‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 337 sur 549 · Procès-verbal Bailly-Duveyrier, t. I, p · texte numérisé non relu

Procès-verbal Bailly-Duveyrier, t. I, p

sonniers venaient d'être mis en liberté et que chacun avait reçu son congé », comme le prouvait le certificat du greffier-concierge de TAbbaye, dont il était porteur*.

La députation n'en alla pas moins à l'Assemblée nationale, oiî elle fut introduite par le député Démeunier et par TArchevêque de Paris. Bertolio prononça un discours en son nom, sur ce que les Électeurs assemblés à l'Hôtel de Ville faisaient pour calmer les désordres et en prévenir de plus grands.

« Depuis une heure, ajouta-t-il, notre position a changé. Ce n'est plus l'exécution d'une grâce que nous venons vous prier de solliciter; la grâce est accordée... Ce ne sont donc plus que des témoignages de la plus vive reconnaissance, que nous vous prions de porter en notre nom et en celui de tous nos concitoyens de Paris jusqu'au trône et au plus chéri des Rois. Dites-lui que son autorité est établie sur des bases inébranlables, puisqu'elle est établie sur notre amour; dites-lui que quiconque voudrait faire soupçonner les sentiments de son bon peuple, le trompe et se rend coupable envers la Nation; dites-lui que le calme et la paix sont inaltérables tant qu'il nous chérira comme nous le chérissons, et que, comme rien ne peut nous faire changer à son égard, nous espérons qu'il continuera à être notre père et celui de toute la France... »

Le président de l'Assemblée nationale répondit :

« L'Assemblée nationale apprend avec joie le succès des soins des Électeurs de Paris pour rétablir le calme et l'ordre dans la capitale; elle n'a jamais douté que le Roi n'accordât la grâce que (Sa Majesté) avait daigné lui faire espérer. Exprimez, Messieurs, à vos commettants combien elle est satisfaite de leur zèle et de leur patriotisme et annoncezleur qu'elle vient de prendre des mesures pour hâter ses travaux trop longtemps retardés sur le grand objet de sa convocation, celui de la Constitution du Royaume. »

En adressant à la députation l'extrait du procès-verbal la concernant, le secrétaire, l'abbé Grégoire, curé d'Embermesnil, député de Lorraine, écrivait « Aux Électeurs de la Ville de Paris », le 7 juillet :

« Nouveaux Décius, vous vous êtes dévoués pour la cause publique; jouissez, Messieurs, de la gloire d'avoir contribué à ramener le calme dans Paris. La capitale fut toujours le foyer des lumières; elle est aussi

4. En annexe au Procès-verbal Bailly-Duveyrier, t. III, p. 163-1C4.

Dans la môme journée du 6 juillet, le peuple du Palais-Royal avait fait écrire et imprimer le matin une Adresse des gardes- françaises enlevés des prisons de l'Abbaye au Roi, et le soir une Lettre pour remercier Sa Majesté, 2 petites brochures in-8. Bibl. nat., Lb39, 1888 et 1889.

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