TROUPES ÉTRANGÈRES ET GARDE BOURGEOISE
leur conservation, gardent le plus profond silence, comme s'ils étaient frappés d'un sommeil léthargique!
« Montrons-nous dignes de la confiance dont nous ont honorés tous les habitants de cette grande ville 1 Opposons les conseils de la prudence à la perfidie de nos ennemis, d'autant plus dangereux qu'ils sont cachés. 11 est sans exemple que l'Assemblée d'une Nation libre soit environnée de 40,000 hommes qui menacent sa liberté! »
La motion de Gharton, à « communiquer aussitôt à l'Assemblée nationale, publier et afficher partout, dans toute l'étendue du royaume » , a pour objet principal la convocation immédiate des soixante districts « dans les mêmes lieux où ils ont été convoqués le 21 avril ». Les districts, librement constitués par l'élection d'un président et de deux secrétaires, feront parvenir « tous les jours leurs avis sur les circonstances urgentes » au bureau de l'Assemblée générale des électeurs, qui « prendra en considération toutes leurs délibérations pour en faire le rapport aux députés de Paris à l'Assemblée nationale ». Les districts « resteront en exercice jusqu'à l'entière évacuation des troupes, hors celles formant la garde ordinaire du Roi ». On leur fera passer tous les jours les avis transmis par l'Assemblée nationale. On instruira les grandes villes de province « des dangers que Paris aura à redouter, pour prendre de concert des résolutions qui fassent échouer les projets criminels des ennemis du Roi et de la patrie ».
De la Poize, architecte, électeur du district de Saint-Jacques-del'Hôpital, presse l'Assemblée générale de réclamer « du Roi, par la voie des États généraux », la milice bourgeoise, avec renouvellement du « serment de fidélité, d'amour, de respect pour sa personne sacrée; promettant de correspondre avec les États généraux de son royaume par un Bulletin exact et journalier, afin que sa bonté paternelle puisse être éclairée, et (qu'on puisse) recevoir les ordres qu'elle voudra bien donner et que l'on jure d'exécuter fidèlement ».
Dans l'exposé des motifs est dénoncé « le foyer de trahison infâme des brigands cruels qui excitent à la sédition, calculent leur fortune sur l'instant fatal où ils auraient allumé le flambeau de la discorde; au moment où, nos esprits séduits, nous croirons défendre notre patrie, ils iront (les malheureux!) porter le fer et le feu dans le sein de nos familles; ils y égorgeront nos femmes, nos enfants; et, encore tout fumants du sang des victimes qu'ils auront immolées à leur rage, ils la tourneront sur nous-mêmes, après nous avoir dépouillés. Dieu de paix, qui veilles sur les destinées de la France, détourne de nous un tel fléau 1 ! »
Pitra, ancien marchand mercier, électeur du district Saint- Honoré, signe cette proposition :
« Sa Majesté sera suppliée de vouloir rétablir la garde bour-