‹ Les élections et les cahiers de Paris en 1789 (volume 2)Chapitre 336 sur 549 · LA GRACE DES GARDES-FRANÇAISES · texte numérisé non relu

LA GRACE DES GARDES-FRANÇAISES

Parmi les vingt-quatre commissaires nommés, étaient deux ecclésiastiques, les abbés Bertolio et Fauchet, deux nobles, le marquis de La Salle et le comte de Pinon.

Ghanorier, négociant, électeur du district de Bonne-Nouvelle, dans sa motion lue à la séance du k juillets rapportait qu'il venait d'assister à Versailles, à la réception par l'Assemblée nationale de dix -neuf citoyens de Paris « sollicitant la grâce des gardes-françaises et autres qu'on avait élargis des prisons ».

Un membre de l'Assemblée, dit-il, s'opposa à leur admission, s'écriant : « Occupons-nous des objets importants qui nous rassemblent ici, et ne nous occupons point des émeutes de la populace », en répétant le mot jusqu'à trois fois. La motion fut rejetée grâce à Target et Le Chapelier, qui insistèrent pour que « l'Assemblée s'occupât sans délai d'une affaire dont allait dépendre peut-être la perte ou le salut de l'État. H On arrêta de « faire une députation au Roi pour solliciter sa clémence, et de répondre aux dix-neuf citoyens de Paris de reporter des paroles de paix et d'union à leurs concitoyens ».

En rentrant dans la capitale vers neuf heures du soir, il avait trouvé des rassemblements dans la rue Saint-Louis et au Palais-Royal. Il avait raconté ce dont il avait été témoin et prêché la paix et la tranquilhté pour encourager et faire réussir les importants travaux de l'Assemblée nationale. « Ce dont, ajoutait-il, tout le monde parut content. »

Il rappelait que déjà trois fois « la multitude avait été ramenée au devoir sans autres voies que celles de la douceur et du patriotisme; » le 27 avril, à Paris, les 23 et 25 juin, à Versailles.

En conséquence, il proposait un appel, lu au prône de toutes les paroisses, affiché et publié partout, « engageant les familles et les citoyens à se tenir en paix et attendre avec patience les fruits du travail pénible de l'Assemblée nationale ». S'il survenait néanmoins quelque émeute, une députation d'Électeurs y serait au plus vite envoyée pour faire « entendre le langage du vrai patriotisme, qui n'a pas besoin d'art ». Ainsi, dit-il en terminant, « vous n'aurez besoin ni de soldats, ni d'armes, ni de gibets... Nous n'aurons plus que des citoyens unis par les liens indissolubles d'une paix durable, qui rende les Français aussi respectables que formidables à toutes les nations ^».

L'Assemblée générale, en levant sa séance du 4 à une heure après minuit, s'était ajournée au 11. Mais, sur les instances pressantes de plusieurs électeurs, elle se réunit extraordinairement le 10. L'absence des deux secrétaires empêchés détermina la nomination de deux secrétaires adjoints : Lacretelle et l'abbé Bertolio'.

Ce dernier rendit compte de la députation qui s'était rendu le 6 à Versailles pour obtenir la grâce des gardes-françaises. Avant l'admission des commissaires, l'un d'eux, Bonneville, leur annonça que « les pri-

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