LES GARDES FRANÇAISES ET LA GARDE BOURGEOISE
Ce n'est pas à l'Assemblée générale des électeurs, c'est dans la foule accourant chaque soir au Palais-Royal qu'ont éclaté les étincelles qui, si l'on peut dire, allumèrent la Révolution. Deux journalistes de la première heure de la liberté de la presse, sans journal encore, les deux amis Loustalot et Camille Desmoulins, poussèrent, du haut des tables du café de Foy, les deux cris qui mirent le peuple en insurrection, le 30 juin :A l'Abbaije! le 12 juillet : A la Bastille!
l'agitation de paris du 25 juin au 2 juillet 1789 Extraits du joiirnal manuscrit de Hardy ^.
« Jeudi, 25 juin. — Les soldats du régiment des gardes-françaises de plusieurs casernes du faubourg Saint-Marcel annonçaient la volonté de déserter, tant ils se trouvaient molestés par le service qu'on leur faisait remplir journellement. Des officiers les déterminent par la douceur à revenir de la barrière Blanche, où ils étaient allés se réjouir soi-disant avant de partir, en payant leur écot. D'autres officiers parviennent à les retenir tout à fait dans les casernes en leur donnant quelques gratifications extraordinaires ou en leur promettant une espèce de régal. On est néanmoins fâché de remarquer qu'un grand nombre de ces soldats se distribuent dans les guinguettes, tandis qu'une autre partie d'entre eux est fêtée dans l'intérieur du jardin et Ijaux environs du Palais-Royal, où on leur paye du vin et des liqueurs en priant : « Vivent les gardes-françaises! Vivent les Suisses! » sur ce [u'ils viennent, à Versailles, de refuser d'instrumenter et d'agir contre \es citoyens »
« Vendredi, 26 juin. — On entend dire qu'il n'y a pas un seul