à l'heure annoncés.
Il s'y présenta, dès l'ouverture de la séance, un vicaire de Saint- Eustache, de la Leu, et un « citoyen noble », le maître des comptes Marchais, qui furent aussitôt admis avec applaudissements.
Cependant l'attitude des députés parisiens de la Noblesse et du Clergé, à Versailles, où ils avaient si longtemps résisté aux incitations réitérées du Tiers d'opérer la vérification des pouvoirs en commun et de réunir tous les représentants de la France en une même Assemblée nationale, causait contre les ecclésiastiques et contre les Nobles de très vives suspicions dans les districts i. C'est pourquoi la proposition du procureur au Châtelet Chignard, électeur du district de Saint-Eustache, de faire appel à chacun et à tous les électeurs du Clergé et de la Noblesse, « afin de rétablir dans son intégrité la Commune de Paris », ne fut pas adoptée d'acclamation. Carra, des Filles-Saint-Thomas, après un discours sur les origines et les inconvénients de la distinction des Ordres, demanda qu'il fût simplement envoyé aux électeurs nobles et ecclésiastiques l'avis de la réunion de l'Assemblée générale et de la présence de plusieurs de leurs confrères.
Toute la première séance du 28 juin fut employée à discuter cette question; on y revint le 1" juillet, et enfin le k, après le rejet de quatre motions contraires, on arrêta « qu'il serait adressé à chacun des élec- « teurs ecclésiastiques et nobles un billet circulaire d'invitation à la « prochaine séance, de même forme que celui adressé à tous les mem- « bres actuels de l'Assemblée ».
Le l"' juillet, s'étaient présentés l'abbé Fauchet et le marquis de la Salle; le k, les abbés Lagrenée et Lanternier, prieur et chambrier de Saint-Victor, l'abbé Lefebvre, chapelain de Sainte-Marie-Égyptienne, et l'abbé de Mozière, vicaire de Sainte-Opportune.
i. Qui tenaient des réunions incomplètes et plus ou moins clandestines, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, parfois chez leur président. On ne retrouve qu'une trace authentique de leurs réunions, durant les mois de mai et de juin, la Suite de l'Assemblée du district de Notre-Dame, (Bibl. nat., Le-^ 143, 8 p. in-8), tenue dans le cabinet de son président Oudet. On y raconte, à la date du 28 juin, ce qui s'est fait à l'Assemblée générale des électeurs antérieurement, et l'on y met à l'ordre du jour du 3 juillet diverses propositions, dont la principale tend à autoriser les électeurs délégués à l'Hôtel de Ville à agir, dans les cas pressants, sans avoir préaïableriient consulté leurs commettants de chaque district.